Vanakkam

16 avril 2021

Les Siddi afro-indien de l'Inde

 

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L'Inde est peuplée par une mozaïque de peuples qui au fil des migrations naturelles ou imposées ont fait souche en Inde (y compris Bengale, Pakistan) qui a l'époque dont je vais parler faisaient partie de l'Inde) et se sont pour certains mélangés avec plus ou moins de bonheur à la population originel de l'Inde : les arborigènes et pour d'autres ce sont mêlés par la force des choses avec une acceptation difficile par les populations Dravidiennes, Aryennes des différents états ou elles se sont installées.

C'est le cas des Siddi dont je vais parler dans cet article.

Les Siddi sont une communauté africaines qui s'est installée en Inde en fonction de flux migratoires qui se sont étendus sur vingt siècles. Ils sont originaires d'Afrique de L'est et sont arrivés par l'Océan Indien comme esclaves ou hommes libres. Ils seraient principalement membres de la communauté Bantou et furent amenés en bateau pour la première fois en Inde en l'an 628 par des marchands arabes. Ils étaient vendus aux différents rois indiens, qu'ils servaient en tant que marins, esclaves, serviteurs ou soldats.

Bien avant que les premiers navires d'escalves commencrent à fournir la main d'oeuvre gratuite pour les plantations de coton et de sucre des Amériques, les Siddi furent les premières victimes de la Traite négrière. Une partie de ce commerce des esclaves africains Siddi eu lieu des siècles avant que les Portugais, les britanniques, les français et les néerlandais n'eurent colonisés l'Afrique et le sous continent indien.

Pendant des siècles les arabes et les rois indiens s'adonnèrent à ce commerce, mais certains siddi échappèrent à l'esclavage et établirent des communautés dans les zones boisées. Certains on même créé de petites principautés Sidi dès le XIIème siècle c'est le cas de la principauté de Janjira, sur l'ile de Janjira, ou la principauté de Jafarabad dans l'actuel Etat Kathiawar.de Un ancien nom alternatif Janjira était Habsan, qui signifiait la terre des noirs. 

L'inde connue de grands rois noirs Siddi, notamment durant le sultanat de Delhi avant les invasions Moghols, avec Jamal ud Din Yaqut qui était un Sidi esclave devenu noble et proche confident de Razia Sultana (1205-1240) ou encore le général Malik Ambar (1549-1626)  qui était un esclave éthiopien devenu régent du Sultanat d'Ahmednagar au 16ème siècle en Inde.

 

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Une fois l'épopée arabe terminée, l'établissement de l'Empire Moghols et avec l'avènement de la navigation chez les européens les portugais se lancèrent à leur dans le commerce lucratif d'esclaves pour les nobles indiens. Ce fut une nouvelle vague d'arrivée de Siddi dans le Sud de l'Inde. Comme les premiers Siddi, ils devaient servir les rois et les membres de la noblesse indienne. Certains quittèrent l'Inde du Sud pour s'installer en Iran, Afghanistan  Pakistan et Bangladesh. Selon les historiens, il y eut cinq vagues de migrations Sidi de l'Afrique à l'Inde :

1) Arrivés comme esclaves et vendus par les marchands arabes musulmans aux  princes indiens de l'Inde du Sud

3) Arrivés comme esclaves et vendus par les marchands arabes musulmans et par les portugais et transférés à Ceylan (Sri-Lanka)

4) Installés en Inde et ayant migrés vers l'Iran, le Pakistan l'Afghanistan, le Bengladesh

5) Installés en Inde, où ils ont commencé à migrer vers l'actuel Etat du Gujarat ou l'on trouve la plus grande communauté de Sidi

Les Sidi sont divisés en plusieurs communautés qui partagent la même culture, aussi on trouve les Sidi de l'Inde, du Gujarat, d'Hydérabad, du Pakistan

Leurs descendants seraient  de nos jours plus de 60 000 répartis principalement dans les Etats du Gujarat, du Karnataka et de l'Andhra Pradesh. Ils parlent les langues de leurs régions  le Gujarati ou le Konkani langue officielle de la région de Goa. La plupart des Sidi sont musulmans, mais on retrouve parmi eux  des chrétiens et des indhus.

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Si  certains de leurs ancêtres ont pu s'élever socialement, de nos jours la grand majorité des Sidi fait partie de la classe ouvrière ou vit dans la précarité, ils sont également très connus comme musiciens et danseurs.

Sidis en Inde

Ils peinent encore à trouver leur place dans leur patrie d'accueil et où les discriminations sont nombreuses. notamment en raison de leur couleur de peau et des traits de leur visage. Par ailleurs, certains Siddi figurent parmi les tribus répertoriées et, à ce titre bénéficient des programmes de discrimation positive.

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L'Inde est profondément inégalitaire. les discriminatrions sont à la fois social et racial et les Siddi vivent dans un état de pauvreté alarmant Considérés comme parias de la société (comme les dalith qui eux sont indiens). Ils doivent, comme eux, lutter quotidiennement pour toutes les choses de la vie et permettre à leurs enfants d'aller à l'école. Comme je l'ai écrit plus haut dans le texte, les Siddi suivent plusieurs religions Toutefois bien que certains soient indhus, ils n'ont pas le droit de se marier aux Indhus, et si cela arrive, les mariages sont très mal vus par la population indhue. Ils sont rejetés par leur compatriotes et restent donc entre eux.

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De nos jours les africains qui vivent en Inde, que ce soit un personnel d'Ambassade, des étudiants, ne sont guère mieux perçus car comme dans beaucoup de pays européens on les accuse d'importuner les femmes, de faire des enfants partout qui n'ont rien d'indien et dont personne ne veux, de vendre de la drogue, mais cela justifie-il la défiance et l'animosité dont ils font l'objet ?

Pour ma part, je reconnais que la mise à l'écart dont font l'objet les Siddi, m'indiffère, dans la mesure ou je ne peux les considérer comme faisant partie intégrante de la population indienne. Ils font partie de la Société indienne par la force des choses, mais ils n'y a rien d'indiens dans leur physionomie, leur physique, leur chevelure, même si cela fait des siècles qu'ils vivent parmi nous. Ils auront beau adopter notre religion, notre langue, ils ne sont pas des nôtres. 

Quant aux africains vivant en Inde ou ailleurs en Europe, je n'ai pas de pas  contact avec eux ni n'en souhaite. Leur personnalité, est en totale opposition avec la mienne et les valeurs qui m'ont été inculquées et que je respecte, ceci expliquant cela. Cela peut s'apparenter à une forme de racisme, c'est possible et les préjugés ont la vie dure, mais c'est ainsi, j'assume ! 

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16 février 2021

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18 janvier 2021

Les parures d'oreilles - Suite 4 de la traditions des bijoux en Inde

En Inde le raffinement des bijoux ne se réduit pas aux matériaux employés comme l'or, l'argent ainsi que les pierres précieuses mais en ce que ceux-ci soient finement travaillé et couvrent une grande partie du corps de la femme, au même titre qu'un vêtement. Les bijoux sont créés pour sublimer la beauté féminine (et masculine dans une plus humble proportion) et de fait il existe une multitude de parures dédiées à cet effet.

Je vais vous parler aujourd'hui des parures d'oreilles. Celles-ci consistent en plus de la boucle d'oreille à proprement parler, en des chaines plus ou moins travaillées, qui s'accrochent à la boucle d'oreille et s'enroulent autour, ou bien des chaines qui s'accrochent à la boucle d'oreille et se raccrochent à la chevelures.

Ces chaînes, bijoux à part entière peuvent s'acquérir séparément ou bien être déjà soudées à la boucle d'oreille. Il peut s'agir d'une simple chaine. D'une chaine à trois rangs qui s'accroche à chevelure et pend légèrement dans le cou de la dame, elles peuvent être en or émaillé, en pierres précieuses ou semi précieuses encastrées dans l'or, ou plus simplement en argent pour les bijoux créé dans cette matière et souvent portés par les villageoises du Rajasthan.

Vous pouvez bien évidemment acquérir ses bijoux dans des Jewellery indienne et/ou pakistanaise moi qui habite en France et sur Paris, il me suffit d'aller dans le quartier indien et me faire montrer les modèles. Par contre, il est évident que le prix sera plus onéreux que en Inde ou que dans les Emirats ou là on ne paie que le poids pas le travail.

Je vous montre ci-dessous les différents modèles en ma possession, mais il en existe beaucoup d'autres :

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Dans ces modèles, les chaines  après avoir été accrochées aux bouches d'oreilles se passent derrière les oreilles, ce qui a pour objet de compléter la parure d'oreilles en même temps que la sécuriser.

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Ce modèle après avoir été accroché aux boucles d'oreilles s'accroche dans les cheveux

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Ce modèle présente la boucle d'oreille avec sa chaine accrochée et sans sa chaine

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Ce modèle de boucles d'oreilles à ses chaînes directement intégrées et ne sont donc pas amovibles.

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Idem celles-ci composées de pierres semi-précieuses

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Dans ce modèle les chaines peuvent être achetées séparément de la bouche d'oreille qui est elle-même composée en deux parties. Le haut que les dames portent tous les jours, ou bien le haut et le bas lorsqu'elles sortent pour une soirée ou une fête et les haut, le bas et les chaînes pour une cérémonie ou pour faire plus sophistiqué. Les jumkhas se prêtant particulièrement à être décomposées.

 

Si cet article vous intéresse et que vous voulez en savoir plus sur les bijoux indiens, je vous mets les liens de mes autres posts :

http://indiangay7.canalblog.com/archives/2012/09/16/25118461.html 

La tradition des bijoux en Inde

 

 http://indiangay7.canalblog.com/archives/2017/07/19/35489594.html 

Les pouvoirs des pierres

 

http://indiangay7.canalblog.com/archives/2020/08/15/38480469.html 

 Les mines de pierres précieuses et semi-précieuses.

Je me permets de rappeler que ces photos sont marquées car elles font parties de ma collection personnelle, et de fait les emprunts de photographies ne sont pas autorisés sauf mon autorisation. Merci de votre compréhension.

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04 décembre 2020

Les piliers de la danse

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Sans ses jambes un danseur n'est rien

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Petite Mise au point

Je reçois assez régulièrement des mails de personnes s'interrogeant  et m'interrogeant sur leur relation avec une personne tamile soit indienne, soit srilankaise.

Aussi je me dois de préciser que je ne suis absolument pas compétent et même si je l'étais, je ne souhaite aucunement m'impliquer dans ces imbrégoglios. Cela ne m'intéresse et ne me regarde pas et puis, qui suis-je pour juger si une relation est toxique ou non, d'autant que les personnes qui m'écrivent ne racontent  l'histoire que de la manière ou elles la comprennent ou veulent me la faire comprendre... 

Donc ne m'en veuillez pas si je ne réponds pas à ce genre de mails. Il est inutile en cas de dépit de m'envoyer des mails de remarques censées me piquer au vif, cela ne me fait ni chaud ni froid voyant d'où et de qui ils proviennent d'autant que ma sensibilité affective va pour mes semblables, les plus semblables possibles.

Je rappelle que ce blog est un blog personnel et non un forum d'entraide et de discrussions pour des histoires sentimentales. Ce blog est destiné à vous familiariser aux traditions et coutumes de l'Inde, il a pour but de vous faire connaître ce pays pour le cas ou vous auriez l'intention de vous y rendre (ou pas).

C'est donc naturellement et avec grand plaisir que je répondrai à toutes questions concernant nos traditions, les villes, la religion, la littérature, le cinéma, etc.. et à rien d'autres.  Merci d'avoir lu ce post.

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29 novembre 2020

Encens omniprésent en Inde

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L’encens fait partie intégrante de la culture et de la spiritualité, voire de la médecine indienne. Son odeur souvent entêtante vous accompagne partout ou vous vous rendez. Que ce soit dans la rue, dans les Temples, les bâtiments publics et/ou les domiciles privés.

Dans la religion indhue, l'encens à un rôle essentiel. Il fait le lien entre la terre et le ciel, entre le monde terrestre et le divin. La fumée qui se dégage des bâtons ou des cônes d'encens contribue à élever les prières des fidèles vers les Dieux, et en ouvrant les chakras permet de mieux percevoir et ressentir le monde.

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En Inde, nous avons beaucoup de temples, qu’ils soient immenses et destinés à accueillir des fidèles, mais également des petits autels de pierres de rues  ou les fidèles qui passent peuvent faire une petite prière rapide ainsi qu’une offrande. Dans les bâtiments publiques pour honorer les Dieux et dans les domiciles privés, ou chaque famille possède un temple domestique ; c'est-à-dire une une pièce pour les plus aisés ou tout simplement un petit coin discret dans la piècesde vie, regroupant  des représentations en bronze, en pierre, en terre et en images, les Dieux et Déités vénérés (dans notre religion, aucun Dieu n’est imposé, chacun choisi celui ou ceux qu’il veut honorer et à qui tous les jours il fera des offrandes (santal, vapooti, sindur, noix de coco,feuilles de bétel, fruits et fleurs).

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Dans la rue, l’encens  est utile car il couvre les odeurs fortent, comme les feux de bouse servant à alumer les fours domestiques (car malheureusement beaucoup de familles vivent sur le trottoir) les fruits et/ou fleurs mis en offrandes dans les autels et qui pourrissent au fur et à mesure que les jours avancent,  les pots d’échappement, les odeurs d’animaux, éloigner les mouches et moustiques, etc….Dans les voitures et les cars les chauffeurs ont également un petit autel ou ils brûlent de l’encens aux Dieux (souvent à Ganesh qui est le dieux des commerçants et des voyageurs) pour que le trajet se passe sans incident et surtout sans accident.

L’encens est également utlisé dans la médecine traditionnelle indienne : Ayurvédique car les plantes qui le composent ont en fumigation une action sur les différents centres vitaux. Le parfum qui se répand dans l’air après avoir allumé un bâton ou un cône d’encens à un effet apaisant sur le corps et l’esprit, ce qui nous permet de les dissocier et en fait un allié puissant lors de séances de méditation. Au même titre que le camphre, l’encens sert également à se purifier, ainsi que ses vêtements et sa maison.

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L’encens est tiré de la résine d’un arbre le boswellia, originaire du Dhofar dans la péninsule arabique mais qui pousse aussi en Inde. Il est souvent présenté en bâtonnets. Sa fabrication est composée d’une pâte sèche et collante constituée d’hévéa et de santal au laquelle on ajoute des extraits de racines, de plantes médicinales, de fruits, de feuilles et d’huiles essentielles.  L’encens est roulé à la main autour d’un bâtonnet  de bambou. L’encens peut également être présenté en cônes. 

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12 novembre 2020

L'histoire des tapis en Inde

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Le tissage et la diffusion des tapis en Inde ne sont attestés qu'après l'installation définitive de la Dynastie Moghole, avant le XVIème siècle nous ne connaissions et n'utilisions que des feutres décorés appelés Numda ou des tissus plats appelés Durri.

En 1544, l'empereur Humayun fut contraint de se réfugier à la cour du Shah Tahmasp, il  y découvrit l'art Séfévide, cultivé et rafiné. Pendant ces 9 ans d'exil, il suivit la Cour persane de Qazvin à Tabriz et Ardebil centres de manufactures de tapis prestigieux. Au moment de son retour en Inde et selon d'après la tradtion il aurait refus les tapis offert en cadeaux par le Shah Tahmasp et aurait plutôt demandé des dessinateurs et des ustad pour installer dans son pays des manufactures identiques à la Perse.

Humayun célèbre mécène, reçut à sa Cour des peintres comme Sayed Ali ou Dast Muhammad. A sa mort, ce fut Akbar, son successeur qui donna vie à un style Moghol. Il construisit une nouvelle capitale à Fatehpur Sikri qu'il orna de magnifiques palais, voir lien ci-après : http://indiangay7.canalblog.com/archives/2012/02/17/23540247.html . Les manufactures de tapis étaient situées à Agra, voir lien ci-après : http://indiangay7.canalblog.com/archives/2012/02/14/23522059.html et Lahore qui à présent fait partie du Pakistan.

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Son fils Jahangir (1605-1628) continua le mécénat. Naturaliste passionné, il encouragea l'évolution du style naturaliste moghol, par la représentation réaliste de fleurs et de fruits.

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Les miniatures de l'époque de Jahangir et de Shah Jahan -1628-1658) montrent de somptueux tapis posés sur le sol des palais et des jardins, voir lien ci-après : http://indiangay7.canalblog.com/archives/2013/04/27/27024286.html .Le règne d'Aurangzeb 1658-1707 fut marqué par une grande austérité qui influança aussi l'art du tapis. Après la mise à sac de Delhi par les troupe de Nadir Shah, roi de Perse en 1739, la Cour Impériale de moins en moins influente et fastueuse protégea moins les artistes, et leur ménénat finit par cesser brusquement.

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Les mahââradjah locaux et les commerçants anglais devinrent les principaux clients des manufactures mogholes. La production perdit son élégance et sa richesse devenant plus" provinciales" et se tournant résolument vers l'exportation. Cependant jusqu'à la 1ère moitié du XIXème siècle la qualité demeura inchangée, et on produisit de nombreux tapis de grandes dimensions ornés  d'élégants motifs floraux.

Dans la seconde moitié du siècle, la qualité se détériora  progressivement suite à une commercialisation intensive marquée par des fils  tissés mécaniquement, l'introduction de couleurs artificielles, l'installation d'ateliers de tissage dans les prisons et l'utilisation des détenus  comme tisserands.

Les tapis modernes  sont produits sur des dessins complètement étrangers  aux traditions indiennes de la période moghole, selon des critères dictés par  les exigences du marché, mais ils sont tout de même appréciés sur le marché occidental pour le classissisme, bien que stéréotypé, de la décoration des modèles persans.

En Inde, les tapis sont surtout utilisés dans le Nord, en raison des températures qui l'hiver peuvent descendre jusque -2 voir 3 degrés. Dans le Sud de l'Inde, ils n'y a pas de fabriques, et sont peu utilisés sinon par des familles très aisées et souvent mis au mur. Il est délicat de les mettre au sol en raison des serpents qu'on ne verrait pas sur un tapis à motifs. Pour ma part, je mets les tapis de laine au sol et ceux en soie, plus fragiles, sur les murs.

De nos jours, en Inde, il reste quelques fabriques de tapis situées principalement dans l'Etat du Rajasthan dans la ville de Jaipur. Les conditions de travail dans ces fabriques, sont malheureusement celles de tous pays en développement, axés sur la commercialisation et les exportations. Les ouvriers travaillent souvent 12 à 14 h par jour dans une poussière particulièrement toxique puisque si fine qu'elle attaque les bronches, la vapeur toxique des colorants et la pénombre des pièces de travail pour éviter que la chaleur ne fasse trop de "dégats" parmi les ouvriers.

Les jeunes filles et les dames filent la laine :

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Les enfants, souvent vendus aux propriétaires de fabriques, dès l'âge de 7 ans, tissent le tapis grace à un dessin fixé sur le montant du métier, car ils ne savent pas lire. Les hommes plus âgés tissent des tapis aux motifs plus compliqués.

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Le tapis une fois tissé voit ses poils égalisés à la main

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Le tapis est ensuite brûlé pour enlever le surplus 

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Il est ensuite lavé, puis encore vérifié et égalisé 

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et enfin présenté à la vente

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Les photos mises pour illustrer cet article sont celles de tapis m'appartenant, aussi je vous serai reconnaissant de ne pas en faire de copies s'il vous plait. Je vous en remercie.

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09 novembre 2020

Le sari de "l'Ere moderne"

En complément à mon article dont je vous mets le lien ci-dessous http://indiangay7.canalblog.com/archives/2012/05/27/24353322.html

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Il n'y a pas si longtemps, les sarees étaient principalement en soie ou en coton, voire en mousseline de soie pour l'été. L'ère moderne, fait qu'à présent beaucoup de sarees sont confectionnés de manière industrielle, notamment en raison de la praticité et/ou de la pauvreté on trouve des sarees en soie mélangés qui peuvent être lavés à contrario des sarées en pure soie, idem en ce qui concerne les sarees de polyester et/ou en nylon 

Le problème de cette industrie est qu'elle pollue énormément et cause des dommages irréversibles à l'environnement en raison des colorants artificiels utilisés au contraire des sarees confectionnés de façon artisanale qui eux utilisent des pigments naturels tirés des chenilles, de la végétation ou des minéraux. Par ailleurs, ces sarees industriels sont facilement inflammables et donc provoquent des dégats considérables à la peau des victimes de feu, le tissu s'incrustant dans la peau. Les femmes faisant souvent la cuisine sur des feu traditionnel et/ou, malheureusement les accidents sont fréquents. Par ailleurs, et là c'est un combats permanent  pour que soit respecté les femmes, mettre fin aux pseudos accidents d'enflammation des sarees par les maris ou les belles familles lorsque la dot n'est pas payée.

Reste que malgré la fabrication industrielle de ces sarees, ils gardent leur spécificité, à savoir qu'aucun saree qu'ils soient en soie, en coton ou en polyester/nylon n'est pareil, ils ont tous un détail qui les rend unique, que ce soit un motif, un trait dans le dessin, une couleur et comme les sarees traditionnels ils ont un nom.

Les conditions de travail des ouvriers de ces fabriques de sarees sont particulièrement pénibles. La plupart travaillent sans réelle protection hormis des gants de plastique et c'est tout. Toute la journée ils respirent des effluves de produits chimiques, dans une châleur éprouvante souvent près de 40 degrés, sous une lumière artificielle réglée au minimum pour éviter que la chaleur grimpe encore plus, et manient des longueurs interminables de tissu. Pour un sari il faut au minimum 4 à 5 mètres et là, ils sont produit à "la chaîne" donc coupés après une certaine longueur.

L'impression du tissu

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 Fixatif des couleurs et  rinçage

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 Le séchage 

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 Les sarees sèchent au soleil 

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Une fois teint les sarees partent au fixatif des couleurs et au rinçage, puis au lavage ou ils faut plusieur bains, puis ils sont mis à sécher au soleil. Quant aux eaux sales elles sont déversées dans la nature : terre ou rivières ce qui occasionnent un tarissement de beaucoup d'entre elles, ou de la toxicité de leurs eaux, un tragédie pour les villageois dépendant de ces terres ou de leurs eaux. Malheureusement si quelques associations se lèvent contre ses grandes industries, le gouvernement est coincé entre sauvegarder la nature ou bien nourrir son peuple quitte à subir le chantage des industriels, en somme, le pot de terre contre le pot de fer. 

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21 octobre 2020

Aquarium de Paris

Dimanche après midi, mon compagnon et moi sommes allés nous promener à l'Aquarium de Paris, qui est situé dans les jardins du Trocadéro. En raison du COVID, pas d'animation, mais pour nous ce n'était pas important contrairement aux parents qui venaient avec des enfants. La visite était sympathique et les photos autorisées sans flash, ce qui est normal. Les aquariums étaient plongés dans la pénombre éclairés par de subtiles lumières m'étant en valeur les plantes aquatiques (toutes vivantes) servant à les décorer et d'habitat aux espèces de poissons, méduses, murènes et requins présentés.

Par ailleurs, pour moi qui dessine et ait beaucoup de mal à arranger les couleurs entre-elles, ainsi qu'imaginer la composition de mes fonds, c'était fort intéressant. J'en ai rapporté de magnifiques photos, dont je vous mets quelques échantillons ci-dessous :

Elégantes et délicates méduses

Aqua Trocadéro

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 Fonds marins recomposés 

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 Le bassin des Murènes

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 Les requins

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 Dommage que nous n'ayons pas un super appareil photo. Les nôtres sont des petits compacts numériques. Mais bon, je trouve les photos pas trop mal réussies.

12 octobre 2020

Tamils (Tamouls) Inde-Sri-Lanka

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En qualité de Tamil et ceux-ci étant étant répartis sur l'Etat du Tamil Nadu et du Sri-Lanka principalement, j'ai pensé qu'il serait bon que je vous parle de ce dernier pays. Non pour des raisons politiques celles-ci ne regardent que les Tamils et les Cinghalais, mais pour des raisons culturelles.

J'avertis toute personne quelle qu'elle soit qui se permettrait de mettre sur ce blog un commentaire désobligeant et/ou offensant envers l'une ou l'autre de ces deux communautés verra son message supprimé d'office. Nos deux peuples ont énormément souffert et nous n'avons pas besoin que des tiers prennent partis pour les uns ou les autres. Ceci étant dit :                                                                                 


 Pour se situer dans l'histoire de l'île

Le SriLanka, anciennement Ceylan est peuplé par :  Les Arborigènes premiers habitants de l'île, les Cinghalais et les Tamils, des Maures descendant de pirates et commerçants arabes, dans les années 1700 les Portugais apportèrent le christianisme, puis en vinrent ensuite des Anglais 1796 avec annexion à la couronne en 1805 au détriment des Hollandais qui colonisèrent l'île.

Il n'existe pas de certitude sur la période exacte de l'arrivée des premiers Tamils à Ceylan. On fait remonter la présence environ 500 ans avant Jésus Christ des Cinghalais, peuple aryen venant probablement du nord ouest de l'Inde. Ils s'imposèrent aux tribus des Veddas, arborigènes dont il reste encore quelques descendants au centre du pays. 

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Il semble raisonnable de penser que des pêcheurs, puis des commerçants tamils vinrent dans le nord de l'île, située à portée de voile et de regard,très tôt. Certains prétendent qu'ils l'auraient fait avant même les Cinghalais, et c'est probablement vers le IVème ou le IIIème siècle avant J.-C que des agriculteurs tamils vinrent s'installer de façon sédentaire sur certaines parties du littoral pour y cultiver le riz.  

Le Mahâvamsa chronique historique rédigée par des moins bouddhistes de l'île au Vème siècle permet de savoir que l'un des premiers souverains connus du pays fult le Tamil Elâra, qui régna 40 années (204-161 avant J.-C) avant d'être vaincu par un Cinghalais Duttagâmanî. Elâra avait la réputation d'être un monarque droit et juste, ce qui lui valut beaucoup de soutiens de la part des Cinghalais eux-mêmes. Par la suite et durant de longs siècles eurent lieu des rivalités et des affrontements entre ces deux peuples.

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 le dernier Roi Tamil de Ceylan 

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Curieusement, ce sont souvent à des interventions sud-indiennes que les Cinghalais eurent  recours lors de problèmes de succession à la tête du royaume. Mais lorsque les dynasties de l'actuel Tamil Nadu gagnèrent en puissance, notamment au Vème et VIIIème siècle, l'île fut souvent menacée surtout que les populations autochtones tamiles établies depuis des siècles pouvaient constituer un appui aux Cholas, Pândya et autre Pallava visant à soumettre le pays. Toujours est-il qu'une culture tamile se développa dans la péninsule de Jaffna (Capitale Tamile du SriLanka) (Colombo étant la capitale Sri-Lankaise).

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Ennemis puis alliés des Pândaya, les Cinghalais furent confrontés, dès le début du XIème siècle à la puissance de l'empire tamil de la dynastie des Chola. Le roi Mahinda V fut fait prisonnier et les Cinghalais établirent leur capitale à Polonnâruwâ. Pendant environ soixante quinze ans, avec le règne de Rajaraja le Grand, Ceylan fut alors une province de l'empire Chola. En 1070, le roi Cinghalais Vijaya Bâbu 1er parvient à chasser l'occupant, mais la communauté tamile resta implantée dans ses zones traditionnelles, notamment tout au Nord. Un Etat ayant pour capitale Jaffna s'établira de façon permanente à partir de 1215. Il sera florissant et un siècle plus tard environ tentera vainement de soumettre la partie Cinghalaise de l'île. 

Sous la colonisation britannique, la séparation géographique entre zone tamile et cinghalaise a été maintenue et les autorités favorisèrent souvent la minorité tamile. De plus l'économie subit de profondes transformations avec l'introduction du système des plantations. Ce fut d'abord le café, à partir des années 1830. Pour sa récolte ils faisaient appel à des travailleurs saisonniers, Tamils de basses castes ou intouchables de l'Inde du Sud. Mais le café succomba aux maladies et en 1880 on le remplaça par le thé et l'hévéa. Pour ces cultures, la main-d'oeuvre devait être en permanence sur place et ces tamils indiens restèrent donc à demeure - ( et furent logés par leurs employeurs à titre gratuit dans de longs bâtiments avec une pièce pour chaque famille)  - utilisés pour toutes sortes de travaux pénibles, tels que la construction des routes et des voies ferrées. C'est un prolétariat misérable qui occupa ainsi une nouvelle place dans la société de l'île en particulier dans la région des Hautes Terres.

Au SriLanka, il y a donc eu deux vagues d'immigration tamiles bien distinctes en provenance de l'Inde du Sud. Les Tamils de Jaffna arrivés en conquérant il y a deux millénaire et les Tamils des Hautes Terres appelés "indians" que les autorités firent venir pour les besoins des plantations, il y a plus d'un siècle. En 1975 suite à un accord passé avec les autorités indiennes, 75 000 tamils indiens rentrèrent dans leur pays ou celui de leurs parents, les gouvernement Cinghalais leur ayant toujours refusé la nationalité Cinghalaise.

Les différences restent conséquentes entre les deux groupes. La langue Tamile est commune, à quelques variantes près, mais le passé et les origines sociales sont bien distincts, à tel point que les deux communautés ne se mélangent guère, même si elles peuvent cohabiter dans une grande ville comme Colombo (Capitale Cinghalaise). Mais l'éloignement de leur zone d'implantation ne leur laissent guère l'occasion de se fréquenter. Les Tamils de Jaffna dans le Nord et à l'Est de l'île sur le littoral, alors que ceux des Hautes de Terres se concentrent dans le centre sud, au sud de Kandy et autour de Nuwara-Eliya ou sont situées les plantations de thé.

Les Tamils de Jaffna sont principalement issus de castes supérieurs d'où un certain mépris à l'égard de leur cousins. Majoritairement indhus, ils pratiquent une religion très comparable à celles des brâhâmanes indian du Tamil Nadu. Les lieux de cultes sont des temples aux dimensions importantes. Ils sont souvent végétariens et les grandes dates du calendrier indhu donnent lieu à des célébrations d'une grande ampleur, surtout lors de la fête de Pongal. Les tamils de Jaffna forment une élite indispensable aux rouages de la société SriLankaise. Le degré d'instruction y est élevé ainsi que la réputation de dynamisme, de finesse et d'efficacité dans le domaine professionnel. 

Les Tamils Indians issus de castes inférieurs voire, intouchables, utilisés comme basse main-d'oeuvre, telles les cueilleuses de thé souriant sur les cartes postales vendues aux touriste est moins reluisants dans l'ordinaire. Leur langue, les traditions vestimentaires et quotidiennes sont demeurées mais ils pratiquent un indhuisme populaire et rural dans lequel les divinités féminines telles que Mâryammâ ou Kâli jouent un rôle majeur.

La population est à majorité boudhiste  70% environ, puis à 23 %  Indhue (pour les tamils), musulmane et chrétienne pour environ 7%. 

Femmes Tamile de Ceylan (Dravidien)

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Femme Cinghalaise (Aryen)

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Posté par Indiangay à 11:40 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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