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Le musée Guimet propose une retrospective sur 2000 ans de théâtre en Asie (15/04 au 31/08/2015). Bien que cette rétrospective, englobe : l'Asie méridionale : Inde - Asie du Sud Est : Cambodge, Laos, Thaïlande - l'Extrême Orient : Chine et Japon . Le sujet étant vaste et moi un peu chauvin, je vais me centrer sur l'Inde, ce blog lui étant consacré en priorité.

L'exposition s'articule sur la mise en scène de grandes épopées indiennes, telles le Mahabbarata et le Ramayana, l'une comme l'autre ont composé l'imaginaire indien et ont été le vecteur de la civilisation indienne à travers le monde asiatique. Toutefois, elles se distinguent des épopées occidentales par leur dimension religieuse plus forte. Leur composition marque une étape fondamentale dans l'évolution de l'indhuisme en plaçant la dévotion au coeur de la spiritualité.

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Transmises oralement avant d'être mises par écrit en sanskrit, ces deux épopées ont été diffusées très rapidement et de manière très étendue. Dès le Vème siècle, une inscription trouvée dans le sud du Laos, indique que le Mahabbarata était déjà populaire.

Mais si ces textes en sanskrit se sont perpétués fidèlement jusqu'à nos jours, ils ont connu également de multiples adaptations et réécritures, en sanskrit mais également en tamil, bengali, telugu, hindi, etc..voir en Extrème-Orient. Dans certains cas, ces adaptations ont conduit à insérer un récit foncièrement indhu dans un cadre bouddhique. Au-delà des versions littéraires innombrables, ils ont également été déclinés à l'infini pour les arts de la scène : théâtre, dance, deux genres qui ne se distinguent pas toujours clairement l'un de l'autre en Inde.

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C'est à partir du Natyashrastra (Traité de la danse) écrit par Bharata aux environs de 400 avant J.C. exposant les fondements de jeu du théâtre indien, que se sont construits les codes et le canevas de la mise en scène et de la gestuelle des arts dramatiques indiens. Si le théâtre classique s'est progressivement éteint le visage stylisé de l'acteur avec ou sans masque, s'est perpétué avec les théâtres dansé de l'Inde du Sud, notamment le Kutiyattam et le Kathakali au Kérala dans une forme de filiation, même si la danse et le mime y occupent une grande place. Le point commun du Kathakali avec, les théâtres ¨Nô et Kabuki c'est que tous les rôles mêmes féminins sont interprétés par des hommes, car il était mal vu qu'une femme se montre sur scène.

Le théâtre indien épique doit permettre aux spectateur de s'identifier aux personnages dans leur vie quotidienne avec cette dualité entre le bien et le mal que l'on retrouve dans tous les grands textes indiens. Il s'agit de rejouer à l'infini le Ramanaya et le Mahabbarata, mythes fondateurs de l'indhuisme. Tous ceux qui ne lisaient pas le sanskrit assistaient à des représentations théâtre pour comprendre ces grands mythes. Les valeurs morales de notre société qui y sont véhiculées ont été reprises par le cinéma à la suite du théâtre. 

En Asie, je le répète, le théâtre peut être joué, mimé, dansé ou animé. Les acteurs peuvent être masqués ou maquillés : leur costume est chargé de symboles et d'histoires, parfois sobre, parfois richement décoré, assorti de parures qui permettent aux spectateurs  d'identifier immédiatement le personnage.

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Le masque, autrefois incarnation des Dieux, est une oeuvre d'art à part entière qui détermine toute une gamme de sentiments qu'il revient à l'acteur de faire partager au public. Le masque est un portrait de l'âme, une enveloppe extérieure reflétant à la perfection et avec sensibilité la vie antérieure. En portant un masque l'acteur revêt une partie de la personnalité du Dieu ou de la personne qu'il joue et matérialise donc son pouvoir.

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En Inde, comme dans d'autres parties de l'Asie Il existe également d'importants spectacles de marionnettes et des théâtres d'ombre retraçant les grandes épopées.  L'acteur disparait parfois complètement au profit de marionnettes, articulées ou de simples silhouettes découpées dans du cuir dont les spectateurs ne voient que les ombres projetées.

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