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Exposition au Musée du Quai Branly du 16/02 au 15/05/2016 

Celle-ci a pour but de nous embarquer pour un voyage initiatique vers cette culture du sacré, au cœur de l’Equateur d’aujourd’hui.  Entre 1000 ans avant Jésus Christ et 500 après. Chez les indiens Chorrera, les Bahia, les Jama-Coaque et les Tolita. Quatre peuples de la côte, frères de ceux de la forêt, les Mayo Chinchipe-Maranon, bien que vivant dans un environnement singulièrement différent. 

L’Equateur est un petit pays d’une diversité impressionnante et bénéficie  d’une succession de quatre paliers écologiques – du niveau zéro de la mer aux plus hauts sommets de la cordillère des Andes en passant par une zone tropicale intermédiaire et la jungle amazonienne -, qui embrasse autant de paysages. La proximité géographique de ces zones à favorisé le contact entre les foyers culturels, instaurant une économie transversale

qui se traduit par l’échange de matières premières : 

1) - Coquille de Spondylus, sel de mine, feuilles de coca, obsidienne et métaux comme l’or et l’argent qui vont devenir des éléments stratégiques dans la constitution d’objets rituels et d’ornements du chamane, symbole de son rang et de son autorité sociale.  

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 2) - Par l’échange de concepts philosophico-religieux qui fondent la base d’une mythologie commune. Celle-ci conçoit le cosmos sur un triple niveau – céleste, souterrain et terrestre – au sein duquel le chamane fait figure d’émissaire. « Un gardien de l’intégrité physique et spirituelle de sa communauté, mais aussi nourricier et passeur de traditions ». Or c’est à ces fins que le chamane détenteur d’un pouvoir sacré, préside les fêtes et cérémonies qui rythment et structurent la vie de la communauté.

Rituels pour la chasse, pour la pluie et les récoltes, pour guérir des maladies, s’en prémunir, rites initiatiques ou sacrifices, le chamane fait figure de pivot entre les mondes et inscrit la communauté dans un cosmos ordonné. 

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 Pour entrer en contact avec le monde des esprits et influencer cet autre plan du réel, le chamane doit atteindre un degré de conscience affranchie de toute pensée ou sentiment. L’ingestion de psychotropes, d’une boisson  fermentée (chicha) ainsi que des liquides aux effets hallucinogènes ou purgatifs lui permet d’accéder à un état de transe propice à la communication avec l’inframonde, ancêtres et esprits de la nature. Ainsi se forge une sagesse fondée sur un savoir empirique dont on retrouve de nos jours les ersatz.

 

Mon avis : Indiangay 

Cette exposition est de toute beauté, fort bien mise en scène et riche tant en explications qu’en objets présentés. 

Je suis toujours friand de cultures indiennes autres que la mienne. Cet art du chamanisme semble se rapprocher de ce qu’on appelle en Europe, des guérisseurs et des rebouteux, qui soulagent selon des méthodes anciennes, par les plantes, les massages, etc.. hormis semble-t-il l’ingestion de boissons hallucinogènes, et des Saora en Inde dont les voyages dans le monde des esprits, se font par l’intermédiaire de la méditation et du chanvre. 

Si j’ai bien compris, l’intercesseur auprès des Dieux est le Chamane investit de pouvoirs divins. En Inde, c’est Lord Ganesh qui intercède auprès des autres Dieux afin que ceux-ci prennent en considération les besoins et désirs des fidèles. 

J’ai beaucoup aimé cette exposition, les pièces présentées sont de véritables œuvres d’art, des petites merveilles de finesse, dont certaines sont particulièrement expressives.

 Chamanes