A

Delhi est une mégalopole, comme pratiquement toutes les ville en Inde, de 25 millions d'habitants et quand j'étais encore un petit garçon le métro (créé en mai 1995) n'existait pas encore, ce qui fait que toute la circulation des véhicules, des animaux et des personnes se faisait en surface.

Aussi les accidents de toutes sortes n'étaient (et ne sont toujours) pas rares et les animaux les plus fragiles les victimes. Pour beaucoup d'étrangers, notre pays reste un paradoxe : d'un côté notre système de castes ou la vie et la mort d'un être ou d'un animal considéré comme impur (harijans ou intouchables, les chiens) n'a que peu de place, et de l'autre la protection et la sauvegarde de la nature. 

C

C'est dans cette optique qu'a été créé en 1929 l'hôpital des oiseaux, dans l'enceinte du temple Jaïn du XVème siècle de Digambar, situé dans Old Delhi (le vieux Delhi. La clinique pour oiseaux recueille tous nos amis à plumes victimes de l'urbanisation galopante de Delhi. Ils y sont amenés tous les jours par les habitants de la ville, des Jaïns pour la plupart.

La structure du départ était plus que modeste, mais a fini par acquérir le statut d'une véritable clinique, gérée par la communauté Jaïn (une des branches de l'Indhuisme) et fonctionnent uniquement par les dons que font les visiteurs.

B

Les animaux peuvent y bénéficier de soins personnalisés (médicaments, chirurgie, nourriture). Ils sont soignés dans des cages individuelles et libérés à leur guérison sur le toit de l'hôpital. Le centre peut accueillir jusque 3000 oiseaux de toutes variétés : moineaux, pigeons, perroquets, et quelques faucons. Des accouplements sont également planifiés régulièrement à l'hôpital pour tenter de préserver les espèces en voie de disparition. L'hôpital dispose également d'un service de renseignements téléphonique destinés aux particuliers, afin que ceux-ci puissent prendre soin au mieu de leurs protégés.

Je précise que dans la religion Jaïn toute vie est respectée. Les Jains sont adeptes de la non violence. Végétaliens plus que végétariens, ils portent en permanence un petit masque de coton devant la bouche afin d'éviter d'avaler ne serais-ce qu'un moucheron. Ils sont également munis d'un chasse mousse qu'ils agitente devant leurs pieds chaque fois qu'ils se déplacent pour éviter d'écraser une vie si microscopique soit-elle.