IMG_4813Trois noms pour désigner une seule ville, parmi un nombre conséquent de lieux saints, Varanasi est en réalité un seul unique et vaste sanctuaire : celui de Shiva dont le culte est sans doute le plus ancien que l’homme ait rendu à une divinité. Il est en effet pratiqué depuis des milliers d’années dans la Vallée de l’Indus.

Varanasi est un inextricable dédale de ruelles et de passages sans que le moindre plan ait présidé à leur construction, quelques deux milles temples et sanctuaires. Les dômes, les minarets, les tours, les clochetons, les façades des palais abandonnés du XVIIIème siècle dominent la rive gauche du fleuve sacré. Les rues sont bruyantes, pleines de couleur et d’odeur forte. La ville résonne constamment de coups de gongs et des cloches des temples.

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Les brâhâmanes dominèrent Bénarès jusqu’à la conquête par les muslims de l’Inde du Nord. Mais sous les nouveaux maîtres, le monde indhu des yogis, des ascètes, des prêtres, des castes continuait de bouillonner. Le culte de Shiva survécut à cinq cent ans de domination muslim et à deux cents ans de gouvernement britannique.

La légende dit que :

Shiva avait coutume d’apparaître à ses adorateurs sous la forme d’un ascète indhu portant un crâne dans une main et un pot de mendiant dans l’autre. Les saddhûs (saints hommes) qui le suivaient allaient nus, la plupart du temps, couvert de cendres de bouse de vache. Les plus saints dormaient sur une planche en bois garnie de clous. L’une des épouses de Shiva, Sati, était la propre petite fille de Brahma et en l’honneur de son défunt époux, elle se jeta sur le bûcher funéraire de celui-ci, inaugurant ainsi le rite qui devint la terreur des veuves indhues.

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Varanasi est une ville éprouvante. Car on y viens en pèlerinage pour se purifier, mais également pour y mourir, le corps n'étant qu'une enveloppe est offert à notre mère Ganga, dans l’espoir d’échapper au cycle infernal des réincarnations, pendant que l'âme s'élève.Beaucoup de monde circule à Venarasi et donc on peut y voir des piles de mendiants espérant un peu de générosité des pélerins. Des personnes âgées amenées là par leur famille pour y finir leur vie, sont totalement démunies de tout et ne doivent de survivre qu’à des bénévoles qui viennent leur donner quelques nourritures et des soins. Des lépreux, des renonçants, toute une foule de gens divers, de toutes castes s’y retrouvent pour y célébrer le culte de Shiva.

Sur les ghâts (escaliers) menant au fleuve toute une vie s’est organisée, des barbiers de la caste des intouchables s’occupent de couper les cheveux et de raser les hommes, plus loin le long du fleuve, les blanchisseurs s’occupent de laver du linge

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toujours plus loin, les ghâts des crématoires ou on brûle tous les corps qui sont amenés par les familles et/ou de la nuit. Le bois est acheté par la famille. Si le mort n’a personne pour s’occuper de lui ou s’il est indigent son corps est envoyé enveloppé de tissus directement sur le fleuve ou les charognards et les crocodiles s’occupent  de n’en rien laisser. Le bois devient rare et fort cher.

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Le soir, devant notre mère Ganga, on peut assister à la puja, c'est-à-dire entendre des mantras récités par les brâhâmanes qui distribuent également la nourriture qu’ils ont préparée et bénie, on envoie sur le fleuve des barquettes faites avec des papiers sur lesquels on a inscrit des vœux, on y adjoint des fleurs et une petite bougie et tout est emporté par le courant.

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Il est parfois difficile d’accéder à Varanasi par avion. En effet, cette ville se situe dans une cuvette et les brumes montant de l’eau font que l’atterrissage est assez dangereux et laissé à l’appréciation du pilote.