kamathipura

Comme partout dans le monde, la prostitution est omniprésente visible ou invisible, tolérée ou réprimée, synonyme de misère sexuelle pour une grande part ou un moyen de faire déniaiser par des professionnelles des jeunes gens avant le mariage. Elle est là, elle existe, mais je crois que seule l'Inde, l'a élevée à  ce niveau, du plus bas matérialisme au plus haut de l'hypocrisie, avec la religiosité.

Dans cet article, je vais vous parler de la plus basse des conditions. Dans toutes les grandes villes en Inde, il existe des quartiers chauds, Sonagachi à Calcutta par exemple, etc... mais le plus grand quartier "chaud" connu dans notre pays, celui ou l'on vient de toutes les parties du monde, ou tous les vieux routiers du sexe se retrouvent, ou l'on vient également par curiosité (les touristes), photographier pour apitoyer ou pour montrer la perversité des indiens, c'est à Mumbay (Bombay) le quartier de Kamathipura. Non que les femmes qui s'y trouvent soient plus jeunes, plus belles, plus expérimentées qu'ailleurs, simplement que c'est le quartier le plus grand qui se situe en plein centre ville.

Ce quartier situé à l'Ouest de Mumbay a été construit par les Britanniques et était considéré comme "zone de confort" pour leurs troupes. Echappant à toutes les lois, ce quartier concentre à lui seul environ 100 000 travailleuses du sexe, et ce malheureusement dans des conditions effroyables d'hygiène, de promiscuité et de la violence de certains clients qu'elles ne peuvent refuser. Nous sommes dans les "bas-fonds" de la prostitution.

Les jeunes femmes et parfois, très jeunes filles qui le peuplent viennent de tous les Etats de l'Inde, mais également du Bengladesh, et très souvent du Népal. Nées dans des familles très pauvres, de paysans déclassés, elles ont été vendues par un proche parent ou par leur propre famille terrorisée à l'idée d'avoir un jour à payer une dot pour les marier (surtout s'il y a d'autres filles dans la même famille)), attirées à la ville par des rabatteurs qui leur promettaient un emploi de domestique.

DSC_4577

Elles sont enfermées dans des maisons closes ou comme le nom l'indique, elles ne sortent pas. Elles sont battues, violées, privées de nourritures jusqu'à ce qu'elles acceptent leur sort. Leur lieu de travail sont de petites alcoves ou elles ne peuvent se tenir que couchées voire assises, par manque de hauteur sous plafond et parce que leur rôle est d'être "couchées". Meublée d'un matelas loin d'être propre, et séparées entre elles par des planches. Elles se doivent d'être disponibles tant qu'il y a des clients, ce qui veut dire, surtout si elles sont jeunes, une quarantaine par jour. La moyenne raisonnable pour elles se situant en 15 et 18 clients par jour.

Les plus anciennes exercent directement dans la rue. Elles invitent le client dans une de leur alcove, qui donne directement sur la rue, fermée par un rideau lorsqu'elle est occupée, et ouvert lorsque elle est disponible. Elles trompent leur attente du client en bavardant avec des collègues ou en s'occupant de leurs enfants.

Car oui, les moyens de contraception sont aléatoires. L'utilisation de la pilule est parfois mal comprise, mal maîtrisée. Le préservatif est proposé mais non utilisé si refus du client d'où les nombreux enfants qui vous courent entre les jambes (sans compter les maladies du sexe). Les filles qui naissent seront gardées par la matriarche, et une fois nubiles, perpétueront la profession de leur mère. Les garçons sont le plus souvent abandonnés. En cas de maladie, et si la matriarche est "gentille", elles seront renvoyées dans leur famille avec un peu d'or, au pire, jetées à la rue quand ce n'est pas sur un tas d'ordures.

Depuis quelques années les prix de l'immobilier menace ce quartier chargé d'histoires et source de trafics en tout genre et surtout humain. Certains se demandent s'il ne vaudrait pas mieux le raser et construire en lieu et place des immeubles de bureaux ? La question reste ouverte.

C'est un des contrastes de l'Inde ou la femme est à la fois vénérée et méprisée, déconsidérée. Nous voguons entre la pudibonderie la plus extrême et le vice le plus éhonté. Par ailleurs, nous sommes loin des revendications des prostituées européennes et de leur volonté à faire reconnaître  l'exercice d'un métier qu'elles disent avoir choisi en toute connaissance de causes....!

Ce dont je parle là, est de de la prostitution moderne et sans faux semblant. A ne pas confondre avec les Devadasis (femmes) et le Yogappa (garçons) dévôtes (ts) du culte de Yellamma qui étaient rattachées (és) à un temple et que l'évolution de la vie moderne ont plus ou moins transformées (és) en prostituées (és) voir lien ci- après ;

http://indiangay7.canalblog.com/archives/2011/02/26/20494232.html

A ne pas confondre non plus avec les Courtisanes qui dans les temps anciens avaient pignon sur rue, et se devaient d'être cultivées, savoir chanter, danser, jouer de la musique, composer des poésies et connaître les secrets de l'art de l'amour. Elles évoluaient à la cour des Mâhârajah des Nawabs, et dans ce qu'on appelait des Salons de Musique, fréquentés par des hommes de hautes conditions et leurs talents étaient récompensés par des bijoux et des joyaux.