En Inde tout ou presque est sacré, les arbres, les fleurs, les animaux, les rivières et les fleuves.

Le Gange

La plus sacrée et la plus importante de tous est la Gangâ (le Gange). Cette rivière prend sa source au glacier de Gangotrî dans un endroit appelé Gomukh (Le Museau de la Vache) , à 6 600 mètres d’altitude dans l’Himalaya (le temple de Gangotrî, lui, n’est qu’à 3 000 mètres) où il porte le nom de Bhâgiratî. C’est un haut lieu de pèlerinage difficile d’accès. Une fois arrivé en plaine, la Gangâ traverse Hardvâr * puis une immense plaine, recevant divers affluents, comme la Yamunâ autre rivière sacrée et plusieurs autres rivières mineures. A Allâhâbâd, en un lieu du nom de Prayag, se trouve le confluent  (Sangam) du Gange, de la Yamunâ et de la Saraswati, rivière mythique citée dans les écritures.

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Plus en aval, le cours de la Gangâ se poursuit en traversant paresseusement Vârânasî dont le nom ancien était Kâshi, et que les européens connaissent sous le nom de Bénarès), la ville de Lord Shiva. Puis elle se jette dans le golfe du Bengale en formant un important delta (les Sundarbans) où elle se mêle au Brahmapoutre. Une branche du delta forme la Hûgli qui arrose Kolkota (Calculta).

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Etant la plus sacrée de nos rivières la Gangâ attire nombre de pèlerins qui viennent se plonger rituellement dans ses eaux et pratiquer la méditation sur ses rives. En effet, l’immersion dans la Gangâ purifie les fidèles, qui pratiquent quotidiennement ce rituel matinal. A Har-ki- Pauri, les pèlerins vénèrent la Gangâ comme leur sainte mère et le bain lave toute faute. Au lever du soleil, des centaines de fidèles assistent à la cérémonie de l’arti, offrande du feu. Par ailleurs, on vient de toute l’Inde pour mourir à Vârânâsi ; Pour avoir la chance d’échapper aux cycles des réincarnations ou, bien de connaître une vie meilleure dans sa prochaine vie.

*  Petites précisions : En fait, Hardvâr est le premier point de départ pour les pèlerinages himalayens. Cette cité constitue la porte d’accès aux lieux sacrés de Kédârnath, Badrinâth, Yamnatrî et Gangotrî.

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La crémation des corps se fait sur les ghats de Manikarnika et de Harishchandra. C’est une activité qui ne connait pas de répit. Mais, qui revient fort chère et pour la nature car le bois arrive tous les jours et à toutes heures de toutes les régions de l’Inde, mais également pour les familles. Or le dénuement de certaines font que les corps ne sont pas incinérés, mais simplement enveloppés et envoyés ainsi sur le fleuve, attirant les charognards (vautours, corbeaux et crocodiles), et ce qui n’est pas consommé pourrit, ajoutant un peu plus de pollution, à celle qui existe déjà.

La légende, dit que Brâhmâ collecta la sueur des pieds de Vishnou pour créer la Gangâ. Quelques temps plus tard, un roi d’Ayodhya, ancêtre de Râma, du nom de Sagar, obtint par magie 60 000 mille fils en ayant pratiqué cent fois le puissant sacrifice du cheval, l’Ashvamedha. Lors de la dernière cérémonie, le cheval qui devait être sacrifié aux Dieux fut volé par le Dieu Indra, jaloux des succès de Sagar. Il le cacha dans l’Ashram de Kapila, un Rishi (homme sage) à la forte personnalité.

Ne retrouvant pas le cheval, Sagar envoya tous ses fils à sa recherche ; Ils finirent par le retrouver dans la maison de Kapila et l’accusèrent donc du vol. Kapila qui était en méditation profonde, e sortit et furieux de ce trouble injustifié, réduisit les 60 000 fils de Sagar en cendre d’un seul regard. Les fantômes de ces malheureux se mirent alors à errer sur la terre car leurs rites funéraires n’avaient pas été accomplis.

Lord Shiva

Bhagiratha, un des descendants de Sagar, apprit le destin de ses ancêtres. Il fit le vœu de faire descendre Gangâ sur terre car elle seule pourrait retrouver les cendres des fils de Sagar et les expédier, de son flot puissant, vers les cieux. Bhâgirathâ pria.  Brâhmâ accéda à sa demande et ordonna à Gangâ de s’exécuter. Mais Gangâ estima qu’on la sous-estimait pour lui demander ce genre de tâche et décida donc de balayer la terre entière.

Alarmé, Bhâgirathâ pria Shiva de briser la force du flot torrentueux de Ganga qui chuta avec une puissance inouïe sur la tête de Shiva, mais le Dieu l’emprisonna dans sa chevelure, ce qui lui vaut le nom de Gangâdhara (porteur de Gangâ) et elle en ressortit assagie.

 

La déesse : Gangâ est la déesse de la rivière Gangâ (le Gange) et la seconde épouse de Lord Shiva qui la porte dans sa chevelure. Elle est parfois appelée Bhagîrathî, descendante de Bhagîrathâ, car c’est grâce aux ascèses de ce Rishi (homme sage) qu’elle descendit sur terre afin de purifier les êtres de leurs fautes.

La déesse Gangâ est une ravissante jeune femme se tenant devout sur son véhicule (vâhana), le Makara qui est une créature aquatique mythique que l'on interprête parfois gavial du Gange. C'est un animal avec une petite trompe comme un éléphant de mer, avec la dentition d'un crocodile et une queue de poisson. 

Déesse ganga