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Cette ville fait partie des lieux emblématiques de l'Inde. Son âge d'or se situe au : 18ème et 19ème siècle.

Il commence à l’avènement au pouvoir de Shuja al-Daula en 1754 jusqu’à la destitution du dernier nawab de Lucknow en 1856, qui fut suivie par la Révole des Cipayes en 1857 et de sa brutale répression par la compagnie anglaise des Indes Orientales.

En 1739 de graves troubles secouent Delhi. Mise à sac la grande capitale Moghole est envahie par Nadir Shah. La splendeur de l’Empire Moghol est ébranlée. Hommes de lettre, artistes, poètes, musiciens trouvent asile dans une cour réputée tolérante et ouverte : Lucknow, la capitale de la province d’Awadh (aujourd’hui située dans l’Etat de l’Utttar Pradesh). L’afflux massif de cette intelligentsia va nourrir de son savoir la culture légère de la ville et y faire école une art de vivre d’un extrême raffinement.

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La présence de ses courtisanes rompues à tous les arts, le développement d’une tradition musicale et de la danse kathak sans oublier l’emploi de l’Ourdou (écrite en caractères arabo-persans), vont donner ses lettres de noblesse à Lucknow et la hisser en capitale de la civilité et de la courtoisie.

Muslims Shiites originaires d’Iran, les nababs étaient des souverains très tolérants. Sous leur règne, les communautés muslims et indhues cohabitèrent harmonieusement. Grands mécènes, collectionnant des peintures et des manuscrits de l’époque Moghole, ces princes se plaçaient dans la ligne culturelle du grand modèle impérial. Toutefois, leur émancipation politique sera de courte durée. Passée complètement sous la tutelle britannique, leur autorité devient, de plus en plus éphémère. La destitution de Wajid Ali Shah, souverain poète qui aimait danser la geste de Krishna au milieu de ses nombreuses concubines, devait sonner la fin de ce monde.

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Si elle provient de la culture moghole classique telle qu’elle s’est épanouie à Delhi et Agra, la vie culturelle de Lucknow est le fruit d’un métissage harmonieux. La composante européenne y était très importante : Ingénieurs, soldats, aventuriers en quête d’exotisme et de fortune, également des artistes, des poètes ont fait carrière à Lucknow. Reçus et appréciés à la cour des nababs, ils apportaient avec eux, leurs manière et leur art de vivre, mais aussi des objets d’Europe, qu’on avait pas l’habitude de voir : miroirs, pendules, meubles et lustres eurent bientôt leur place dans les plus beaux palais de la ville.

Pour anecdote, les boules de couleurs de différentes grosseurs que les européens accrochaient au sapin de noël ont eu tellement de succès que dans de nombreux palais indiens on les trouve accrochées au plafond ce qui donne un effet aussi curieux que saisissant, encore aujourd‘hui.

Reste que l’héritage culturel des Grands Moghols à la cour de Lucknow est conséquent. Une magnifique et gracieuse architecture, des manuscrits, des miniatures, des bijoux, des textiles, des costumes, ainsi que les « émaux bleus » qui ont fait la gloire de Lucknow.

Malheureusement tout à une fin et la guerre des Cipayes mit fin à cette période faste, mais ça c’est une autre histoire que je vous raconterais ultérieurement.

Lucknow

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