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Pour tous voyageurs s'étant rendus ou devant se rendre en Inde, le problème de l'hygiène est récurrent (euh sans jeu de mot) et les endroits pour se soulager, difficile à trouver surtout s'ils sont propres.

Alors que notre pays a été le premier à posséder des sanitaires hygiéniques, il y a de cela 4500 ans, reste qu'aujourd'hui, 60 % environ des foyers indiens ne disposent toujours pas de toilettes.

 

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Dans les villes, les toilettes publiques ne sont pas suffisamment nombreuses. Il y a bien les égoûts à ciel ouvert pour les personnes miséreuses vivant sur les trottoirs mais, bon, il est fort courant de voir des hommes uriner le long des murs et transformer ceux-ci en pissotière crasseuse et nauséabonde. En plus du ridicule et de l'indécence s'y ajoute tous les vecteurs de maladies possibles imaginables. Quant aux dames, qu'elles se débrouillent commes elle peuvent.

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A la campagne, les villageois vont, à l'aube, dans les champs munis d'une bouteille d'eau. Car s'il n'y a pas de toilettes, il n'y a évidemment pas de papier. Les gens se lavent à chaque fois qu'ils font leurs besoins (euh, ce qui à mon sens, est plus propre) et s'en vont sans se retourner sur ce qu'ils laissent (d'où également l'explication des toilettes malpropres quand il y en a). Les plus scrupuleux se munissent de sacs en plastique qu'ils utilisent pour déposer leur matière), ce qui fait que les routes, les rues, les champs sont jonchés de ses petits plastiques de toutes les couleurs qu'il suffit de ramasser quand passage de la voiture à ordures.

 

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Certaines villes fort prestigieuses et touristiques ne sont pas encore pourvues de toilettes et de tout à l'égoût : telles les villes anciennes : Jaisalmer, Jodhpur, Ajmer, etc... cet état de fait cause beaucoup de dommages non seulement aux habitants en raison des miasmes qui se répandent dans la ville, mais également de dégâts aux murs de ces mêmes villes.

 

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Dans les temps anciens, et encore à ce jour, il existait (existe) dans les maisons une pièce bien à l'écart, sans fenêtre, munie d'une petite ouverture sur l'extérieure, avec quelques récipients pour les plus soucieux, ou les membres de la famille s'isolent pour faire ce qu'ils ont à y faire. Le lendemain ou quelques jours plus tard, un homme ou une femme de la caste des harijans (intouchables) vient évacuer à la main (souvent sans protection de gants, de chaussure et/ou de masque) ce qui a été laissé là.

Concerné pour son implication dans la salubrité publique de plus d'un milliard d'habitants, de l'hygiène de l'Inde, le Docteur Bindeshwar Patak, grand humaniste social, a ouvert en 1970 ce Musée des Toilettes afin de sensibiliser la population à l'hygiène et au sort des intouchables.

 

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Il faut également le remercier pour avoir intégré dans son entreprise plusieurs milliers d'intouchables jusque là cantonnés à ramasser, sous les regards méprisants, les saletées abandonnées par les castes supérieures

Le musée comporte également une section humour pour initier les enfants à la propreté avec des arguments fort drôles

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