Vanakkam


21 juillet 2018

La vieillesse et la mort en Inde dans les temps anciens et de nos jours

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J'ai parlé dans ce blog brièvement des 4 étapes de la vie : L'enfance, l'éducation, le mariage, la dernière étant la vieillesse.

S'il suit à la lettre la Loi Sacrée, le maître de maison qui voit blanchir ses cheveux et qui a des fils de ses fils doit se faire ermite, abandonner sa femme à leurs enfants ou l'emmener avec lui dans la forêt. Là, vivant dans une humble cabane des aumônes des villageois et des dons de la nature, il doit accomplir régulièrement les rites du feu sacré (agni) et étudier les Upanishad afin d'élever son âme au-dessus des choses terrestres. Il peut même ajouter à ces conditions de vie déjà rudes des mortifications délibérées : En été, il doit s'exposer à la chaleur de cinq feux, à la saison pluvieuse vivre sous le ciel, en hiver porter des vêtements humides, et ainsi augmenter graduellement la dureté de son existence. Telle est l'étape du Vânaprastha, l'ermite dans la forêt. 

Avant la mort toutefois, une autre étape restait encore à parcourir. Lorsque le vieil homme avait réussi à se détacher du monde, il pouvait abandonner son abri forestier, laisser toutes pratique rituelle et se fait sannyâsin (mendiant errant), dépossédé de tout, ne portant avec lui que son bâton, sa sébile et quelques haillons.

Il ne faut toutefois pas croire, que tous les hommes sur la fin de leurs jours suivaient ces consignes pour assurer leur salut. Beaucoup se contentaient de leur conditions de maître de maison et de l'espoirt d'une longue période de relative félicité au ciel, suivie par une nouvelle et heureuse anissance sur la terre - tel était le destin assuré par la religion au maître de maison qui accomplissait en conscience les rites et les devoirs des Aryens.

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 Le nombre de vieillards qui devenaient ascète était tout de même assez considérable et l'impatience des fils adultes et mariés, pressés d'obtenir le contrôle du patrimoines familial, y contribuait sans aucun doute. De nos jours encore il n'est pas rare de voir un homme âgé suivre jusqu'au bout les étapes dictées par les anciens sages et finir ses jours dans l'ascèse. Mais son ermitage, toutefois, est le plus souvent une cabane proche de la famille ou même une pièce isolée dans sa propre maison.

Reste que malheureusement les femmes qui ont perdu leur époux sont souvent chassées de leur maison par leur propre fils voire leur belle fille et finissent sur les routes pour la plupart, se retrouver dans des villes saintes, Varanasi entre autres, ou elles passent le reste de leur vie à mendier leur nourriture et trouver une pierre ou poser leur tête. (ce qui n'est à notre honneur).  

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La mort, comme la naissance se fait dans l'impureté. Presque tous les peuples anciens ont une répulsion  pour le contact d'un cadavre et l'Inde ne fait pas exception à la règle. Selon la Loi, ceux qui veillaient un mort devaient s'abstenir de tout contact avec l'extérieur, parce qu'on avait peur que l'impureté ne fût transmise ; ils devaient se soumettre à un régime alimentaire très strict et dormir à même le sol ; ils ne devaient pas se raser ni adorer les dieux. Les candâla, dont l'office étaient d'incinérer les morts, étaient des créatures ont on craignait le plus la rencontre. De nos jours, la plupart de ces traditions sont maintenues, voir le lien ci-dessous, notamment le passage sur les Sâdhus et les Agoris :

http://indiangay7.canalblog.com/archives/2012/12/02/25725958.html

Les cérémonies funèbres (antyeshti) sont marquées par les derniers de tous les sacrements dont la vie d'un indhu est jalonnée. Selon la coutume aryenne la plus suivie, le corps était porté à la crémation le plus rapidement possible après la mort, et la famille l'accompagnait, les aînés à la tête du cortège.  Pendant la crémation, les textes saints sont récités. La famille en deuil fait le tour du bûcher dans le sens inverse des aiguilles d'une montre ; puis tous se baignent dans la rivière ou le lac le plus proche, avant de rentrer à la maison, le plus jeune conduisant cette fois la procession. Le troisième jour après la crémation, les os calcinés du défunt sont rassemblés et jetés dans une rivière, de préférence le Gange.

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Mais il existe également d'autres rites funéraires. Les jeunes enfants dont le corps ne comporte pas la même impureté que celui des adultes et qui ne sont pas membres à part entière de la communauté aryenne, sont souvent enterrés (encore aujourd'hui) comme le sont les ascètes ou les membres de certaines castes inférieures de l'Inde du Sud. Dans ce nombreux textes le çmaçâna ou lieu de crématoire est représenté couvert de corps en putréfaction, et hanté par les chiens et les vautours, sans qu'il soit fait allusion à la crémation elle-même. Ces descriptions montrent qu'au lieu de brûler les morts on les abandonnaient aux bêtes sauvages. Il va s'en dire que des considérations d'ordre économique jouaient un rôle important dans cette pratique. Le bois est rare dans certaines régions et donc fort cher, idem les fleurs, les huiles et l'encens pour parfumer le bûcher, et que de nos jours encore, les indiens pauvres doivent se contenter de bûchers funéraires insuffisants qui ne brûlent souvent qu'incomplètement les corps, qui sont envoyés en l'état sur le Gange à la merci des oiseaux charognards et des crocodiles.

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08 mai 2018

Enfers et fantômes d'Asie -

Exposition se tenant depuis le 10/04 et jusqu’au 15/07/2018 au Musée du Quai Branly à Paris

Important,  cette exposition n’est absolument pas pour les enfants, certaines représentations et vidéos audiovisuelles étant particulièrement impressionnantes. 

Descente aux enfers :

Dans le Bouddhisme, rien ne dure et la notion d’âme éternelle n’existe pas. La théorie de la réincarnation suppose cependant la survivance d’un principe spirituel, parfois appelé : charge karmique, ainsi que la rétribution des actions après la mort.

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Pour les Dieux, autant que pour les hommes, les animaux, ou les damnés, toute existence est provisoire et résulte d’une somme d’actes passés (karma). Ces êtres résident aux enfers, sur terre, ou au paradis pour une donnée en conséquence de leur karma. La damnation a aussi une fin. Les enfers sont un purgatoires où les  défunts expient leurs fautes sous la torture avant de rejoindre le cycles des renaissances. 

Les textes considèrent généralement six voies de réincarnations : Dieux et êtres célestes peuplent le paradis. Les humains : la terre. Les animaux : la terre. Les démons : les enfers. Les fantômes affamés, et les damnés :les enfers. 

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Les enfers n’ont pas été représentés en Inde, pays d’origine du bouddhisme, alors que la peinture chinoise s’empare de ce sujet dès le Xème siècle, comme l’atteste les rouleaux illustrés du Sutra des Dix rois, retrouvés dans les grottes de Dunhuang. Les moines les utilisaient lors de rituels funéraires pour expliquer le devenir de l’âme dans l’au-delà.

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Les revenants affamés sont les seuls fantômes émanant directement du bouddhisme. Ils proviennent de textes religieux indiens et se sont diffusés à l’ensemble du monde bouddhique. Leur nom sanskrit : preta est devenu :éguaï en chinois, gaki en japonais et phi prêt en thaï. Cette condition est la plus pénible des voies de la réincarnation. Elle attend les coupables des mauvaises actions, notamment les avares qui ne font pas d’offrandes de nourriture aux moines. D’après la croyance populaire, des défunts qui ne sont pas nourris par le culte des ancêtres peuvent aussi devenir des revenants affamés.

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En Asie Orientale :

Dans la cosmologie chinoise, le monde humain reflète le monde céleste divin et son administration impériale. Selon le même principe d’analogie, les enfers souterrains reproduisent le système judiciaire médiéval. Les dix enfers  des textes bouddhiques s’organisent  en cours pénales, présidées par des rois-juges assistés de clercs et de démons tortionnaires. Cette image de l’au-delà s’est diffusée de la Chine à la Corée, au Japon et au Vietnam.

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Les voleurs et les tricheurs sont brûlés. Les dépravés frits dans des chaudrons. Les ingrats découpés et les médisants se font tranchés la langue, tandis que d’autres sont forcés de gravir des montagnes de couteaux.

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Les offrandes et les billets brûlés lors des rites funéraires accompagnent le voyage du défunt et permettent en quelque sorte de « corrompre » les magistrats infernaux pour alléger les sentences.

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10 avril 2018

La tradition des bijoux en Inde

En Inde, le raffinement culturel  se traduit aussi par  la création de bijoux. L'importance accordée par  notre peuple à la parure remonte à 5000 ans. Des archélologues ont découvert que les indiens créaient des bijoux  en or, en argent, et en pierres précieuses depuis la préhistoire. Par ailleurs, c'est une valeur marchande sûre et internationale qui au contraire de la monnaie ne se dévalue jamais au point de ne rien valoir. On peut du reste voir dans les rues de l'Inde, que ce soit dans les villes, les campagnes, aux champs et même les bidonvilles, des femmes portant tous les bijoux de leur dot sur elles. Et qui je le rappelle, normalement, restent leur possession en propre, contrairement aux autres biens qui iront à sa belle-famille.

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Il faut différencier le bijoutier du joaillier, en France le bijoutier travaille les métaux précieux tels l'or et l'argent, alors que le joailler  lui, met en valeur les pierres précieuses sur des métaux précieux. Nos artisans, eux, s'illustrent à la fois dans la bijouterie et la joaillerie, et  Il existe plusieurs façons de travailler des métaux précieux et des pierres, variable selon les région de l'Inde.  Et chaque bijoux a un nom.

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Les Etats d'Orissa et de l'Andhra Pradesh (Sud de l'Inde) sont réputés pour leur travail fin de bijoux en argent.

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 Le Meenakari (méthode d'émaillage des bijoux) est quant à lui populaire au Rajasthan et dans le Tamil Nadu. Nagercoil, dans le sud du pays est célèbre pour son artisanat de bijoux sacrés qui étaient autrefois créés pour parer les Dieux et Déesses des Temples.  

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Les artisans bijoutiers de Delhi  sont célèbres pour leur méthode Kundan, une joaillerie traditionnelle originaire du Rajasthan, consistant à mettre en valeur une perle ou une pierre en insérant une feuille d'or  entre chaque pierre (ou perle) et la monture.  

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Cette méthode était jadis utilisée pour confectionner des colliers raffinés pour les dames des cours royales du Rajasthan et du Gujarat. Ce serait la plus ancienne méthode de joaillerie indienne ; De nos jours, les colliers de style Kundan sont portés par les femmes lors de leur mariage. 

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En Inde, il n'y a pas d'or, nous l'achetons à d'autres pays d'Asie, sa valeur est de 22 carats, l'or pur 24 carats n'étant pas travaillable, car trop mou, c'est pourquoi nos bijoux sont souvent très lourds, car plus épais pour être plus résistants. Dans beaucoup de pays européens, l'or a une valeur de 18 carats pour la France, l'Italie 18, 16 et 14 carats, les Etats Unis 14 carats.  

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si nous n'avons pas d'or, nous avons des gemmes, précieux et semi-précieux. Et les joailliers et bijoutiers indiens ont créé des bijoux pour chaque partie du corps. Il existe plusieurs sortes de bracelets allant de la chaine aux anneaux que les femmes portent souvent par 10, 26sans oublier des colliers, des bagues, des bijoux de chevilles, des bagues de pied, des boucles d'oreilles, des parures de front, des moke ani (bijoux pour le nez), etc... 

Les Indiens, les Pakistanais, comme beaucoup d'autres peuples asiatiques apprécient les pierres fines et les pierres précieuses non seulement pour leur beauté, mais également pour leurs vertus thérapeutiques.

L'Inde a longtemps été un pourvoyeur de gemmes : pierres précieuses, semi-précieuses, perles (dont les Moghols étaient très friants). Et c'est en Inde que l'on a découvert le premier gisement de diamant du monde, dans la mine du Golconde. En Europe, du XVII au XVIII ème siècle  le diamant  était importé de l'Inde. En Inde, il existe aussi, des saphirs, des rubis, des émeraudes, opales, ainsi que des pierres semi-précieuses : tourmaline, grenats, etc...Bombay  est l'un des principaux centres de négoce de pierres précieuses et semi précieuses. 

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 En inde, la création de bijoux et la joaillerie sont le fruit de plusieurs influences : les Moghols ont considérablement influencé la joaillerie avec leur technique de sculptage élaboré alors que les artisans du Rajasthan (pays des rois) ont apporté leur technique d'émaillage. 

Dans l'Inde antique il était capital et obligatoire d'avoir les oreilles percées pour son bien-être  psychologique et physiologique. Par tradition on perçait indifféremment les oreilles des enfants des deux sexes l'année de leur naissance pour stimuler les centres nerveux capitaux puisque l'oreille représentait en miniature le corps tout entier. On pratiquait des trous tous le long de l'oreille ou au cartilage de l'oreille. De cette manière on activait les points associés aux différentes parties du corps humain, le poids du bijou stimulant en douceur de point en question.

Dans le Sud de l'Inde, le critère de beauté était d'avoir des lobes d'oreilles très longs (avoir les oreilles de Boudha). Les lobes étaient volontairement allongés. Ils étaient percés avec des morceaux de branches de neem d'épaisseur croissante. Le neem procurait une substance anesthésiante et antibiotique évitant les infections.

Une fois le trou idéal, les lobes pouvaient recevoir de nombreux ornements. La longueur du lobe des oreilles et le nombre de bijoux qui y étaient accrochés indiquaient le rang social de la femme. Plus le lobe était long, plus on y suspendait des bijoux précieux, plus grande était la richesse, croyait-on.

Les pièces ornementales destinées aux oreilles pouvaient représenter des motifs floraux, allant du simple clou aux pendants plus imposants et plus élaborés. D'autres modèles abstraits et uniques tels les tandhatti et pambadam montrent l'aptitude des bijoutiers indiens dans la conception de tels bijoux.

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Cette dernière photo ne m'appartient pas, si vous en êtes le ou la propriétaire, veuillez me le signaler, elle sera aussitôt retirée

Les autres bijoux mis sur ce blog pour illustrer l'article (hormis cette dernière photo) sont personnels. La copie de ces photos n'est donc pas autorisée... Merci de votre compréhension

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La sexualité en Inde

Contrairement à l'Europe, en Inde et dans la religion Indhue, nous reconnaissons à nos Dieux, ainsi qu'à leurs desservants (brahmanes, pandits et autres) une vie sexuelle. Celle-ci n'étant absolument pas en contradiction avec la vie familiale que tout être vivant est en droit d'avoir. De ce fait, nos dieux et nos prêtres sont mariés, ont des enfants et sont sujet et sensibles comme tout un chacun au plaisir de la chair.

hemawati4Certains temples dits érotiques comme ceux de Khajuraho ont du reste scandalisé la plupart des occupants et ce quelque soit leur religion (muslims ou chrétiens). Sur les façades de ces temples sont représentées les Dieux et Divinités Indhues se livrant au plaisir des sens dans diversess positions.

Tamil de religion Indhue, donc d'origine Dravidienne, notre Dieu préféré est Shiva ce dieu est celui de la destruction, mais celle-ci à pour but la création d'un nouveau monde incarné par le Dieu Vishnu Dieu vénéré dans le nord de l'Inde. A ce titre je vais donc parler de Shiva Lingam qui est le symbole phallique ou représentation du Dieu Shiva.

Le lingam (nom du sexe masculin) est un pierre dressée, souvent d'apparence phallique, représentation classique de Shiva. On retrouve dans ce symbole l'ambivalence du Dieu, ascète et renonçant d'une part, mais aussi figure majeure du Tantrisme et figuré par un phallus d'autre part. Le mot lingam signifie : 1) signe, 2) phallus, 3) symbole de Shiva. Le lingam, toujours dressé et donc potentiellement créateur, est souvent associé au yoni (lieu) et nom du sexe féminin, symbole de la vulve. Dans ce cas, leur union représente, à l'image de Shiva, la totalité du monde. Assumant les fonctions créatrice par le lingam et destruction traditionnelle dans la Trimurti, Shiva représente donc pour les croyant (Shivaïtes) dont je fais partie, le dieu par excellence.

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On trouve un lingam dont la taille et l'aspect peut être très variable - du simple galet en équilibre et comportant le signe peint de Shiva au phallus clairement symbolisé avec parfois la tête du dieu sculptée, dans tous les temples et lieux consacrés à Shiva. Durant le puja (la prière) le lingam est arrosé de lait, de miel et de beurre clarifié (ghi dont nous nous servons en cuisine car il parfume fort agréablement les plats), et reçoit des offrandes de fleurs, de fruits et de sucreries. Les lingams en activité doivent être maintenus humides. La partie supérieure arrondie du lingam s'appelle lingamani ou manikâ. Le lingam est inconnu des Véda. certains disent qu'il est probable qu'il s'agisse de l'intégration dans le Védismes des pierres vénérées par les populations autochtones dravidiennes.

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Dans les sanctuaires Shivaïtes, à la différence de ceux réservés au culte de Vishnu, il n'y a point pour recevoir le pûja, d'image anthropomorphe de la divinité.

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Tout ceci pour expliquer que notre religion et nos coutûmes ne sont ni dépravées ni perverses, comme j'ai pu l'entendre. Simplement notre religion ne fait pas la différence ou plutôt la scission entre le plaisir physique qui dans d'autres religions semblent coupables s'il se produit seul ou sans les liens du mariage et le mental car pourquoi avoir honte de ce que ressentent nos sens quels qu'ils soient s'ils sont en harmonie avec notre pensée et notre coeur ?

 

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22 mars 2018

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24 février 2018

Initiation des Chelas

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Cet article est une continuité et complète les précédents, quant à la connaissance et au mode de vie des hijras/aravanis/khotis en Inde. Comme je l'ai précédemment mentionné, les eunuchs occupèrent une place importante dans la société indienne. Les maharajahs et les nawabs les employaient comme garde de leur zenana (appartements des femmes). Castrés, les nobles leur accordaient toute leur confiance pour entourer les femmes. Ils étaient également utilisés comme prostitués de luxe et comme danseurs lors de soirées mondaines.

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Les eunuchs ont tous pour déesse Bahuchara Mala. Certains lui voue leur vie, d'autres sont des devadasis fidèle au culte de Yellamma, d'autre encore commémore le sacrifice d'Aravan. Plusieurs légendes cours à leur sujet : 

Pour les uns dont je fais parti les eunuchs commémorent le sacrifice d'Aravan, voir lien ci-dessous :

http://indiangay7.canalblog.com/archives/2009/10/25/15556327.html.

Pour d'autres, l'histoire raconte que la déesse Bahuchara Mata fut autrefois une princesse qui castra son époux, car il préférait aller dans la forêt pour se travestir et se comporter comme une femme.

Une autre légende, dit encore, qu'un homme qui avait importuné Bahuchara Mata fut d'abord condamné à l'impuissance. Pour obtenir le pardon de la déesse, celle-ci exigera qu'il soit castré habillé de vêtements féminins et passât désormais sa vie à l'honorer.

Ce que ces récits ont tous en commun c'est que les eunuchs doivents être émasculés et représenter la forme féminine, de nos Dieux : Krhisna, Shiva. Rien à voir donc avec des esclaves castrés du Moyen Orient de l'Orient, de l'Asie (Chine) ou de l'Occident, qui eux étaient castrés pour différentes raisons, et encore moins avec les transgenres européens puisqu'au contraire d'eux, non seulement ils n'ont plus leur intimité masculine mais, encore moins féminine leur intimité n'étant pas "reconstruite" par la chirurgie.

Pour le Moyen Orient et l'Orient, il s'agissait d'avoir des eunuchs pour garder et protéger les femmes, leur confier des tâches parfois valorisantes comme confident, vizir, maître des comptes du royaume, voire de l'armée, mais souvent très dangereuses en raison des jalousies et des intrigues de pouvoir. Pour l'Occident, il était indécent que des femmes se produisent sur scène et il s'agissait de transformer des petits garçons en castra pour qu'ils ne muent pas et arrivent à reproduire le fameux contre-ut à l'origine de leur célébrité.

Le Temple de Bahuchara Mata se situe au Gujarat dans l'Inde du Nord, à Shantelhapur et un festival si tient une fois par an qui réunit tous les hijras/aravanis/khotis.

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Pour les hijras faisant parti du culte de yellama, une fête a également lieux une fois par an au temple de Renukha Devi.

http://indiangay7.canalblog.com/archives/2011/02/26/20494177.html

http://indiangay7.canalblog.com/archives/2012/08/27/24972975.html

Pour ceux commémorant le sacrifice d'Arvan, une fête annuelle a également lieu une fois par an à Koovogam (Inde du Sud).

http://indiangay7.canalblog.com/archives/2012/08/26/24969948.html 

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Les communautés d'hijras sont dirigées par un gourou ou 7 à 9 chelas (disciples). Le gourou lorsqu'il accepte un chela lui fournit un toit, le protège y compris contre les exactions de la police. En échange, les chelas participent à la vie de la communauté en ramenant de l'argent (car tous se paye), et en participant aux tâches ménagères. Ils travaillent coimme danseurs, donnent leur bénéfiction lors des mariages, des naissances, et malheureusements, beaucoup sont obligés de mendier et de se prostituer depuis la "déposition" des maharajahs et des nawabs, la dislocation des zénanas et des salons de musique par les britanniques.

L'initiation du Chela se fait alors qu'il est encore jeune. Le rituel a lieu dans la mesure du possible au Temple de la déesse Bahuchara Mata. Le disciple s'y rend sous la tutelle d'un membre plus âgé de la communauté. L'émasculation initiatique du chela a lieu  après une période de réflexion pouvant aller jusqu'à plusieurs moi, voire plusieurs années Elle se déroule sour la direction du grand prêtre du Temple.

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L'émasculation peut également avoir lieu dans une maison aux portes closes ou tous se réunissent en habits de fêtes. Elle est toujours exécutées à vif. Certains hijras de la communauté s'occupent du disciple. Après lui avoir fait prendre un bain, l'avoir paré de vêtements féminins rouges (symbole du mariage, de joie), de guirlandes de fleurs et l'avoir assis sur un tabouret au milieu de la pièce, ils chantents en s'accompagnant d'un tabla (petit tambour).

Pendant ce temps, d'autres préparent l'endroit où aura lieu l'intervention. On étale des cendres par terre au milieu de la pièce puis, on les rassemble en tas. Le gourou ou la personne qui doit procéder à l'opération s'approche Les bras et les jambes du disciple sont maintenus fermement, pendant qu'on le distrait. Les organes génitaux enserrés dans un lien sont amputés en bloc au ras du pubis. On enlève le pénis, les testicules et le scrotum. Cette opération est réalisée dans des conditions très douloureuses. Pratiquée avec un couteau et sans anesthésie (simplement un peu d'alcool et des drogues). On n'arrête pas l'hémorragie, le sang emportant la virilité en coulant. L'initié s'en remet alors totalement à Bahuchara Mata et considérera que s'il survit que la pire perte serait d'être abandonné par la déesse , et non la perte de ses organes génitaux. La faveur de Bahuchara Mata est gagnée par l'abandon complet à sa demande de sacrifice.

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Un fois l'opération terminée on enfonce dans la plaie, une pipette de métal ou de bois pour créer un petit trou qui leur permettra ensuire d'uriner, puis on recouvre la plaie avec des herbes pour aider à la cicatrisation Les plus religieux d'entre-eux devront ensuite s'asseoir sur une pierre tranchante jusqu'à ce que l'anus saigne ; les gouttes de sang sont alors recueillis et les premières règles célébrées.

La plaie est cautérisée à l'huile bouillante et la cicatrisation complète obtenue au bout de 40 jours, est célébrée par une cérémonie en l'honneur de la déesse et marque la renaissace de l'initié. La castration est officiellement interdite depuis 1880 mais est toujours pratiquée en Inde et au Pakistan.

D'autres photos sont disponibles sur ce blog dans l'album initiation des chelas.

Important

Les photos mises pour illustrer cet article font mention de "Donot copy please". En effet, si j'ai marqué celles-ci de cette mention c'est que ce n'est pas moi qui les aient prises. Elles m'ont été prêtées par un ami qui s'occupent de la communauté LGBT en Inde et en particulier des Hijras et Aravanis  : Mr Darvesh Yadavendra Singh. Et je ne souhaite pas que son travail et sa confiance en moi soit trahis par des personnes qui sans vouloir penser à mal s'approprierait lesdites photos. Merci de votre respect et de votre compréhension.

 

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15 février 2018

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Dignitaire. Dessin aux crayons hb et de couleurs, réalisé lors de notre visite au Musée du Quai Branly à l'exposition : Le Pérou avant les Incas.

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30 décembre 2017

L’Auparishtaka ou la relation buccale

Gay kamasutraL’objet de cet article est de démontrer, par les écrits de nos sages et en particulier Vâtsyâyana, dans son Kâma Shastra (kâma-Sutrâ) que les relations homosexuelles sont considérées comme naturelles dans notre religion,  et donc non réprimées, même si elles ne sont pas encouragées. Aussi, je me permets de mettre ci-après un extrait de ce qui est dit dans le Kâma Shastra à propos des relations sexuelles entre eunuchs principalement, qu’ils soient hommes ou femmes. (les termes trans-idenditaire ou transgenres, Ftm ou Mtf, n’existant pas à l’époque,  idem les chirurgies de réassignations d'identités et/ou sexuelles).

« Il existe deux sortes d’eunuchs : ceux qui se déguisent en hommes * et ceux qui se déguisent en femmes.

Les eunuchs déguisés en femmes imitent leur façon de se vêtir, de parler, leurs gestes, leur tendresse, leur timidité, leur simplicité, leur douceur et leur modestie.

Les actes qui s’acccomplissent sur le jaghana, ou partie centrale de la femme sont faits avec la bouche par d’autres eunuchs ; C’Est-ce qu’on appelle l’Auparishtaka. Ces eunuchs trouvent un palliatif et un plaisir imaginatif dans la relation sexuelle buccale. Cela aussi leur permet de gagner leur vie comme des courtisanes. Concerne essentiellement les hommes déguisés en femmes.

 

Les eunuchs qui se déguisent en hommes essaient de garder leur désir secret, et quant ils choisissent un métier, ils deviennent masseurs.

Sous prétexte de faire des massages, un eunuch pratique une sorte d’étreinte en attirant vers lui les cuisses des hommes qu’il est en train de masser ; après cela, il peut toucher les jointures des cuisses et le jaghana. S’il trouve alors le lingam de l’homme en érection, il prend celui-ci dans ses mains, le caresse et le maintien dans cet état le plus longtemps possible, et si ensuite en toute connaissance de l’intention, l’homme ne donne à l’eunuch aucune instruction pour la suite, alors ce dernier s’engage dans la relation sexuelle.

Si au contraire, il donne l’ordre de passer à l’acte, l’eunuch commence par contester et ne consent finalement qu’avec une certaine réticence. S’engagent ensuite  huit opérations à l’initiative de l’eunuch. :

. L’union nominale, les petites morsures sur les cotés, la pression extérieure, le baiser, les caresses, la succion de la mangue et l’absorption.

A la fin de chacune de ses opérations, l’eunuch exprime son souhait de s’en tenir là. Mais quand la première est accomplie, l’homme généralement réclame de passer à la seconde et celle-ci terminée, d’entreprendre la 3ème, etc…

Ne pouvant mettre sur ce blog questions de discrétion, de pudeur et de décence, la façon de pratiquer ces plaisirs, je vous invite, si cela vous intéresse à lire ce livre.

Les Acharyas disent que cet Auparishtaka est l’œuvre d’un chien non de l’homme, car il s’agit d’une pratique d’une trop grande bassesse, en contradiction avec les Saintes Ecritures, et parce que l’homme lui-même souffre en mettant son lingam au contact de la bouche des eunuchs et des femmes.

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L’Auparishtaka est également pratiquée par des femmes dissolues et libertines, par des servantes sans mari et exerçant la profession de masseuse.

Vâtsyâyana dit que les interdictions des Saintes Ecritures ne doivent pas s’appliquer à ceux qui fréquentent les courtisanes et que la Loi interdit de pratiquer l’Auparishtaka avec les femmes mariés.

En ce qui concerne le préjudice qui peut être porté aux hommes, il est facile d’y remédier si des serviteurs mâles de certains grands hommes ont pour habitude de pratiquer la relation sexuelle buccale avec leur maître. Quelques femmes dans les harems, lorsqu’elles sont amoureuses s’affairent avec leur bouche sur le yoni des autres femmes.

L’Auparishtaka ne devrait jamais être utilisé par un brâhâmane érudit, par un ministre chargé des affaires d’Etat, par un hommes jouissant d’une excellente réputation, parce que cette pratique bien que permise par les Shastras ne trouve aucune justification à être mises en œuvre si ne n’est dans certains cas particuliers ».

Mes sources : le Kâma-Shastra.

En résumé, ce qu'en Europe on appelle la fellation est considérée chez nous comme une pratique extrémement dégradante et impure même si elle est fort agréable et qu'aucun homme et/ou aucune femme sérieuse et de bonne caste n'accepterait (ent) de faire.

 

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29 décembre 2017

Kama Shastra - ou kâma-Sûtra à la Pinacothèque de Paris

P1050238Avant mon départ en tournée, Aliocha m'a proposé d'aller y faire une tour. Je dois avouer avoir été plutôt réticent, car bien que faisant partie de l'intitulé ; Kâma-Shastra spiritualité et érotisme dans l'art indien, et que sans nulle doute ladite exposition serait bien mise en valeur, il me faudrait supporter et entendre les réflexions d'europens qui n'auront retenu que le mot érotisme faisant passer la spiritualité au second plan, quand ce n'est carrément pas aux oubliettes. Mais bon, c'était l'occasion d'aller voir une exposition qui faisait plaisir à Aliocha et qui lui apprendrait des choses, et qui complèterait celles que je connaissais déjà. Toutefois, dans ce texte je ne parle par de l'exposition qui était fort bien présentée, mais plutôt du Kâma-Shastra proprement dit. 

Tout d'abord le mot kâma signifie désir, amour et Shastra livre donc le livre de l'amour ou mieux pour faire plus intellectuel : le kâma-Shastra signifie les Aphorismes du Désir. Ces écrits furent écrits par Vâtsyâyana et naturellement les pandits ont répondu qu'il était l'auteur d'un ouvrage classique sur l'amour dans la littérature sanscrite et qu'aucune bibiliothèque sanscrite n'était complète sans cet ouvrage. Il est impossible de fixer exactement la période de vie et de l'oeuvre de Vâtsyâyana. Il est supposé avoir vécu entre le 1er et le 6ème siècle après Jésus-Christ

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En Inde, le sacré est pratiquement présent dans toute chose. Le Kâma-Shastra témoigne de cette union parfaite, profonde et charnelle entre la nature, les hommes et les Dieux. Il est à noter qu'au départ ce livre était destiné à la noblesse indienne, afin de déniaiser leur fils, Les femmmes, de rois, de ministres  étaient aussi versées dans la connaissance du Kama Shastra. Il en résultat en fait que toute femmes doit pouvoir y accèder, à certaines parties seulement. En effet, en privé, les jeunes filles devaient étudier seules les 64 pratiques pour cela, elles peuvent faire appel à l'aide d'amies intimes, la fille d'une nourrice élevée avec elle et déjà mariée, d'une tante la soeur de sa mère, d'une domestique, d'une  jeune fille, une partie seulement du kâma-shastra leur était accessible.

Le Kamâ-Shastra se décompose en sept livres et est en fait un miroir des moeurs.

P1050141Les jeux du plaisir et de l'esprit : le Kâma-Shastra ne se résume pas à une débauche de positions érotiques plus acrobatiques les unes que les autres. ce traité savoureux du IIIème siècle de notre ère érige le plaisir sexuel comme la condition essentielle pour obtenir l'harmonie entre deux êtres, nourris des préceptes de l'indhuisme et destinés à tous (hommes comme femmes).

Les arts à étudier en même temps que le Kâma Shastra sont le chant, le jeu d'un instrument de musique, la danse, la combinaisaison du chant de la danse et de l'instrument joué : l'écriture et le dessin, le tatouage, la disposition et l'ornementation d'une déité avec du riz et des fleurs, etc....

S'il traite abondamment et très librement de la sexualité (lhomosexualité est considérée comme un aspect naturel de la vie sexuelle) et le Kâma Shastra fourmille aussi et surtout d'indications pratiques. Aux côtés des différents rituels de pénétration, l'ouvrage regorge ainsi de conseils dans l'art  préliminiaires des baisers et autres caresses.

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Les conseils du bon sens : Il a été dit l'homme accompli sur le plan de la richesse, de l'amour et de la vertu atteint sans peine le maximum dans ce monde et dans l'autre.

Dans l'Indhuisme, l'homme doit atteindre trois buts dans la vie. Sans en privilégier un au détriment des autres, (le dharma) la vertu, l'artha (la richesse), le kâma (désir amoureux) . Pour cela chacun rempli un rôle précis dans la société et maintient ainsi la bonne harmonie du monde.

Les différentes sortes d'unions sexuelles : Du point de vue sexuel, on peut répartir les hommes en trois classes, définies en fonction de la taille de leur lingam : homme-lièvre, homme-taureau, et homme-cheval. Quant aux femmes, en fonction de la profondeur de leur yoni, elles sont femmes-biches, femmes-juments, ou femmes-éléphants. Il y a donc neuf situations relatives.

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Trois sont équivalentes et les six autres ne le sont pas car les dimensions sont différentes ou très différentes. Dans cette dernière situation on appelle haute union le cas ou le sexe de l'homme est d'une taille plus importante que celui de la femme.  Si  la différence est particulièrement importante, il s'agit d'une très haute union. Dans le cas contraire, lorsque la taille du sexe de la femme est surdimentionnée par rapport à celle du sexe de l'homme, il s'agit d'une basse union : elle peut être de deux sortes : Dans le cas d'une union avec un homme dont le lingam présente la taille la plus éloignée de la sienne on parle d'une très basse union, et elle ne peut  être que d'une seule sorte.

En d'autres termes, le cheval et la jument, le taureau et la biche sont des formes de haute union, alors que le cheval et la biche parviennent à une très haute union. Du point de vue féminin, l'éléphant et le taureau, la jument et le lièvre forment une très basse union alors que l'éléphant et le lièvre donnent une très basse union.

A l'occasion d'une haute union sexuelle, la femme Mrigi (biche) devra se coucher de telle manière que son yoni soit élargi, tandis que pendant une basse union, la femme Hastini "éléphant" devra se coucher en contractant le sien. 

Fille de bonne caste

L'acquisition d'une bonne épouse : Lorsqu'une jeune fille vierge, de même caste se marie conformément aux préceptes des livres sacrés, il en résulte l'acquisition de Dharma et d'Artha descendance, affinité, davantage d'amis et un amour sans nuages. C'est pourquoi un homme devra s'intéresser à une jeune fille de bonne famille, ayant encore ses parents et de trois ans au moins plus jeune que lui.  Elle devra être issue d'une famille hautement respectable, pourvue de biens, de relations, et avoir de nombreux parents et amis. Elle se devra d'être belle, avoir une bonne nature, porter sur son corps des marques de chance, une belle chevelure, et que tout, ongles, dents, oreilles, yeux soit harmonieux, la poitrine bien proportionnée, bien faite et jouissante d'une parfaite santé. L'homme se devra d'avoir ces même qualités. Si, dit Ghotakamukha elle n'est pas vierge, il serait blâmable de l'aimer. 

Le mariage ne sera envisagé que s'il est validé par les astres. Toujours dans le dessein de préserver l'univers, une épouse ne doit pas être forcée. Vâtsyâyana prodigue conseils et exemples pour la décontracter car "la femme est comme une fleur. Il faut la traiter en douceur". Gestes affectueux, doux baisers et tendres paroles auront raison des peurs et réticences de la jeune épousée qui acceptera alors les démonstrations de passion de son mari.P1050137

La vie d'une femme vertueuse : Selon Gonardïya il n'est pas d'état plus heureux que l'état du mariage.La femme mariée a en charge plusieurs occupations, différentes selon qu'elle est épouse unique ou épouse principale. Elle a "la responsabilité de la maisonnée", elle y supervise toutes les tâches ménagères : laver, ranger, cultiver plantes et fleurs, établir les repas en fonction des goûts de son mari, accueillir chaleureusement invités et belle-famille... En tant que femme elle est tenue d'être toujours de commerce agréable, tant physiquement qu'en paroles. Et pour des rencontres amoureuses elle doit se vêtir luxueusement avec beaucoup de bijoux, de fleurs dans les cheveux et d'onguents. Car en plus d'être une hôtesse impeccable, l'épouse saura rester une amante parfaite.

Son rôle diffère un peu lorsqu'elle est épouse principale. Elle veille aux bonnes relations entre les autres épouses et avec son mari. Elle accepte également les enfants et tous les membres de la famille des autres concubines.Paris_Musée_de_l'érotisme_002

Les femmes des autres : Le Kâma Shastra accepte certaines pratiques qui pourraient sembler contraire à l'ordre social (une femme dominatrice en amour, les relations extra-conjugales), ces pratiques existant - et bien que Vâtsyâyana condamne l'adultère - autant le codifier.

Un homme peut s'intéresser à l'épouse d'un autre pour sauvegarder sa propre vie quand il s'aperçoit que son amour pour elle ne cesse d'augmenter. Les degrés d'intensité sont : amour des yeux, attachement à l'esprit, réflexion constante, troubles du sommeil, amincissement du corps, rejet du plaisir et des amusements, absence de pudeur, folie, défaillance, mort.

Pour la rencontrer, il est conseillé qu'il fasse lui-même la démarche au temple, en pélerinage en promenade dans les jardins..... "Sinon, il faut utiliser une entremetteuse". Celle-ci saura par ses paroles et les présents qu'elle apporte faire fléchir la femme mariée ; un rendez-vous clandestin sera ainsi arrangé, le meilleur endroit état "la demeure de la femme elle-même (l'amant) en connait les issues et a réfléchi aux façons d'en sortir".

Des courtisanes : "Couvrant tous leurs membres de bijoux et décorant avec soin leur demeure avec des vases de grand prix, celles qui vivent de leurs charmes parviennent à améliorer leur situation".

Pour la société Indienne, la courtisane a un rôle important c'est pour cette raison que Vâtsyâyana lui consacre un livre entier qu'il débute par des conseils sur le choix de ses amants. La courtisane jettera son dévolu sur un homme riche, célèbre, mais également raffiné, savant, poète et expert en arts.Idéalement, elle s'attache un amant unique et pour cela elle se comporte en épouse exemplaire ! "Elle s'efforce de lui plaire et de l'entourer comme si elle était éprise de lui". "Enjoleuse, attentionnée, elle distrait son amant grâce à son corps et ses dons en particlier le chant et la musique (danseuses et musiciennes appartiennent d'ailleurs à la caste des courtisanes même quand elles ne font pas commerce de leurs charmes). 

courtisane miniature

Mais elle ne donne à son amant que son corps et non son coeur et lui réclame de l'argent : "Sous prétexte de périodes de jeûne, de plantation d'arbres, de donations au temple, de bassins à creuser dans le jardin, des festivités ; elle se fait donner de l'argent en signe d'affection". La courtisane peut parfois renouer avec un ancien amant ou bien prendre des clients occasion.

Pour information : mes sources sont le Kâma Shastra, le Tantrisme, Les lois de Manou Les photos mises sur ce blog m'appartiennent, elles ont été faites au Musée de l'Erotisme à Paris, et chez moi dans ma collection personnelle de miniatures indiennes sur ivoire. Pour toutes copies ou reproductions veuillez svp m'en faire la demande.