Le kalamkari est un art pictural traditionnel de l'Inde du Sud. Il consiste à dessiner des motifs sur une toile de coton puis à les colorier à l'aide de colorants végétaux.

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Cet art remonte au Moyen-Age, l'exportation des kalamkaris en Europe était florissante au XVIIème siècle. La mode des "indiennes" permettait de remplacer à bon compte les soieries et brocards inabordables pour l'habillement et la décoration. Les "indiennes" ont souffert de l'industrialisation des textiles aux XIXème siècle.

Ce métier, est aujourd'hui en voie de disparition en raison de l'archaïsme de sa fabrication. Néanmoins, certains atelier le pratiquent encore dans l'Andhra Pradesh (côte Est de l'Inde). Le dessin est réalisé avec un kalam (baguette de bambou effilée munie d'un tortillon de cheveux ou de coton qui sert de réservoir).

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Chaque trait, chaque couleur nécessite des interventions multiples. Le temps ne compte pas, et la fabrication d'un kalamkari de taille moyenne demande environ un mois. Cernés de noir ou de rouge, les motifs sont faits d'à-plats de couleur vive qui donnent une grande intensité à l'ensemble. Chaque kalamkari est une pièce unique.

 

Les sujets du kalamkari :

Autrefois, les conteurs illustraient les grandes épopées de la mythologie indienne en déroulant devant le public des images peintres sur une toile. Des tentures murales racontaient aussi des puranas (histoires sacrées) sur les murs des temples.

l'Atelier Kavali suit cette tradition en peignant les dieux et déesses les plus honorés : Shiva et Vishnou, Krishna, Lakshmi et Ganesh, ainsi que les éros des légendes sacrés.

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D'autres images mettent en scène des musiciennes et des danseuses, des cortèges, des rêveries dans les jardins des palais, inspirées de miniatures ou d'oeuvre d'art.

En contrepoint, les ouvrières aiment illustrer des scènes de la vie rurale : les labours, la moisson, ou le retour du marché, la fête (Pongal) et les petits métiers : le pêcheur, le potier ou la famille des vanniers.

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Les animaux sont aussi représentés : buffles, éléphants et toutes sortes d'oiseaux dont le paon, oiseau royal et animal mythique de l'Inde.

Kalamkari paon

Les motifs floraux sont très présents pour leur côté décoratif, mas aussi leur aspect symbolique : l'arbre de vie sous de multiples formes. Avec le paon et le cyprès, ils s'inspirent des décors islamiques et persans.

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Certains panneaux semblent purement décoratifs, mais eux aussi sont chargés d'une signification spirituelle apparentée à celle des Kolams, décors de la maison qui ont aussi un caractère religieux, et les mandalas comme au Tibet.

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Certaines ouvrières de religion catholique aiment représenter des scènes de l'Ancien ou du Nouveau testament, dans un style inimitable inspiré par une imagination fervente.

Le kalamkari est presque toujours encadré d'une bordure de fleurs ou de motifs qui demandent beaucoup de soin. Le style des toiles est varié, selon le modèle dont s'inspirent les femmes. Non dénué d'une sorte de naïveté, il est parfoir extrêmement charge ou au contraire assez dépouillé, mais l'Inde du Sud y est toujours reconnaissable, par les attitudes ou les expressions des personnages, mais surtout par l'exubérance des couleurs choisies par celle qui réalise le kalamkari, choix qui est l'expression de sa personnalité, gaie, chaleureuse et festive.

oiseaux

 

Un savoir-faire :

La technique : 

Le tissu de coton est lavé, pour éliminer son apprêt. Il est ensuite plongé dans un bain de karakaï mordant qui permet à l'encre de pénétrer dans les fibres du tissu et lui donne une couleur brunâtre.

Ce bain est constitué de noix de karakaï séchée pilée et mélangée à du lait de bufflonne. Le dessin du motif est tracé sur du papier puis reporté au crayon sur la toiles à l'aide d'un calque.

Avec le kalam les traits sont repassés à l'encre noire. On peut alors appliquer les couleurs en commançant par le jaune. La toile est lavée après chaque couleur. Avant d'appliquer le fond, les surfaces déjà peintes sont protégées par une résine épaisse, le fuma banka pour éviter le mélange des couleurs. Le kalamkari est lavé une dernière fois et tous les traits sont repassés à l'encre noire.

imagesCAGS6O0RLes colorants :

Souvent extraites de plantes ou de minéraux, les couleurs sont rarement synthétiques.

Le noir : est obtenu par macération à l'obscurité pendant 6 mois de caramel, mâchefer et morceaux de fer.

Le jaune : est extrait des fleurs de myrobalam ou d'écorce de grenadier.

Le rouge :  est obtenu par dissolution dans l'eau bouillante de poudres de pobbaku, cheval-likodi et surrudachakla.

Le vert : est un mélange de feuilles vertes macéré dans la soude, lavé au paktika pour faire obtenir la nuance désirée.

Le bleu : indigo en poudre ou bleu de Bengale ou bleu d'outremer.

Le orange et le violet : sont obtenus par mélange des couleurs primaires.

 

Arbre de vie oiseau

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