Vanakkam

30 décembre 2017

L’Auparishtaka ou la relation buccale

Gay kamasutraL’objet de cet article est de démontrer, par les écrits de nos sages et en particulier Vâtsyâyana, dans son Kâma Shastra (kâma-Sutrâ) que les relations homosexuelles sont considérées comme naturelles dans notre religion,  et donc non réprimées, même si elles ne sont pas encouragées. Aussi, je me permets de mettre ci-après un extrait de ce qui est dit dans le Kâma Shastra à propos des relations sexuelles entre eunuchs principalement, qu’ils soient hommes ou femmes. (les termes trans-idenditaire ou transgenres, Ftm ou Mtf, n’existant pas à l’époque,  idem les chirurgies de réassignations d'identités et/ou sexuelles).

« Il existe deux sortes d’eunuchs : ceux qui se déguisent en hommes * et ceux qui se déguisent en femmes.

Les eunuchs déguisés en femmes imitent leur façon de se vêtir, de parler, leurs gestes, leur tendresse, leur timidité, leur simplicité, leur douceur et leur modestie.

Les actes qui s’acccomplissent sur le jaghana, ou partie centrale de la femme sont faits avec la bouche par d’autres eunuchs ; C’Est-ce qu’on appelle l’Auparishtaka. Ces eunuchs trouvent un palliatif et un plaisir imaginatif dans la relation sexuelle buccale. Cela aussi leur permet de gagner leur vie comme des courtisanes. Concerne essentiellement les hommes déguisés en femmes.

 

Les eunuchs qui se déguisent en hommes essaient de garder leur désir secret, et quant ils choisissent un métier, ils deviennent masseurs.

Sous prétexte de faire des massages, un eunuch pratique une sorte d’étreinte en attirant vers lui les cuisses des hommes qu’il est en train de masser ; après cela, il peut toucher les jointures des cuisses et le jaghana. S’il trouve alors le lingam de l’homme en érection, il prend celui-ci dans ses mains, le caresse et le maintien dans cet état le plus longtemps possible, et si ensuite en toute connaissance de l’intention, l’homme ne donne à l’eunuch aucune instruction pour la suite, alors ce dernier s’engage dans la relation sexuelle.

Si au contraire, il donne l’ordre de passer à l’acte, l’eunuch commence par contester et ne consent finalement qu’avec une certaine réticence. S’engagent ensuite  huit opérations à l’initiative de l’eunuch. :

. L’union nominale, les petites morsures sur les cotés, la pression extérieure, le baiser, les caresses, la succion de la mangue et l’absorption.

A la fin de chacune de ses opérations, l’eunuch exprime son souhait de s’en tenir là. Mais quand la première est accomplie, l’homme généralement réclame de passer à la seconde et celle-ci terminée, d’entreprendre la 3ème, etc…

Ne pouvant mettre sur ce blog questions de discrétion, de pudeur et de décence, la façon de pratiquer ces plaisirs, je vous invite, si cela vous intéresse à lire ce livre.

Les Acharyas disent que cet Auparishtaka est l’œuvre d’un chien non de l’homme, car il s’agit d’une pratique d’une trop grande bassesse, en contradiction avec les Saintes Ecritures, et parce que l’homme lui-même souffre en mettant son lingam au contact de la bouche des eunuchs et des femmes.

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L’Auparishtaka est également pratiquée par des femmes dissolues et libertines, par des servantes sans mari et exerçant la profession de masseuse.

Vâtsyâyana dit que les interdictions des Saintes Ecritures ne doivent pas s’appliquer à ceux qui fréquentent les courtisanes et que la Loi interdit de pratiquer l’Auparishtaka avec les femmes mariés.

En ce qui concerne le préjudice qui peut être porté aux hommes, il est facile d’y remédier si des serviteurs mâles de certains grands hommes ont pour habitude de pratiquer la relation sexuelle buccale avec leur maître. Quelques femmes dans les harems, lorsqu’elles sont amoureuses s’affairent avec leur bouche sur le yoni des autres femmes.

L’Auparishtaka ne devrait jamais être utilisé par un brâhâmane érudit, par un ministre chargé des affaires d’Etat, par un hommes jouissant d’une excellente réputation, parce que cette pratique bien que permise par les Shastras ne trouve aucune justification à être mises en œuvre si ne n’est dans certains cas particuliers ».

Mes sources : le Kâma-Shastra.

En résumé, ce qu'en Europe on appelle la fellation est considérée chez nous comme une pratique extrémement dégradante et impure même si elle est fort agréable et qu'aucun homme et/ou aucune femme sérieuse et de bonne caste n'accepterait (ent) de faire.

 

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29 décembre 2017

Kama Shastra - ou kâma-Sûtra à la Pinacothèque de Paris

P1050238Avant mon départ en tournée, Aliocha m'a proposé d'aller y faire une tour. Je dois avouer avoir été plutôt réticent, car bien que faisant partie de l'intitulé ; Kâma-Shastra spiritualité et érotisme dans l'art indien, et que sans nulle doute ladite exposition serait bien mise en valeur, il me faudrait supporter et entendre les réflexions d'europens qui n'auront retenu que le mot érotisme faisant passer la spiritualité au second plan, quand ce n'est carrément pas aux oubliettes. Mais bon, c'était l'occasion d'aller voir une exposition qui faisait plaisir à Aliocha et qui lui apprendrait des choses, et qui complèterait celles que je connaissais déjà. Toutefois, dans ce texte je ne parle par de l'exposition qui était fort bien présentée, mais plutôt du Kâma-Shastra proprement dit. 

Tout d'abord le mot kâma signifie désir, amour et Shastra livre donc le livre de l'amour ou mieux pour faire plus intellectuel : le kâma-Shastra signifie les Aphorismes du Désir. Ces écrits furent écrits par Vâtsyâyana et naturellement les pandits ont répondu qu'il était l'auteur d'un ouvrage classique sur l'amour dans la littérature sanscrite et qu'aucune bibiliothèque sanscrite n'était complète sans cet ouvrage. Il est impossible de fixer exactement la période de vie et de l'oeuvre de Vâtsyâyana. Il est supposé avoir vécu entre le 1er et le 6ème siècle après Jésus-Christ

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En Inde, le sacré est pratiquement présent dans toute chose. Le Kâma-Shastra témoigne de cette union parfaite, profonde et charnelle entre la nature, les hommes et les Dieux. Il est à noter qu'au départ ce livre était destiné à la noblesse indienne, afin de déniaiser leur fils, Les femmmes, de rois, de ministres  étaient aussi versées dans la connaissance du Kama Shastra. Il en résultat en fait que toute femmes doit pouvoir y accèder, à certaines parties seulement. En effet, en privé, les jeunes filles devaient étudier seules les 64 pratiques pour cela, elles peuvent faire appel à l'aide d'amies intimes, la fille d'une nourrice élevée avec elle et déjà mariée, d'une tante la soeur de sa mère, d'une domestique, d'une  jeune fille, une partie seulement du kâma-shastra leur était accessible.

Le Kamâ-Shastra se décompose en sept livres et est en fait un miroir des moeurs.

P1050141Les jeux du plaisir et de l'esprit : le Kâma-Shastra ne se résume pas à une débauche de positions érotiques plus acrobatiques les unes que les autres. ce traité savoureux du IIIème siècle de notre ère érige le plaisir sexuel comme la condition essentielle pour obtenir l'harmonie entre deux êtres, nourris des préceptes de l'indhuisme et destinés à tous (hommes comme femmes).

Les arts à étudier en même temps que le Kâma Shastra sont le chant, le jeu d'un instrument de musique, la danse, la combinaisaison du chant de la danse et de l'instrument joué : l'écriture et le dessin, le tatouage, la disposition et l'ornementation d'une déité avec du riz et des fleurs, etc....

S'il traite abondamment et très librement de la sexualité (lhomosexualité est considérée comme un aspect naturel de la vie sexuelle) et le Kâma Shastra fourmille aussi et surtout d'indications pratiques. Aux côtés des différents rituels de pénétration, l'ouvrage regorge ainsi de conseils dans l'art  préliminiaires des baisers et autres caresses.

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Les conseils du bon sens : Il a été dit l'homme accompli sur le plan de la richesse, de l'amour et de la vertu atteint sans peine le maximum dans ce monde et dans l'autre.

Dans l'Indhuisme, l'homme doit atteindre trois buts dans la vie. Sans en privilégier un au détriment des autres, (le dharma) la vertu, l'artha (la richesse), le kâma (désir amoureux) . Pour cela chacun rempli un rôle précis dans la société et maintient ainsi la bonne harmonie du monde.

Les différentes sortes d'unions sexuelles : Du point de vue sexuel, on peut répartir les hommes en trois classes, définies en fonction de la taille de leur lingam : homme-lièvre, homme-taureau, et homme-cheval. Quant aux femmes, en fonction de la profondeur de leur yoni, elles sont femmes-biches, femmes-juments, ou femmes-éléphants. Il y a donc neuf situations relatives.

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Trois sont équivalentes et les six autres ne le sont pas car les dimensions sont différentes ou très différentes. Dans cette dernière situation on appelle haute union le cas ou le sexe de l'homme est d'une taille plus importante que celui de la femme.  Si  la différence est particulièrement importante, il s'agit d'une très haute union. Dans le cas contraire, lorsque la taille du sexe de la femme est surdimentionnée par rapport à celle du sexe de l'homme, il s'agit d'une basse union : elle peut être de deux sortes : Dans le cas d'une union avec un homme dont le lingam présente la taille la plus éloignée de la sienne on parle d'une très basse union, et elle ne peut  être que d'une seule sorte.

En d'autres termes, le cheval et la jument, le taureau et la biche sont des formes de haute union, alors que le cheval et la biche parviennent à une très haute union. Du point de vue féminin, l'éléphant et le taureau, la jument et le lièvre forment une très basse union alors que l'éléphant et le lièvre donnent une très basse union.

A l'occasion d'une haute union sexuelle, la femme Mrigi (biche) devra se coucher de telle manière que son yoni soit élargi, tandis que pendant une basse union, la femme Hastini "éléphant" devra se coucher en contractant le sien. 

Fille de bonne caste

L'acquisition d'une bonne épouse : Lorsqu'une jeune fille vierge, de même caste se marie conformément aux préceptes des livres sacrés, il en résulte l'acquisition de Dharma et d'Artha descendance, affinité, davantage d'amis et un amour sans nuages. C'est pourquoi un homme devra s'intéresser à une jeune fille de bonne famille, ayant encore ses parents et de trois ans au moins plus jeune que lui.  Elle devra être issue d'une famille hautement respectable, pourvue de biens, de relations, et avoir de nombreux parents et amis. Elle se devra d'être belle, avoir une bonne nature, porter sur son corps des marques de chance, une belle chevelure, et que tout, ongles, dents, oreilles, yeux soit harmonieux, la poitrine bien proportionnée, bien faite et jouissante d'une parfaite santé. L'homme se devra d'avoir ces même qualités. Si, dit Ghotakamukha elle n'est pas vierge, il serait blâmable de l'aimer. 

Le mariage ne sera envisagé que s'il est validé par les astres. Toujours dans le dessein de préserver l'univers, une épouse ne doit pas être forcée. Vâtsyâyana prodigue conseils et exemples pour la décontracter car "la femme est comme une fleur. Il faut la traiter en douceur". Gestes affectueux, doux baisers et tendres paroles auront raison des peurs et réticences de la jeune épousée qui acceptera alors les démonstrations de passion de son mari.P1050137

La vie d'une femme vertueuse : Selon Gonardïya il n'est pas d'état plus heureux que l'état du mariage.La femme mariée a en charge plusieurs occupations, différentes selon qu'elle est épouse unique ou épouse principale. Elle a "la responsabilité de la maisonnée", elle y supervise toutes les tâches ménagères : laver, ranger, cultiver plantes et fleurs, établir les repas en fonction des goûts de son mari, accueillir chaleureusement invités et belle-famille... En tant que femme elle est tenue d'être toujours de commerce agréable, tant physiquement qu'en paroles. Et pour des rencontres amoureuses elle doit se vêtir luxueusement avec beaucoup de bijoux, de fleurs dans les cheveux et d'onguents. Car en plus d'être une hôtesse impeccable, l'épouse saura rester une amante parfaite.

Son rôle diffère un peu lorsqu'elle est épouse principale. Elle veille aux bonnes relations entre les autres épouses et avec son mari. Elle accepte également les enfants et tous les membres de la famille des autres concubines.Paris_Musée_de_l'érotisme_002

Les femmes des autres : Le Kâma Shastra accepte certaines pratiques qui pourraient sembler contraire à l'ordre social (une femme dominatrice en amour, les relations extra-conjugales), ces pratiques existant - et bien que Vâtsyâyana condamne l'adultère - autant le codifier.

Un homme peut s'intéresser à l'épouse d'un autre pour sauvegarder sa propre vie quand il s'aperçoit que son amour pour elle ne cesse d'augmenter. Les degrés d'intensité sont : amour des yeux, attachement à l'esprit, réflexion constante, troubles du sommeil, amincissement du corps, rejet du plaisir et des amusements, absence de pudeur, folie, défaillance, mort.

Pour la rencontrer, il est conseillé qu'il fasse lui-même la démarche au temple, en pélerinage en promenade dans les jardins..... "Sinon, il faut utiliser une entremetteuse". Celle-ci saura par ses paroles et les présents qu'elle apporte faire fléchir la femme mariée ; un rendez-vous clandestin sera ainsi arrangé, le meilleur endroit état "la demeure de la femme elle-même (l'amant) en connait les issues et a réfléchi aux façons d'en sortir".

Des courtisanes : "Couvrant tous leurs membres de bijoux et décorant avec soin leur demeure avec des vases de grand prix, celles qui vivent de leurs charmes parviennent à améliorer leur situation".

Pour la société Indienne, la courtisane a un rôle important c'est pour cette raison que Vâtsyâyana lui consacre un livre entier qu'il débute par des conseils sur le choix de ses amants. La courtisane jettera son dévolu sur un homme riche, célèbre, mais également raffiné, savant, poète et expert en arts.Idéalement, elle s'attache un amant unique et pour cela elle se comporte en épouse exemplaire ! "Elle s'efforce de lui plaire et de l'entourer comme si elle était éprise de lui". "Enjoleuse, attentionnée, elle distrait son amant grâce à son corps et ses dons en particlier le chant et la musique (danseuses et musiciennes appartiennent d'ailleurs à la caste des courtisanes même quand elles ne font pas commerce de leurs charmes). 

courtisane miniature

Mais elle ne donne à son amant que son corps et non son coeur et lui réclame de l'argent : "Sous prétexte de périodes de jeûne, de plantation d'arbres, de donations au temple, de bassins à creuser dans le jardin, des festivités ; elle se fait donner de l'argent en signe d'affection". La courtisane peut parfois renouer avec un ancien amant ou bien prendre des clients occasion.

Pour information : mes sources sont le Kâma Shastra, le Tantrisme, Les lois de Manou Les photos mises sur ce blog m'appartiennent, elles ont été faites au Musée de l'Erotisme à Paris, et chez moi dans ma collection personnelle de miniatures indiennes sur ivoire. Pour toutes copies ou reproductions veuillez svp m'en faire la demande.

07 novembre 2017

Pas si éloigné que cela ! article écrit par mon compagnon sur son blog "ChezVolodia"

Attention : Cet article n'est pas de moi. Il a été écrit par mon compagnon sur son blog et je me suis permis de le copier-coller avec son autorisation bien évidemment. Ceci expliquant cela. J'ai trouvé que son article reflète les liens qui unissent nos deux pays et nos deux peuples.


 

Certains (nes) pourraient s'étonner, outre le mariage entre deux hommes, du fait qu'il se soit produit entre un Russe d'origine juive et un Indien de religion Hindoue, l'un venu du froid l'autre du chaud, pays séparés par des milliers de kilomètres.

Et bien, la situation n'est pas si extraordinaire qu'elle veut bien le paraître. En effet, nous ne sommes pas si éloignés que cela culturellement et affectivement, bien que nous nous soyons connus en France, où nous vivons actuellement.

 

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Historiquement  les liens juifs avec l'Inde :

L'histoire des juifs en Inde recouvre celle de trois communautés : Au Sud Ouest de l'Inde, dans l'Etat du Kérala et plus précisemment dans la ville de Cochin s'est établie la toute première communauté juive. Les Bene Israël dans les environs de Bombay et les Baghdadi aux alentours de Calcutta et Bombay. La communauté de Cochin étant divisé en deux groupes : les plus anciens qui sont les juifs noirs et sont arrivés  après la destruction du second temple de Jérusalement en 70 après Jésus-Christ. Les juifs blancs d'origine plus récente arrivés au 16ème siècle, chassés du Portugal et D'espagne par Isabelle la Catholique, ils devinrent rapidement "supérieurs" aux juifs noirs, non seulement en nombre, mais également par leur richesse, et les liens commerciaux qu'ils ont gardé avec les autres communautés juives. Ils prendront le nom de Paradesi.

 Historiquement les liens de l'URSS avec L'inde :

Ces deux pays sont intimement liés dans l'histoire. Leurs relations se caractérisent par la proximité, la stabilité et la continuité. Au moment ou l'Inde obtient son indépendance en 1947, c'est la rivalité entre les deux superpuissances qui pèse sur les affaires du monde. Toutefois les dures réalités politiques  de la guerre froide vont pousser l'Inde dans le camps de l'URSS. L'Inde est prise en tenaille entre deux pays hostiles : la Chine et le Pakistan soutenus par les USA. Seule la Russie soutient l'Inde eu égard au profit qu'elle peut tirer d'une relations forte avec la puissance hégémonique de la région. 

La coopération formelle entre l'Inde et l'URSS commence en 1962 avec un programme militaire et technique. L'URSS devient le principal fournisseur de matériel militaire et d'aide économique des Indiens et le restera plus de 40 ans. Les forces armées indiennes, la sécurité de l'Inde ont largement reposé sur le matériel livré par les Soviétiques. L'assistance de l'URSS est sans équivalent à cet égard. Pour l'URSS, l'Inde a été un très gros marché d'équipement militaire fourni à bas prix, mais sur la durée. Cette coopération s'intensifiera et culminera en 1971 avec la signature du traité de paix, d'amitié et de grande coopération. Quand il s'est agi de choisir stratégiquement entre l'Inde et la Chine, Moscou a délibérément opté pour la défense de l'Inde contre des menaces potentielles émanant de la Chine et/ou du Pakistan.

Depuis, bien que les relations aient changé : Mme Gandi qui vendait les récoltes de l'Inde à l'URSS pour avoir des armes étant décédée et le parti communiste ayant été relégué au rang d'indésirable à Calcutta (un fief), elles sont restées  cordiales au point d'être ressuscitées pour diverses raisons politiques qu'ils seraient ennuyeux de développer ici, ce blog n'étant pas fait pour ça.

Bref, tout cela pour dire que l'Inde est extrêmement tolérante et ne rentre pas dans le jeu d'une guerre  ou d'un terrorisme exporté contre les juifs, et ce, malgré les derniers attentats de Bombay visant la communauté en 2009.

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29 août 2017

Les Sikhs

Beaucoup ne connaissent les sikhs que par leur turban et l'assassinat de Mme Gandhi.

Des philosophes et des saints, tels que Chaitanya qui naquit à la fin du XIVème siècle développèrent des idées spirituelles où l'accent n'était plus mis seulement sur l'esprit mais sur l'homme accepté en totalité. Cette époque connue un remarquable effort pour combiner le Védânta et l'Islam pour établir une harmonie commune plus durable. Pour autant, la religion Sikh fut fondée au XVème siècle, par un indhu élevé dans les principes égalitaires de l'Islam. C'est une synthèse de ces deux religions.

Le Travail du Guru Nânak,et en particulier le mouvement Sikh Khalsa qui en résultat fut remarquable. Il ne s'agit en aucun cas d'une renaissance, mais d'un élan de créativité basé sur une assimilation du passé. Nânak disait : "La vérité est haute, mais plus haute encore est une vie vécue dans le vrai".

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Mais le guru Gobind Singh y introduisit une plus grande part de militantisme après l'exécution, deux siècles plus tard, du père du dizième guru Sikh. Mais ce fut surtout au XIXème siècle qu'un nouvel élan spirituel a eu lieu. Un grand travail a été accompli par les membles de cette communauté pour l'éducation et l'amélioration des conditions d'existence des classes les plus retardées et négligées.

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Les Sikhs vivent principalement au Punjab, mais ils se sont installés un peu partout dans le pays, idem dans d'autres parties du globe. Amristar est la ville sainte des Sikh, et son temple d'or et de marbre contient les objets sacrés de leur religion. Les plaques de cuivre des toits, recouvertes de 400 kg de feuilles d'or ont été ajoutées par le maharadjah Ranjit Singh, Lion du Punjab et roi des Sikhs. Les sikhs vénèrent leur livre saint : le Granth, ils en respectent  les lois et ne s'inclinent que devant lui. Les sikhs initiés se doivent de : d'avoir les cheveux longs et la barbe, porter en permanence un peigne dans les cheveux, un poignard recourbé, un turban, un bracelet en fer, et un sous vêtement spécifique. 

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L'Inde entière est pénétrée du principe de loyauté à la caste et/ou au clan auquel on appartient. Les Sikhs le montre en portant le vêtement distinctif de leur communauté. Leurs barbes et leurs turbans sont extrémement voyants au point qu'ils paraissent plus nombreux que le nombre recencé. Pratiquement tous les Sikhs s'appellent singh. La communauté est fort soudée et lorsque leur guru leur a demandé de nettoyer les bassins du Nectar autour du Temple d'Amristar, tout le monde s'y est mis : jeunes, vieux, riches, pauvres, et ce après leur journée de travail et/ou d'école. Idem lorsqu'il a fallu construire un hospice.

Avant de prier dans le temple on fait ses ablutions, un bassin intérieur y est dédié :

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Les Sikhs sont végétariens, Dans les temples il existe une cuisine communautaire et comme c'est un plaisir de donner autant que de recevoir, ils alternent en cuisine. Ceux qui ont reçu la veille, cuisinent le lendemain et vice versa. 

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Quand je parle de l'honneteté des sikhs ce n'est pas un vain mot. Les photos ci-dessous, montrent que  dans la cour du temple sont triées et comptés par les hommes et les femmes les offrandes en argent offertes par les fidèles, les hommes portent un turban bleu signe de confiance et dessous un-sous turban jaune signe de purification. L'argent  est disposé dans la cour du temple à la vue de tous et de chacun sikhs et visiteurs et malgré la pauvreté des fidèles il ne viendrait à personne l'idée de se servir.

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Les sikhs sont en général plus grands que la moyenne des indiens. Ils sont fort réputés pour leurs qualités de guerrier, de courage et d'honneteté. Ils occupent souvent des emplois de prestance : Gardes d'Honneur, portier dans des grands hôtels, etc...

J'aime beaucoup cette religion. Elle est un bon compromis  pour tous hommes et femmes. Celles-ci on les mêmes droits et devoirs que les hommes. Elles font la guerre comme eux, le couple se réparti équitablement les tâches du foyer, entretien, ménage, enfants.  Et Malgré que je sois indhu j'ai été accepté courtoisement par eux, j'ai mangé leur chapati, fait des photos. Ce que nous indhus avons commis comme crime envers eux est inqualifiable et impardonnable. En 1984 ce fut un massacre par nous indhus de tous les Sikhs que nous trouvions dans la rue tout cela pour venger le meurtre de Mme Gandhi par sa garde Sikh personnelle. Mais, l'armée n'avait pas à entrer à cheval dans leur temple, ni les soldats commettre des ignominies et souiller leurs objets sacrés. C'est une faute que nous porterons longtemps et à jamais ! Nous qui nous ventons de notre non violence, nous avons à cette occasion montrée la plus grande abjection qu'il est possible envers les coupables mais également et surtout envers les innocents dont un nombre incalculable de civils.

 

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02 août 2017

Jaisalmer

Jaisalmer

Est une ville fortifiée située dans l'Etat du Rajasthan à la limite du Désert du Thar et dernière ville frontière de l'Inde .

C'est une ville construite en pierres de grès jaune, qui lorsque le soleil se couche la fait ressembler à une cité d'or. Elle a été construite en 1156,  par un mahârâwal Rajpout du nom de Rao Jaisal. C'est une ville à dominance indhue. Cette ville était une étape fort importante au temps des caravanes qui convoyaient leurs marchandises entre l'Inde, la Perse, l'Arabie et l'Occident.

Jaisalmer vue des remparts

Toutefois, la création du port de Bombay porta un coup sérieux à sa prospérité et la partition de l'Inde finira par l'achever. En effet, Jaisalmer est bâtie sur une éminence qui surplombe le désert du Thar ce qui permet de surveiller sur une grande distance. Elle est entourée de remparts sur 5 kilomètres. La ville a des projecteurs braqués sur le désert, allumés jour et nuit pour surveiller ce qui se passe juste en face : le Pakistan.

Maisons marchands Jaisalmer

Jaisalmer est une ville fort ancienne qui bien que détruite lors du pillage de Delhi par les Moghols au 13ème siècle a été reconstruite au siècle suivant. Les conflits de 1965 et 1971 avec le Pakistant on mis en évidence la position stratégique de Jaisalmer.

Dames tricotant devant le porche de leur maison

Je l'ai dit, Jaisalmer est une ville ancienne et comme telle a de gros inconvénients, à savoir, elle n'a pas d'égoûts, ni de toilettes et toutes les saletés et déjections se déversent dans les rues ce qui attaquent et rongent les bâtiments. L'Etat s'est ému de cette situation cause de insalubrité, de épidémies et depuis quelques années l'argent du tourisme a permis de créer sinon pour chaque appartement, pour chaque maison des toilettes, des égoûts (bien que ce soit particulièrement difficile en raison du sable et des cailloux qui permettent difficilement d'étayer des parois ou doivent être installer des canalisations), de  restaurer les bâtiments les plus abimés, mais il y a temps à faire et le temps presse car déjà 250 bâtiments historiques ont été partiellement détruit par la mousson de 1993. 

A l'intérieur de la ville donc des remparts, la vie bat son plein. Les rues sont pour la plupart fort étroites et encombrées de marchandises, de chameaux, de vaches, en plus des habitants et de visiteurs. Il y a énormément de guest house en raison d'un nombre conséquent de touristes, de petits restaurants pas cher, d'artisans. On peut y croiser des tribus gitanes qui montrent leurs costumes typiques et leur danse Kalbélia.

Jaisalmer rue animée

Rue emcombrée Jaisalmer

A l'extérieure de la ville une esplanade contient les cénotaphes des Mâhârawals qui ont régné sur cette citée. Le bas des murailles extérieures est comme beaucoup d'endroits en Inde occupé par un immense bidonville peuplée de lépreux dont l'état de dégradations physiques est particulièrement impressionnant...

Cénotaphes Jaisalmer

 

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29 juillet 2017

Alain Defossé

Alain Defossé

Je me suis essayé à faire un portrait moderne de l'écrivain Alain Defossé à présent décédé et avec qui j'avais souvent des contacts sur Facebook. Amoureux de Pondichéry.

Il faisait appel à moi pour lui traduire des messages reçus en Tamil. Il m'avait également demandé de lui trouver un masseur dans la communauté indienne pour soulager ses douleurs, et était venu au Ratha Yatra pour me rencontrer. Il avait également demandé à me voir une fin d'après-midi, comme j'hésitais par prudence, il m'avait proposé de venir avec mon compagnon.

 
Je me rappelle notre premier contact sur Facebook, c'est lui qui en a eu l'initiative, sans doute parce que j'étais indien et que je lui rappelais de bons souvenir de son voyage dans mon pays. Il m'a dit qu'il était écrivain. Comme je ne le connaissais pas ni lui ni ses écrits, je me suis renseigné et ai lu en premier livre :

- L'homme en Habit puis,

- On ne tue pas les gens.

J'avais bien aimé. Maintenant qu'il n'est plu, j'ai honte et je regrette la méfiance que j'ai eu envers lui. Ce qui m'avait frappé chez lui c'était son nez énorme, ainsi que son regard triste et désabusé. Ce portrait est certainement plein d'erreurs, mais je l'ai fait avec mon coeur, en hommage à un homme discret qui est parti de même, comme sil ne voulait pas déranger.

Que nos Dieux vous fassent mille sourires ou que vous soyez et qu'ils prennent votre gentillesse en compte dans votre prochaine réincarnation.

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19 juillet 2017

Les pouvoirs des pierres

Cet article fait suite à celui que j'ai écrit il y a plusieurs mois et intitulé : La tradition des bijoux en Inde. Vous pouvez le retrouver en suivant ce lien :

http://indiangay7.canalblog.com/archives/2012/09/16/25118461.html

Comme je l'ai dit précédemment, les bijoux jouent un rôle fort important en Inde. Tant par leur valeur qui ne se dévalue jamais contrairement à de la monnaie. Par ailleurs, leur beauté concours à affirmer la puissance des rois, des princes et des familles. Dans les anciennes traditions indiennes les pierres précieuses, sont symboliquement associées aux astres et aux planètes. Il leur est attribué de nombreux pouvoirs : prophylactiques et talismaniques. Elles protègent ceux qui les portent. Conjurant le mal et les protégeant de son influence.

Dans la tradition indhue, il y a neuf gemmes sacrées. La combinaison de ces neuf pierres représenteant le microcosme, constitue un talisman protecteur très recherché, désigné par le mot sanskrit Navaratna. Ces pierres auspicieuses sont associées les unes aux autres dans un ordre bien précis avec en principe, au centre : le rubis, autour duquel les autres rayonnent

Bagues ancienne 9 gemmes

 

Bague ancienne 

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Bague joaillerie contemporaine , cette bague appartenait à mon père, à sa mort ma mère me l'a mise au doigt pour me protéger

 

Le diamant  : celui qui le porte est considéré comme invincible, est associé à Vénus. Il est le talisman universel qui protège de toutes les maladies et poisons.

Le rubis : associé au soleil, protège des maladies accidentelles ou naturelles

La topaze ou saphir jaune, est associée à Jupiter

Le chrysobéryl ou oeil de chat, renvoie à Ketu (noeud lunaire sud)

L'émeraude : associée à Mercure, investie de vertus protectrices . La couleur de l'émeraude est liée à la vie éternelle, au mysticisme, à la spiritualité.

La perle  associée à la Lune, est un remède contre lé hémorragies, la jaunisse, les maladies des yeux et l'emploisonnement. Portée par les souverains ou servant de parures aux statues des divinités, les perles avaient une dimension sacrée. Historiquement, les plus belles perles fines proviennent du golfe persique, en particulier de l'Ile de Bahreïn et de Bassora. En Inde, elles se récoltent dans le golfe de Mannar sur la côte de l'ile de Ceylan (Sri-Lanka) et dans le Gujarat. Fort présentes dans la joaillerie moghole, les perles accompagnent sur les bijoux spinelle ou émeraude. Portées en collier, elles symbolisaient la royauté. Du temps des Mahârâjahs, elles dominent aussi les parures.

Le corail ; renvoie à Mars

Le grenat hessonite ou zircon est associé à Rau (noeud lunaire nord)

Les Mahârâjah, les Nawabs, les Rajas n'hésitant pas à les faire piler ant de les ingurgiter en prévention de ce qui pourrait leur arriver.

En inde, certaines gemmes possèdent également un pouvoir politique. Ainsi des spinelles, emblèmes de pouvoirs et symboles de légitimité dynastique. Très prisées du Trésor Impérial, en particulier ceux de teinte rouge ou rose foncé, couleur associées à la dynastie Moghole. Ces gemmes provenaient du Badakhchan (région aujourdhui divisée entre le Tadjikistan et l'Afghanistan).

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Ce spinelle, gravé avec une pointe de diamant, constitue la fort grand majorité des pierres gravées de titulature royale. Cette pratique remonte à la dynastie fondatrice des Timourides, dont les souverains moghols se revendiquaient.

De forme irrégulière, il a été poli afin de lui conserver un maximum de matière. Percé, il pouvait être enfilé en collier ou monté sur des turbans ou des bracelets de haut-de-bras. Les spinelles gravés constituent l'une des principales richesses de l'art moghol puisqu'ils conjuguent beauté des pierres, calligraphie et valeur historique.

Le saphir, ou corydon de couleur bleue était très appréciée à la cour moghole ainsi que dans les sultanats islamiquesdu Deccan

L'agate n'est pas une pierre précieuse, mais une pierre dite dure. Elle se prête fort bien à la gravure et des médaillons en agate sont gravés de magnifiques et délicats portraits de souverains et de leur ranis.

Le jade : apparaît dans l'art moghol à partir du 17ème siècle. En l'absence de gisement en Inde, on se fournissait en Chine. Gemme dynastique et pierre de la victoire, le jade est principalement utilisé pour la fabrication des poignées d'armes d'apparat, parfois pour de la vaisselle et plus rarement dans la joaillerie.

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06 mai 2017

L'Inde sous la peau - de Stéphane Guillerme

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Stéphane Guillerme en amoureux de l'Inde et du tatouage, a travaillé plusieurs années pour ce livre, parcourant le pays en tous sens, nouant de multiples rencontres, photographiant sans relâche. Ouvrir son livre, c'est s'embarquer avec lui, partager ses passions et son humanité, se nourrir d'un fabuleux voyage dont on ne revient pas indemne.

Le tatouage en Inde est probablement millénaire, pratiqué par les premières tribus comme signature clanique, bien avant l'hindouisme. Il est aussi populaire, associé à une ferveur particulièrement visible dans les pélerinages et fêtes religieuses. Le tatouage est enfin urbain, les jeunes, tout comme en Occident, gravant à même leur peau, leur sensibilité et leur goût artistique.

Tatouage tribal, populaire ou urbain, les trois parties du livre proposent un ensembles de 250 photos inédites, chacune issue d'une rencontre, comme nous le restitue l'auteur dans les textes accompagnant les photos.

Pour les amoureux du tatouage et d el'Inde, une invitation au voyage.

Ce livre est édité par : Almora -ISBN : 9 782351 183137 - Broché : 222 pages - Prix : 25 euros

 

Mon avis : Indiangay

On parle de plus en plus de tatouage en Europe, est-un phénomène de mode ? une réelle envie de se démarquer ? un mode de vie ?  ou vouloir faire de son corps une oeuvre d'art ? La question reste ouverte.

Dans toutes les cultures et civilisations, le tatouage a été un moyen de communiquer des informations. Que ce soit sur ses origines, sa religion, son éducation, les coutûmes du pays ou de la région d'où l'on vient. Mon pays d'origine fait parti de ceux-là.

Il s'agit d'un fort beau livre dont toutes les pages sont en couleur avec de nombreux textes explicatifs relatifs au photos publiées et prises dans toutes les régions de l'Inde. J'y ai appris de nombreuses choses dont je ne connaissais ni l'existence, ni la signification.

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02 mai 2017

Entre pudeur et impudeur- compréhension et confiance

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Je ne sais si j'ai bien fait, mais Aliocha m'a demandé plusieurs fois de poser pour lui. En fait, il souhaitait faire de moi une photo nu, en noir et blanc, avec juste une partie du visage et du corps éclairés. Jusqu'ici j'avais toujours refusé. Je trouvais sa demande choquante, car s'il voulait me voir nu, il n'avait qu'à me le demander, même si à brûle pourpoint cela pouvait être embarrassant. Pourquoi vouloir prendre une photo ? sa demande était indécente, et si une fois prise, il l'a mettait en ligne (je ne crois pas que ce soit son genre mais, sait-on jamais ?) quelle honte pour moi, voir ma nudité exposée aux yeux d'étrangers à notre couple, faire l'objet de commentaires quels qu'ils soient. Non c'était impossible, je ne pouvais accéder à sa demande. Nous sommes mariés c'est un fait mais ma nudité, mon corps lui sont réservés.  Sa demande revenait régulièrment et j'ai fini par lui en demander la raison. Il m'a dit que c'était pour faire une photo de nu artistique et la mettre dans notre chambre. Il m'a également promis qu'on ne verrait pas mon intimité, et qu'il n'était absolument pas question que cette photo soit vue par d'autres personnes que notre couple.

Je ne savais pas quoi faire. Je ne voulais pas lui faire de peine, mais l'idée de me mettre nu pour être pris en photo avait quelque chose d'indécent. Pour finir, il m'a proposé de faire un essai. Ca été fort difficile, bien qu'il soit fort attentionné à mon bien être j'avais honte je ne savais plus où ni comment me mettre. C'est mon mari d'accord mais me dévoiler ainsi... Bref, il a mis du chauffage pour que je n'ai pas froid et m'a aidé à prendre la pose sur un fauteuil, mon intimité a été cachée par un plaid drapé négligement et je me suis senti mieux. Il m'a fait voir le résultat, euh.... il a fait plusieurs photos et au fil des clics comme il me parlait en même temps j'étais plus à l'aise et bon c'est vrai que la dernière qu'il a prise est pas mal. Pour ne pas la donner à développer, il va la tirer lui-même sur une imprimante en format A3 et il va acheter un encadrement.

Je me demande comment Aliocha peut encore avoir envie de moi en grand  dans notre chambre. Les murs de celle-ci sont déjà couverts de toiles, de photos de moi, dansant, entouré de la troupe, etc... jusqu'à l'écoeurement, de quoi en avoir la nausée, mais non il faut qu'il en rajoute, décidemment je ne le comprends pas. J'aurais préféré des photos de lui. Il n'y a qu'un portrait en pied que j'ai fait pour un de ses anniversaires, un autre avec sa maman, une photo avec un groupe de russes et une de notre mariage éparpillées dans l'appartement.

Tout ceci pour dire, qu'une autre de mes barrières vient de tomber, après celle de dire mes mantras devant lui au temple, d''être vu nu sous la douche ou dans le bain sans oser lui dire de sortir, de lui montrer mon plaisir lorsqu'il m'honore, de pleurer lorsque l'absence de maman se faire trop forte. Toutes mes pudeurs tombent les unes après les autres. Jusqu'où vais-je devoir aller pour lui montrer ma confiance ??? ou tout cela va-t-il m'entraîner ? Ces barrières étaient une protection, je les gardais en réserve pour me protéger, de quoi ? je ne sais, mais il ne connaissait pas tout de moi j'avais réussi à conserver certains secrets maintenant je suis nu dans tous les sens du terme.

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Notre amour

 

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Il est toujours difficile de parler de l'amour éprouvé pour un être aimé surtout s'il est votre semblable, le plus semblable possible. Mais, je ne vois pas de mot suffisamment fort pour décrire ce qui me lie à mon compagnon. Car ce n'est plus seulement une amitité entre deux hommes, ni non plus qu'une histoire de sexe. Cela va plus loin, beaucoup plus loin. 

Je ne crois pas que j'aurais pu me montrer à nu avec une femme, quand je dis me montrer à nu je parle bien évidemment de pensées, d'opinion, moralement, compte tenu des valeurs qui m'ont été inculquées. La femme étant légèrement inférieure à l'homme, il était de mon devoir, en tant que mâle, de lui assurer toute la protection et le confort nécessaire à son bien être et  par là-même à celui du couple que nous formerions. De ce fait, je n'aurais pu parler librement de certains sujets, évoquer mes soucis, lui confier mes angoisses et/ou ce qui me fait peine. Pas question non plus, dans notre intimité, de me laisser envahir par la passion au détriment d'une affection fidèle et durable qui au fil du temps se transformerait en amour.

Mon compagnon m'a fait m'ouvrir au monde. m'a fait connaitre autre chose que mon univers "indien". Il m'a introduit dans des milieux que je ne soupçonnais pas et qui sans lui m'aurais certainement été fermés pour diverses raisons. il m'a appris à me connaître, à reconnaître les intentions des autres, à m'imposer, me faire respecter en tant qu'indien et homosexuel. Il a été mon copain, mon ami, mon "professeur" même si cela peut être exagéré, mon amant et enfin mon mari. Il ne m'a jamais parlé avec condescendance, ne s'est pas moqué de mes insuffisances tant intellectuelles que sexuelles. Je lui ai appris l'Inde, il m'a fait découvrir son monde : Slave, Orthodoxe, Hassidique. Il m'a appris à regarder mon corps sans honte et m'a accordé sa confiance en me faisant don du sien.

Avec lui je me sens beau, intelligent, et bien sur y compris dans nos moments d'intimité. J'ai appris à lui montrer le plaisir qu'il me donnait, même si au début j'en avais honte. Jusqu'au moment où il m'a fait comprendre, et ou j'ai enfin compris bien des mois plus tard, que montrer mes émotions exacerbaient le plaisir qu'il ressentait en ...et je me dis qu'une telle complicité ne peut exister qu'entre deux hommes. 

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