Vanakkam

02 août 2017

Jaisalmer

Jaisalmer

Est une ville fortifiée située dans l'Etat du Rajasthan à la limite du Désert du Thar et dernière ville frontière de l'Inde .

C'est une ville construite en pierres de grès jaune, qui lorsque le soleil se couche la fait ressembler à une cité d'or. Elle a été construite en 1156,  par un mahârâwal Rajpout du nom de Rao Jaisal. C'est une ville à dominance indhue. Cette ville était une étape fort importante au temps des caravanes qui convoyaient leurs marchandises entre l'Inde, la Perse, l'Arabie et l'Occident.

Jaisalmer vue des remparts

Toutefois, la création du port de Bombay porta un coup sérieux à sa prospérité et la partition de l'Inde finira par l'achever. En effet, Jaisalmer est bâtie sur une éminence qui surplombe le désert du Thar ce qui permet de surveiller sur une grande distance. Elle est entourée de remparts sur 5 kilomètres. La ville a des projecteurs braqués sur le désert, allumés jour et nuit pour surveiller ce qui se passe juste en face : le Pakistan.

Maisons marchands Jaisalmer

Jaisalmer est une ville fort ancienne qui bien que détruite lors du pillage de Delhi par les Moghols au 13ème siècle a été reconstruite au siècle suivant. Les conflits de 1965 et 1971 avec le Pakistant on mis en évidence la position stratégique de Jaisalmer.

Dames tricotant devant le porche de leur maison

Je l'ai dit, Jaisalmer est une ville ancienne et comme telle a de gros inconvénients, à savoir, elle n'a pas d'égoûts, ni de toilettes et toutes les saletés et déjections se déversent dans les rues ce qui attaquent et rongent les bâtiments. L'Etat s'est ému de cette situation cause de insalubrité, de épidémies et depuis quelques années l'argent du tourisme a permis de créer sinon pour chaque appartement, pour chaque maison des toilettes, des égoûts (bien que ce soit particulièrement difficile en raison du sable et des cailloux qui permettent difficilement d'étayer des parois ou doivent être installer des canalisations), de  restaurer les bâtiments les plus abimés, mais il y a temps à faire et le temps presse car déjà 250 bâtiments historiques ont été partiellement détruit par la mousson de 1993. 

A l'intérieur de la ville donc des remparts, la vie bat son plein. Les rues sont pour la plupart fort étroites et encombrées de marchandises, de chameaux, de vaches, en plus des habitants et de visiteurs. Il y a énormément de guest house en raison d'un nombre conséquent de touristes, de petits restaurants pas cher, d'artisans. On peut y croiser des tribus gitanes qui montrent leurs costumes typiques et leur danse Kalbélia.

Jaisalmer rue animée

Rue emcombrée Jaisalmer

A l'extérieure de la ville une esplanade contient les cénotaphes des Mâhârawals qui ont régné sur cette citée. Le bas des murailles extérieures est comme beaucoup d'endroits en Inde occupé par un immense bidonville peuplée de lépreux dont l'état de dégradations physiques est particulièrement impressionnant...

Cénotaphes Jaisalmer

 

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29 juillet 2017

Alain Defossé

Alain Defossé

Je me suis essayé à faire un portrait moderne de l'écrivain Alain Defossé à présent décédé et avec qui j'avais souvent des contacts sur Facebook. Amoureux de Pondichéry.

Il faisait appel à moi pour lui traduire des messages reçus en Tamil. Il m'avait également demandé de lui trouver un masseur dans la communauté indienne pour soulager ses douleurs, et était venu au Ratha Yatra pour me rencontrer. Il avait également demandé à me voir une fin d'après-midi, comme j'hésitais par prudence, il m'avait proposé de venir avec mon compagnon.

 
Je me rappelle notre premier contact sur Facebook, c'est lui qui en a eu l'initiative, sans doute parce que j'étais indien et que je lui rappelais de bons souvenir de son voyage dans mon pays. Il m'a dit qu'il était écrivain. Comme je ne le connaissais pas ni lui ni ses écrits, je me suis renseigné et ai lu en premier livre :

- L'homme en Habit puis,

- On ne tue pas les gens.

J'avais bien aimé. Maintenant qu'il n'est plu, j'ai honte et je regrette la méfiance que j'ai eu envers lui. Ce qui m'avait frappé chez lui c'était son nez énorme, ainsi que son regard triste et désabusé. Ce portrait est certainement plein d'erreurs, mais je l'ai fait avec mon coeur, en hommage à un homme discret qui est parti de même, comme sil ne voulait pas déranger.

Que nos Dieux vous fassent mille sourires ou que vous soyez et qu'ils prennent votre gentillesse en compte dans votre prochaine réincarnation.

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19 juillet 2017

Les pouvoirs des pierres

Cet article fait suite à celui que j'ai écrit il y a plusieurs mois et intitulé : La tradition des bijoux en Inde. Vous pouvez le retrouver en suivant ce lien :

http://indiangay7.canalblog.com/archives/2012/09/16/25118461.html

Comme je l'ai dit précédemment, les bijoux jouent un rôle fort important en Inde. Tant par leur valeur qui ne se dévalue jamais contrairement à de la monnaie. Par ailleurs, leur beauté concours à affirmer la puissance des rois, des princes et des familles. Dans les anciennes traditions indiennes les pierres précieuses, sont symboliquement associées aux astres et aux planètes. Il leur est attribué de nombreux pouvoirs : prophylactiques et talismaniques. Elles protègent ceux qui les portent. Conjurant le mal et les protégeant de son influence.

Dans la tradition indhue, il y a neuf gemmes sacrées. La combinaison de ces neuf pierres représenteant le microcosme, constitue un talisman protecteur très recherché, désigné par le mot sanskrit Navaratna. Ces pierres auspicieuses sont associées les unes aux autres dans un ordre bien précis avec en principe, au centre : le rubis, autour duquel les autres rayonnent

Bagues ancienne 9 gemmes

 

Bague ancienne 

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Bague joaillerie contemporaine , cette bague appartenait à mon père, à sa mort ma mère me l'a mise au doigt pour me protéger

 

Le diamant  : celui qui le porte est considéré comme invincible, est associé à Vénus. Il est le talisman universel qui protège de toutes les maladies et poisons.

Le rubis : associé au soleil, protège des maladies accidentelles ou naturelles

La topaze ou saphir jaune, est associée à Jupiter

Le chrysobéryl ou oeil de chat, renvoie à Ketu (noeud lunaire sud)

L'émeraude : associée à Mercure, investie de vertus protectrices . La couleur de l'émeraude est liée à la vie éternelle, au mysticisme, à la spiritualité.

La perle  associée à la Lune, est un remède contre lé hémorragies, la jaunisse, les maladies des yeux et l'emploisonnement. Portée par les souverains ou servant de parures aux statues des divinités, les perles avaient une dimension sacrée. Historiquement, les plus belles perles fines proviennent du golfe persique, en particulier de l'Ile de Bahreïn et de Bassora. En Inde, elles se récoltent dans le golfe de Mannar sur la côte de l'ile de Ceylan (Sri-Lanka) et dans le Gujarat. Fort présentes dans la joaillerie moghole, les perles accompagnent sur les bijoux spinelle ou émeraude. Portées en collier, elles symbolisaient la royauté. Du temps des Mahârâjahs, elles dominent aussi les parures.

Le corail ; renvoie à Mars

Le grenat hessonite ou zircon est associé à Rau (noeud lunaire nord)

Les Mahârâjah, les Nawabs, les Rajas n'hésitant pas à les faire piler ant de les ingurgiter en prévention de ce qui pourrait leur arriver.

En inde, certaines gemmes possèdent également un pouvoir politique. Ainsi des spinelles, emblèmes de pouvoirs et symboles de légitimité dynastique. Très prisées du Trésor Impérial, en particulier ceux de teinte rouge ou rose foncé, couleur associées à la dynastie Moghole. Ces gemmes provenaient du Badakhchan (région aujourdhui divisée entre le Tadjikistan et l'Afghanistan).

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Ce spinelle, gravé avec une pointe de diamant, constitue la fort grand majorité des pierres gravées de titulature royale. Cette pratique remonte à la dynastie fondatrice des Timourides, dont les souverains moghols se revendiquaient.

De forme irrégulière, il a été poli afin de lui conserver un maximum de matière. Percé, il pouvait être enfilé en collier ou monté sur des turbans ou des bracelets de haut-de-bras. Les spinelles gravés constituent l'une des principales richesses de l'art moghol puisqu'ils conjuguent beauté des pierres, calligraphie et valeur historique.

Le saphir, ou corydon de couleur bleue était très appréciée à la cour moghole ainsi que dans les sultanats islamiquesdu Deccan

L'agate n'est pas une pierre précieuse, mais une pierre dite dure. Elle se prête fort bien à la gravure et des médaillons en agate sont gravés de magnifiques et délicats portraits de souverains et de leur ranis.

Le jade : apparaît dans l'art moghol à partir du 17ème siècle. En l'absence de gisement en Inde, on se fournissait en Chine. Gemme dynastique et pierre de la victoire, le jade est principalement utilisé pour la fabrication des poignées d'armes d'apparat, parfois pour de la vaisselle et plus rarement dans la joaillerie.

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06 mai 2017

L'Inde sous la peau - de Stéphane Guillerme

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Stéphane Guillerme en amoureux de l'Inde et du tatouage, a travaillé plusieurs années pour ce livre, parcourant le pays en tous sens, nouant de multiples rencontres, photographiant sans relâche. Ouvrir son livre, c'est s'embarquer avec lui, partager ses passions et son humanité, se nourrir d'un fabuleux voyage dont on ne revient pas indemne.

Le tatouage en Inde est probablement millénaire, pratiqué par les premières tribus comme signature clanique, bien avant l'hindouisme. Il est aussi populaire, associé à une ferveur particulièrement visible dans les pélerinages et fêtes religieuses. Le tatouage est enfin urbain, les jeunes, tout comme en Occident, gravant à même leur peau, leur sensibilité et leur goût artistique.

Tatouage tribal, populaire ou urbain, les trois parties du livre proposent un ensembles de 250 photos inédites, chacune issue d'une rencontre, comme nous le restitue l'auteur dans les textes accompagnant les photos.

Pour les amoureux du tatouage et d el'Inde, une invitation au voyage.

Ce livre est édité par : Almora -ISBN : 9 782351 183137 - Broché : 222 pages - Prix : 25 euros

 

Mon avis : Indiangay

On parle de plus en plus de tatouage en Europe, est-un phénomène de mode ? une réelle envie de se démarquer ? un mode de vie ?  ou vouloir faire de son corps une oeuvre d'art ? La question reste ouverte.

Dans toutes les cultures et civilisations, le tatouage a été un moyen de communiquer des informations. Que ce soit sur ses origines, sa religion, son éducation, les coutûmes du pays ou de la région d'où l'on vient. Mon pays d'origine fait parti de ceux-là.

Il s'agit d'un fort beau livre dont toutes les pages sont en couleur avec de nombreux textes explicatifs relatifs au photos publiées et prises dans toutes les régions de l'Inde. J'y ai appris de nombreuses choses dont je ne connaissais ni l'existence, ni la signification.

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02 mai 2017

Entre pudeur et impudeur- compréhension et confiance

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Je ne sais si j'ai bien fait, mais Aliocha m'a demandé plusieurs fois de poser pour lui. En fait, il souhaitait faire de moi une photo nu, en noir et blanc, avec juste une partie du visage et du corps éclairés. Jusqu'ici j'avais toujours refusé. Je trouvais sa demande choquante, car s'il voulait me voir nu, il n'avait qu'à me le demander, même si à brûle pourpoint cela pouvait être embarrassant. Pourquoi vouloir prendre une photo ? sa demande était indécente, et si une fois prise, il l'a mettait en ligne (je ne crois pas que ce soit son genre mais, sait-on jamais ?) quelle honte pour moi, voir ma nudité exposée aux yeux d'étrangers à notre couple, faire l'objet de commentaires quels qu'ils soient. Non c'était impossible, je ne pouvais accéder à sa demande. Nous sommes mariés c'est un fait mais ma nudité, mon corps lui sont réservés.  Sa demande revenait régulièrment et j'ai fini par lui en demander la raison. Il m'a dit que c'était pour faire une photo de nu artistique et la mettre dans notre chambre. Il m'a également promis qu'on ne verrait pas mon intimité, et qu'il n'était absolument pas question que cette photo soit vue par d'autres personnes que notre couple.

Je ne savais pas quoi faire. Je ne voulais pas lui faire de peine, mais l'idée de me mettre nu pour être pris en photo avait quelque chose d'indécent. Pour finir, il m'a proposé de faire un essai. Ca été fort difficile, bien qu'il soit fort attentionné à mon bien être j'avais honte je ne savais plus où ni comment me mettre. C'est mon mari d'accord mais me dévoiler ainsi... Bref, il a mis du chauffage pour que je n'ai pas froid et m'a aidé à prendre la pose sur un fauteuil, mon intimité a été cachée par un plaid drapé négligement et je me suis senti mieux. Il m'a fait voir le résultat, euh.... il a fait plusieurs photos et au fil des clics comme il me parlait en même temps j'étais plus à l'aise et bon c'est vrai que la dernière qu'il a prise est pas mal. Pour ne pas la donner à développer, il va la tirer lui-même sur une imprimante en format A3 et il va acheter un encadrement.

Je me demande comment Aliocha peut encore avoir envie de moi en grand  dans notre chambre. Les murs de celle-ci sont déjà couverts de toiles, de photos de moi, dansant, entouré de la troupe, etc... jusqu'à l'écoeurement, de quoi en avoir la nausée, mais non il faut qu'il en rajoute, décidemment je ne le comprends pas. J'aurais préféré des photos de lui. Il n'y a qu'un portrait en pied que j'ai fait pour un de ses anniversaires, un autre avec sa maman, une photo avec un groupe de russes et une de notre mariage éparpillées dans l'appartement.

Tout ceci pour dire, qu'une autre de mes barrières vient de tomber, après celle de dire mes mantras devant lui au temple, d''être vu nu sous la douche ou dans le bain sans oser lui dire de sortir, de lui montrer mon plaisir lorsqu'il m'honore, de pleurer lorsque l'absence de maman se faire trop forte. Toutes mes pudeurs tombent les unes après les autres. Jusqu'où vais-je devoir aller pour lui montrer ma confiance ??? ou tout cela va-t-il m'entraîner ? Ces barrières étaient une protection, je les gardais en réserve pour me protéger, de quoi ? je ne sais, mais il ne connaissait pas tout de moi j'avais réussi à conserver certains secrets maintenant je suis nu dans tous les sens du terme.

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Notre amour

 

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Il est toujours difficile de parler de l'amour éprouvé pour un être aimé surtout s'il est votre semblable, le plus semblable possible. Mais, je ne vois pas de mot suffisamment fort pour décrire ce qui me lie à mon compagnon. Car ce n'est plus seulement une amitité entre deux hommes, ni non plus qu'une histoire de sexe. Cela va plus loin, beaucoup plus loin. 

Je ne crois pas que j'aurais pu me montrer à nu avec une femme, quand je dis me montrer à nu je parle bien évidemment de pensées, d'opinion, moralement, compte tenu des valeurs qui m'ont été inculquées. La femme étant légèrement inférieure à l'homme, il était de mon devoir, en tant que mâle, de lui assurer toute la protection et le confort nécessaire à son bien être et  par là-même à celui du couple que nous formerions. De ce fait, je n'aurais pu parler librement de certains sujets, évoquer mes soucis, lui confier mes angoisses et/ou ce qui me fait peine. Pas question non plus, dans notre intimité, de me laisser envahir par la passion au détriment d'une affection fidèle et durable qui au fil du temps se transformerait en amour.

Mon compagnon m'a fait m'ouvrir au monde. m'a fait connaitre autre chose que mon univers "indien". Il m'a introduit dans des milieux que je ne soupçonnais pas et qui sans lui m'aurais certainement été fermés pour diverses raisons. il m'a appris à me connaître, à reconnaître les intentions des autres, à m'imposer, me faire respecter en tant qu'indien et homosexuel. Il a été mon copain, mon ami, mon "professeur" même si cela peut être exagéré, mon amant et enfin mon mari. Il ne m'a jamais parlé avec condescendance, ne s'est pas moqué de mes insuffisances tant intellectuelles que sexuelles. Je lui ai appris l'Inde, il m'a fait découvrir son monde : Slave, Orthodoxe, Hassidique. Il m'a appris à regarder mon corps sans honte et m'a accordé sa confiance en me faisant don du sien.

Avec lui je me sens beau, intelligent, et bien sur y compris dans nos moments d'intimité. J'ai appris à lui montrer le plaisir qu'il me donnait, même si au début j'en avais honte. Jusqu'au moment où il m'a fait comprendre, et ou j'ai enfin compris bien des mois plus tard, que montrer mes émotions exacerbaient le plaisir qu'il ressentait en ...et je me dis qu'une telle complicité ne peut exister qu'entre deux hommes. 

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10 mars 2017

Initiation des Chelas

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Cet article est une continuité et complète les précédents, quant à la connaissance et au mode de vie des hijras/aravanis/khotis en Inde. Comme je l'ai précédemment mentionné, les eunuchs occupèrent une place importante dans la société indienne. Les maharajahs et les nawabs les employaient comme garde de leur zenana (appartements des femmes). Castrés, les nobles leur accordaient toute leur confiance pour entourer les femmes. Ils étaient également utilisés comme prostitués de luxe et comme danseurs lors de soirées mondaines.

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Les eunuchs ont tous pour déesse Bahuchara Mala. Certains lui voue leur vie, d'autres sont des devadasis fidèle au culte de Yellamma, d'autre encore commémore le sacrifice d'Aravan. Plusieurs légendes cours à leur sujet : 

Pour les uns dont je fais parti les eunuchs commémorent le sacrifice d'Aravan, voir lien ci-dessous :

http://indiangay7.canalblog.com/archives/2009/10/25/15556327.html.

Pour d'autres, l'histoire raconte que la déesse Bahuchara Mata fut autrefois une princesse qui castra son époux, car il préférait aller dans la forêt pour se travestir et se comporter comme une femme.

Une autre légende, dit encore, qu'un homme qui avait importuné Bahuchara Mata fut d'abord condamné à l'impuissance. Pour obtenir le pardon de la déesse, celle-ci exigera qu'il soit castré habillé de vêtements féminins et passât désormais sa vie à l'honorer.

Ce que ces récits ont tous en commun c'est que les eunuchs doivents être émasculés et représenter la forme féminine, de nos Dieux : Krhisna, Shiva. Rien à voir donc avec des esclaves castrés du Moyen Orient de l'Orient, de l'Asie (Chine) ou de l'Occident, qui eux étaient castrés pour différentes raisons, et encore moins avec les transgenres européens puisqu'au contraire d'eux, non seulement ils n'ont plus leur intimité masculine mais, encore moins féminine leur intimité n'étant pas "reconstruite" par la chirurgie.

Pour le Moyen Orient et l'Orient, il s'agissait d'avoir des eunuchs pour garder et protéger les femmes, leur confier des tâches parfois valorisantes comme confident, vizir, maître des comptes du royaume, voire de l'armée, mais souvent très dangereuses en raison des jalousies et des intrigues de pouvoir. Pour l'Occident, il était indécent que des femmes se produisent sur scène et il s'agissait de transformer des petits garçons en castra pour qu'ils ne muent pas et arrivent à reproduire le fameux contre-ut à l'origine de leur célébrité.

Le Temple de Bahuchara Mata se situe au Gujarat dans l'Inde du Nord, à Shantelhapur et un festival si tient une fois par an qui réunit tous les hijras/aravanis/khotis.

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Pour les hijras faisant parti du culte de yellama, une fête a également lieux une fois par an au temple de Renukha Devi

http://indiangay7.canalblog.com/archives/2011/02/26/20494177.html

http://indiangay7.canalblog.com/archives/2012/08/27/24972975.html

Pour ceux commémorant le sacrifice d'Arvan, une fête annuelle a également lieu une fois par an à Koovogam (Inde du Sud).

http://indiangay7.canalblog.com/archives/2012/08/26/24969948.html 

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Les communautés d'hijras sont dirigées par un gourou ou 7 à 9 chelas (disciples). Le gourou lorsqu'il accepte un chela lui fournit un toit, le protège y compris contre les exactions de la police. En échange, les chelas participent à la vie de la communauté en ramenant de l'argent (car tous se paye), et en participant aux tâches ménagères. Ils travaillent coimme danseurs, donnent leur bénéfiction lors des mariages, des naissances, et malheureusements, beaucoup sont obligés de mendier et de se prostituer depuis la "déposition" des maharajahs et des nawabs, la dislocation des zénanas et des salons de musique par les britanniques.

L'initiation du Chela se fait alors qu'il est encore jeune. Le rituel a lieu dans la mesure du possible au Temple de la déesse Bahuchara Mata. Le disciple s'y rend sous la tutelle d'un membre plus âgé de la communauté. L'émasculation initiatique du chela a lieu  après une période de réflexion pouvant aller jusqu'à plusieurs moi, voire plusieurs années Elle se déroule sour la direction du grand prêtre du Temple.

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L'émasculation peut également avoir lieu dans une maison aux portes closes ou tous se réunissent en habits de fêtes. Elle est toujours exécutées à vif. Certains hijras de la communauté s'occupent du disciple. Après lui avoir fait prendre un bain, l'avoir paré de vêtements féminins rouges (symbole du mariage, de joie), de guirlandes de fleurs et l'avoir assis sur un tabouret au milieu de la pièce, ils chantents en s'accompagnant d'un tabla (petit tambour).

Pendant ce temps, d'autres préparent l'endroit où aura lieu l'intervention. On étale des cendres par terre au milieu de la pièce puis, on les rassemble en tas. Le gourou ou la personne qui doit procéder à l'opération s'approche Les bras et les jambes du disciple sont maintenus fermement, pendant qu'on le distrait. Les organes génitaux enserrés dans un lien sont amputés en bloc au ras du public. On enlève le pénis, les testicules et le scrotum. Cette opération est réalisée dans des conditions très douloureuses. Pratiquée avec un couteau et sans anesthésie (simplement un peu d'alcool et des drogues). On n'arrête pas l'hémorragie, le sang emportant la virilité en coulant. L'initié s'en remet alors totalement à Bahuchara Mata et considérera que s'il survit que la pire perte serait d'être abandonné par la déesse , et non la perte de ses organes génitaux. La faveur de Bahuchara Mata est gagnée par l'abandon complet à sa demande de sacrifice.

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Un fois l'opération terminée on enfonce dans la plaie, une pipette de métal ou de bois pour créer un petit trou qui leur permettra ensuire d'uriner, puis on recouvre la plaie avec des herbes pour aider à la cicatrisation Les plus religieux d'entre-eux devront ensuite s'asseoir sur une pierre tranchante jusqu'à ce que l'anus saigne ; les gouttes de sang sont alors recueillis et les premières règles célébrées.

La plaie est cautérisée à l'huile bouillante et la cicatrisation complète obtenue au bout de 40 jours, est célébrée par une cérémonie en l'honneur de la déesse et marque la renaissace de l'initié. La castration est officiellement interdite depuis 1880 mais est toujours pratiquée en Inde et au Pakistan.

D'autres photos sont disponibles sur ce blog dans l'album initiation des chelas.

Important

Les photos mises pour illustrer cet article font mention de "Donot copy please". En effet, si j'ai marqué celles-ci de cette mention c'est que ce n'est pas moi qui les aient prises. Elles m'ont été prêtées par un ami qui s'occupent de la communauté LGBT en Inde et en particulier des Hijras et Aravanis  : Mr Darvesh Yadavendra Singh. Et je ne souhaite pas que son travail et sa confiance en moi soit trahis par des personnes qui sans vouloir penser à mal s'approprierait lesdites photos. Merci de votre respect et de votre compréhension.

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Les Hijras ou Aravanis

20090508044033_Sri_AravanEn Inde, au Pakistan, au Bengladesh nous avons des Hijras (nom donné dans le Nord de l'Inde) et des Aravanis (nom donné dans le Sud de l'Inde) que la plupart des Européens confondent avec des Transexuelles.

Je dis et redis non, absolument pas. L'origine des hijras/aravanis remonte au Mâhâbhârata qui raconte l'histoire d'une guerre entre les Pândavâs et les Kauravâs. La légende veut qu'à la veille d'une bataille le clan des Pandavas ait consulté un astrologue. Celui-ci leur avait prédit la victoire à condition qu'ils sacrifient un homme parfait.

Il n'y en avait que trois. Krishna - Arjuna, le chef des Pandavas et, son fils Aravan. Les deux premiers étant indispensables, Aravan accepta de se sacrifier, mais exigea auparavant de pouvoir se marier. Aucune femme ne s'étant proposée pour une si brève union, le Dieu Krishna pris une forme féminine pour satisfaire le voeu d'Aravan qui fut décapité le lendemain matin, assurant la victoire de son camps.

Les eunuchs s'identifient à la forme féminine de Krishna et viennent chaque année commémorer cet épisode du Mahâbhârata, par un mariage symbolique dans le temple de Koovagam, dédié au dieu local Koothandavar considéré comme une incarnation d'Aravan
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06 mars 2017

Mandawa

419373_112162528914874_1642724140_nToute les villes indiennes ont leurs particularités. Qu’elles soient à dominance indhue ou musulmane, que ce soit au niveau architectural, du matériau employé, qui est fonction de celui exploité dans la région, de leurs couleurs, de leur ambiance. Du lieu ou elles se situent : Sud de l’Inde, Nord, aux portes du Désert du Thar, et des occupations étrangères qu’elles ont subies et dont-elles ont adoptées certaines influences.

Madawa,  se situe dans l’Etat du Rajasthan, région du Sekhawati, au nord de Jaipur. Cette ville était une étape importante  sur la route des caravanes et a vu son apogée entre le XVIIIème et XVIIIème siècle. Les riches marchands  faisaient du commerce et parfois de la contrebande entre l’Inde du Nord et ce qui est à présent le Pakistan et avaient érigé de splendides demeures, des havelis avec de nombreuses cours intérieures encadrées par les appartements privés, ceux des femmes étant situés dans la dernière cour, la plus éloignée de l’entrée.

 

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Pour des raisons de sécurité toutes ces demeures sont tournées vers l’intérieur, c’est-à-dire que lorsqu’on est à l’extérieur, dans la rue, on ne devine rien de ce qui se trouve derrière les murs. Pour franchir la porte d’entrée, il faut à la fois enjamber le seuil de la porte celui-ci étant surelevé, et se baisser pour ne pas se heurter au  fronton, la porte elle-même étant assez basse. On accède ensuite à un petit vestibule ou une petite pièce, dont le mur se situe face à la porte, avant d’accéder à une première cour,  et de la même façon, toujours avec le même souci de sécurité, on accède à une seconde cour et ainsi de suite, jusqu’à la dernière, réservée au zénana (les appartements des femmes).  Ces mesures de sécurité étaient indispensables et conséquentes, en raison des nombreuses invasions et des guerres entre Etats voisins. 

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La peur de l’ennemi, envahisseurs ou autres était tellement présente que les maisons n’ont pratiquement aucune vue sur l’extérieur, le fait d’enjamber les portes pour entrer dans les maisons permettait à ses habitants de reconnaître s’il s’agissait d’un ami ou d’un ennemi. Ces derniers n’avaient d’ailleurs pas le temps de s’y introduire, ils étaient décapités sur place. Toutes les ruelles de la ville sont étroites, ne laissant passer qu’un chameau, un éléphant ou deux hommes de front. Elles n’ont aucune perspective, donnant toutes sur les murs d’autres demeures bordant les ruelles adjacentes. Cette ville a des allures de labyrinthe, afin de désorienter l’ennemi. 

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Les habitants masculins de cette ville étaient souvent partis pour affaires et leurs épouses restaient seules avec les serviteurs dans les maisons. Lorsque les hommes revenaient, ils racontaient ce qu’ils avaient vu à au cours de leurs voyages à l’intérieur du pays, son évolution, et les nouveautés apportées par les Angrés, comme ils appelaient, les envahisseurs britanniques. Il en a résulté des mosaîques, des fresques sur les murs commandées par les femmes pour illustrer les récits. Ces peintures murales sont magnifiques et réalisées avec une grande précision, une grande virtuosité et des pigments naturels. Il y figure, des Angrés avec des chapeaux hauts et juchés sur des bicyclettes, des femmes dans des calèches, etc.. 

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Malheureusement, de nos jours, Mandawa s’enfonce dans le sable. Les havelis sont laissées à l’abandon ou à la garde de quelques vieux serviteurs. Par manque d’entretien, les demeures tombent en ruine et la ville agonise et meurt lentement mais sûrement. 

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La ville de Mandawa s’est trouvée ruinée et son déclin a commencé lors de la création du port de Bombay (Mumbai nom indien), par les anglais. La route pour le commerce des marchandises étant réputée plus facile, moins dangereuse, et plus sûre. Les riches marchands ont déserté la ville de Mandawa pour s’installer à Bombay.  D’ailleurs, le raja et la rani de Mandawa sont justes venus pour se marier et sont repartis dès les festivités terminées à Bombay ou ils travaillent respectivement dans l’informatique et la banque.

Moi, j’aimerai, bien que je ne sois personne d’important, que cette ville soit classée pour bénéficier d’une réhabilitation, de la création d’un tout à l’égout et de toilettes dans les demeures, ce qui éviterait que les pierres soient abimées par les déjections et la boue qui en résultent dans les rues, car et ce n’est pas à son honneur, Mandawa est fort sale en plus d’être pauvre, mais l’un accompagne souvent l'autre.

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04 janvier 2017

The Color Line - exposition du 04/10/2016 au 15/01/2017

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a lieu au Musée du Quai Branly. Elle a pour thème le rôle joué par l'art dans la quête d'égalité et d'affirmation de l'identité noire, dans l'Amérique de la Ségrégation. Cette exposition rend hommage aux artistes et penseurs africains-américains qui ont contribué, durant près d'un siècle et demi de luttes, à estomper cette "ligne de couleur" discriminatoire.

Si la Guerre de Sécession en 1865 a bien sonné l'abolition de l'esclavage, la ligne de démarcation raciale va encore marquer durablement la société américaine, comme le pressent le militant W.E.B. Du Bois en 1903 dans The Soul of Black Folks. L'exposition  The Color Line revient sur cette période marquante aux Etats Unis à travers l'histoire culturelle de ses artistes noirs, cibles majeures de ces discriminations.

Mon ressenti :

J'étais réticent à aller voir cette exposition pour différentes raisons, mais en fait, je suis enchanté de m'y être rendu. Si cette exposition n'est pas tout à fait ce que j'imaginais, je n'avais pas non plus tout à fait tort, puisque elle retrace le long chemin qu'ont fait les noirs pour leur émancipation, et l'obtention d'une égalité raciale.

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Cette exposition retrace les évènements historiques qui ont parsemé cette émancipation, en passant par la ségrégation raciale, les mouvements racistes, tels le plus célèbre le klux klux klan

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et ses horribles déchainements spontanés d'américains ordinaires hurlant au meurtre, contre des des malheureux n'ayant pas la "chance" d'avoir la bonne couleur. La haine d'une couleur et non d'un état d'esprit, d'une façon de penser et d'être ! C'était cela, puisque aucune forme de communication n'était possible, aucune sauf la violence et l'humiliation d'un peuple envers un autre !

La ségrégation raciale s'est propagée dans toute la société et dans tous les gestes de la vie courante y compris, les robinets d'eau, les bancs publics, les restaurants, les injures et les humiliation étaient "normales" et ne pouvaient en aucun cas donner lieu à réparation.

Les oeuvres exposés sont terriblement expressives. Tels des photos de l'époque montrant en quoi consistait la ségrégation. Des "bois" illustrant des scènes de tortures pratiqués envers des noirs avant d'être lynchés devant une foule hallucinée par la haine, étaient vendus sans problème comme souvenir.  

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 L'intégration des noirs se fit d'abord par le spectacle, la musique et le sport,

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mais restait quand même difficile et marginale. Après la seconde guerre mondiale, ou malgré le racisme ambiant plusieurs milliers d'africain-américain avaient donné leur vie, des actions miliantes d'artistes africain-américain ont fait évoluer l'art et ont contribuer à le familiariser auprès du public.

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Mais l'intérêt de cette exposition hormis les faits historiques, est qu'elle oblige les visiteurs à réfléchir, à se remettre fondatement en question. Enfin moi c'est ce que j'ai fait !  Ainsi que des comparaisons avec ce qui se passe chez moi, en Inde. Pourquoi est-il légitime que par le fait de notre naissance, de notre couleur de peau plus ou moin foncée, nous fassions partie de telle ou telle caste. Comment pouvons nous accepter et défendre ce système, voir y revenir au 21ème siècle ? Pourquoi sommes nous si indifférents au sort de nos frères intouchables qui meurt sur les trottoirs et sommes-nous si fiers, voire pour certains arrogants de notre appartenance à une caste supérieure ?