Tout d'abord, en quoi consistent plus précisément ces tests ?

Le premier, mis en place lors des championnats dEurope d'athlétisme à Budapest de 1966 et imposé  toutrs les concurrentes, est un contrôle gynécologique et morphologique (dynamomètre et spiromètre à la clé) où le sexe apparent (anatomique visible) mais aussi la force musculaire et la capacité respiratoire, qui doivent rester en deça des capacités - estimées - masculines, sont pris en compte.

Jugé trop humiliant par les sportives, ce contrôle est remplacé en 1968 par le test du corpuscule de Brr. Il s'agit d'un prélèvement de muqueuse buccale, permettant de révéler la présence d'un deuxième chromosome X. Sa fiabilité ayant été remise en cause, le test PCR/SRY, cherchant cette fois à établir la présence ou l'absence d'un chromosome y, est instauré en 1992 par la Fédération Internationale d'Athlétisme.

Ces changements dans les critères du test de féminité (les organes génitaux, la présence d'un deuxième chromosome X puis celle du chromosome Y) montrent les multiples dimension du sexe biologique et l'embarras à déterminer "le vrai" sexe d'une personne. Cette difficulté se transforme en impossibilité lorsque les personnes se révèlent être intersexes, et donc inclassables en tant que mâles ou femelles.

Confronté à des questions d'éthique, de manque de fiabilité des tests, d'obstacles rencontrés dans la détermination du "vrai sexe", le CIO supprime "symboliquement" les tests lors des jeux olympiques de Sydney en 2000. Il annonce cette décision comme non définitive et la présente comme une expérience, sous réserve de modification. Il décide également qu'un personnel médicall sera autorisé à intervnir, en cas de doutes sur l'identité sexuée de certaines athlètes, doutes qui peuvent, dès lors, ne se baser que sur une appréciation esthétique du corps et qui renvoient inextricablement à la question des normes de genre.

Quelles peuvent être les bases des soupçons émis ? comment sont-ils légitimés ? cela signifierait-il que quels que soient les fondements de cette suspiscion, ceux-ci seront considérés par les instances sportives comme suffisantes pour soumettre une athlète au test de féminité ?

En 2008, une athlète ne pouvait alors être examinée qu'à la suite d'une plainte provenant d'une autre sportive ou d'une délégation. Un gynécologue chinois explique : "Les athlètes suspectes vont d'avoir être examinées sur leur apparence physique, avant de passer une série de tests, à partir de prélèvements sanguins afin d'xaminer leurs hormones sexuelles, leurs gènes, et leur chromosomes dans le but de s'assurer de leur féminité, ce qui débouchera sur un avis scientifique".

La confusion au sein des instances sportives entre le sexe biologique et social est encore très forte, en atteste le choix du terme féminité. Ce médecin conclut que : le but de ces tests est de respecter l'équité prônée par les J.O tout en protégeant les droits des personnes intersexes..., en assurant la confidentialité du protocole et les résultats tenus secrets.

Ce médecin a oublié la question majeure : Quels sont les critères d'une "vraie femmes" autorisée à concourir ? Et que faire des cas qui bouleversent la bicatégorisation sexuée ? Alors que toutes les femmes étaient obligées de se soumettre au test de féminité pour participer au compétions internationales, à présent seules les athlètes féminines qui font l'objet  de soupçons sont soumises obligatoirement au test.


 Mon avis : Indiangay

Pour ma part, je suis tout à fait d'accord en ce qui concerne le respect de l'équité mais je ne suis pas convaincu que les droits des personnes intersexes soient protégés, idem quant à la confidentialité et les résultats tenus secrets. Car, il est bien évident que lorsque il y a un soupçon formulé par une athlète ou un entraineur cela fait boule de neigne dans les vestiaire. D'autant plus, si on fait passer à l'athlète le test de féminité et  qu'au vu des résultats, s'ils sont négatifs, son expulsion est prononcée.

Compte tenu de l'émotion et des drames qu'une telle situation peut engendrer, il vaudrait mieux remettre en place le test de féminité pour toutes les femmes sans exception ou bien alors l'annuler purement et simplement.

Je trouve humiliant, indigne, voire dégradant qu'à une personne qui est et s'est toujours considérée comme une femme - (je parle là bien évidemment, des personnes biologiques qui ont été désignées ainsi à leur naissance et des intersexes qui elles ne sont absolument pas au courant de leur situation et non des transsexuelles ou des transgenres qui elles n'ont avant leur transformation aucune anomalie physique) - on demande (sur simple soupçon de un tel ou d'une telle, provoqué parfois par la jalousie) à une  athlète de passer ce test. 

Le traumatisme ressenti par la personne doit être incommensurable que les résultats soient positifs ou négatifs, car dans l'un comme dans l'autre c'est une atteinte à sa personne, à ce qu'elle croit, à ce qu'elle à toujours été et à la façon dont elle a été élevée. Par ailleurs, c'est dévaloriser toutes les performances sportives qu'elle a ou aurait pu réaliser en tant que femme qui il faut bien le reconnaitre valent souvent sinon dépassent celles des hommes.