khatoey

Dès le XVIII ème siècle, le Code des Trois Sceaux (l’ancienne constitution siamoise) fait état des khatoey.

Richard Totman propose une hypothèse suggérant que les khatoey  d’autrefois auraient pu tenir des rôles de danseurs ou d’acteurs dans les troupe de théâtre populaire lakhon nok (pièce de théâtre de l’extérieur). Le lakhon nok est une forme théâtrale populaire jouée en dehors de la cours royale et n’était composé que d’hommes, dont certains devient jouer des rôles féminins. Ces hommes auraient pu être des khatoey. Le lakhon nok s’opposait au lakhon nai (littéralement pièce de théâtre de l’intérieur) qui était le théâtre de la cour royale, composé uniquement de femmes. Faute d’autres documents ou de traces historiques, on ne peut établir avec précision une conclusion sur l’origine et la définition de khatoey. Cependant khatoye  est  une catégorie identitaire socialement reconnue dans la société thaïlandaise, qui a traversé les siècles et est d’un usage courant aujourd’hui.

Selon le dictionnaire de l’académie royale thaîlandaise, khatoey veut dire « personne ayant à la fois le sexe masculin et le sexe féminin » ou personne ayant l’esprit et la manière d’être opposé à son sexe d’origine. Cette définition est large, car elle désigne non seulement les hermaphrodites et intersexués, mais peut aussi comprendre le travestisme, le transgenre, voire le transsexualisme au sens occidental. Dans les zones rurales, le mot pourrait désigner aussi les femmes qui se comportent en homme (female-to-male ou ftm).

Dans les années 1960, les homosexuels masculins thaïlandais empruntèrent à l’anglais le mot gay pour se désigner et se distinguer des khatoey le mot employé d’abord parmi les homosexuels masculin issus de la classe moyenne ou supérieure des milieux urbains qui avaient les moyens de voyager et de faire des études à l’étranger. S’identifier en tant que gay, c’est revendiquer à la fois son homosexualité et sa masculinité, et s’opposer à la figure féminine négative et méprisable.

Les khatoey sont socialement bien acceptées dans une société thaïlandaise très ouverte d’esprit. Cette tolérance est en grande partie due à la culture. En effet, contrairement à d’autres religions, le bouddhisme ne condamne pas l’homosexualité ou la transsexualité. La Thaïlande n’a pas adopté de lois religieuses contre l’homosexualité, contrairement à la majorité des pays voisins.

Alors que dans la tradition thaïlandaise, les relations sexuelles pré-maritales sont mal perçues, la socialisation se faisait naturellement avec des individus du même sexe. Dans les milieux ruraux, où il était possible de trouver une prostituée, il était alors préférable de fréquenter une khatoey plutôt qu’une jeune femme, dont la réputation aurait été perdue si la liaison avait été découverte. Qu’un célibataire côtoie une khatoey était toléré dès lors qu’il abandonnait ces pratiques après le mariage. Certains usages voulaient mâme qu’un jeune homme puisse fréquenter le « troisième sexe » avant évidemment qu’il ne revienne dans le « droit chemin » et se marie.

Les khatoey ou Lady Boy ne sont généralement pas cantonnées à avoir des emplois féminins ou à travailler dans le milieu du spectacle. Elles peuvent avoir toutes sortes de métiers et occuper des postes importants. Malheureusement, beaucoup se prostituent pour subvenir à leurs besoins.