Les Mahu :

retrato-de-un-mahu-en-la-polinesia-20933sont ce que l’on pourrait considérer des femmes prisonnières dans un corps d’hommes. Depuis plusieurs générations les Mahus ne se reconnaissent ni en tant qu’homme, ni en tant que femme. Ce sont des êtres efféminés qui ont adopté des activités de femmes mais qui, contrairement au Rae Rae ne sont pas définis par leur activité sexuelle qui reste du domaine du privé. Les Mahu n’ont rien à voir avec les travestis occidentaux. Ils font tellement partis du décor qu’ils passent dans l’indifférence générale.

Au temps de la découverte des îles Polynésiennes, les seuls hommes efféminés que les occidentaux connaissaient étaient les eunuchs de l’Inde. Pour un Européen, il était inconcevable qu’une société dite primitive puisse développer de telles pratiques.

Toutefois, toutes les sociétés n’ont pas une conception rigide de ce qui est acceptable socialement, de ce qui est typiquement féminin ou masculin. De nombreuses cultures dites primitives possèdent une plus grande tolérance envers ce qui est l’atypique des hommes efféminés. Les garçons d’allure androgyne n’assumaient pas les rôles conventionnels attribués aux hommes. Leur position variaient d’une société à l’autre ; ces adolescents distincts des autres, étaient acceptés et faisaient même l’objet d’attentions particulières. Non seulement on leur offrait une place sécurisante dans la société, mais ils avaient quelquefois le privilège d’assumer un rôle sacré.

Les Mahus ont toujours été présents dans l’histoire de la Polynésie. Ils s’inscrivent dans une stucture sociale organisée en fonction de règles bien précises et admises par tous. Mahu est une expression ancienne qui désigne les hommes efféminés de Tahiti.

Malgré une différenciation coutumière homme-femme très marquée, la société Tahitienne reconnait le genre spécifique des Mahu.  Pour mieux comprendre leur histoire en tenant compte des stuctures sociales au sein desquelles ils vivaient et non en les marginalisant. Vous devez vous défaire de vos préjugés d’Occidentaux et accepter le fait, que lorsqu’une société reconnait ses «homosexuels», elle les intègre dans son système.

A l’adolescence, dès que leur comportement efféminé était perçu, les Mahu recevaient une initiation différente : pas d’épreuves physiques, pas de guerre, ni de chasse pour eux. Les femmes leur inculquaient la féminités, les anciens Mahu, la pratique des hommes.

imagesCAAZW39YUne fois adultes, ils observaient les mêmes règles que les femmes. Ils mangeaient à l’écart des hommes. Ils participaient aux travaux collectifs qui incombaient aux femmes. Ils s’habillaient, chantaient et dansaient avec elles. Assumant les tâches manuelles de ce sexe, il s’occupaient des enfants, des tâches du foyer, intervenant uniquement dans la vie domestique. Tenu à l’écart de la religion et de la politique, les Mahu n’avaient aucun droit, mais avaient toutefois une vie relativement protégée.

A l’égal des femmes considérées comme impures, ils n’étaient jamais sacrifiés aux Dieux.  Aux Marquises, ils se faisaient tatouer comme les femmes, sur les chevilles et parfois sur les jambes. Les Mahu de Tahiti s’occupaient de l’enseignement de la danse et de l’organisation des festivités.

Ils avaient surtout des relations sexuelles avec les garçons adolescents. Ceux-ci, une fois circoncis disposaient librement de leur corps jusqu’à l’âge des fiançailles. Le jeu favori des garçons qui ne pensaient qu’au plaisir était de courir les filles. Mais comme ils ne trouvaient pas toujours de filles disponibles, c’est là qu’intervenaient les Mahu. En l’absence de partenaire féminin les filles étant beaucoup plus rare que les garçons (en cause l’infanticide consenti pour avoir plus de guerriers, de marins et de bras).

imagesCARR90ELAujourd’hui, malgré l’interdit des églises, cette pratique persiste mais avec une discrétion qui ne peut nuire à la réputation des garçons. Les Mahu ne pratiquent pas l’homosexualité comme le conçoivent les occidentaux. Il n’existe aucun sentiment de culpabilité. Ce type de rapport étant parfaitement reconnu par la morale naturelle.

Entre Mahu aucune relation sexuelle avec des femmes, uniquement par faiblesse pour leur beautéet/ou,  pour «rendre service». Le rapport sexuel avec des hommes était fortuit et consistait essentiellement en une fellation. Le Mahu à l’issu de la jouissance du partenaire recrachait la semence. Quelquefois, il avalait car d’après les croyances le sperme transmettait la force et la vitalité de l’homme. Le ou les partenaires une fois satisfait chacun repartait à ses occupations. Les sentiments n’existaient pas dans ces contacts rapides. Il semble que les Mahu ne s’adonnaient pas à la sodomie et paraissaient choqués lorsque les premiers voyageurs leur décrivaient cet acte. Ce type de rapport serait apparu avec l’arrivée des premiers homosexuels européens.

L’origine des Mahus

D’après  Bruno Seura Ethnologue universitaire à Papeete)  leur origine viendrait peut être d’une croyance liée aux menstrues des femmes. A cause de leur impureté, une fois par mois, elles ne pouvaient ni toucher la nourriture, ni entrer dans le faré (habitation polynésienne). Elles devaient donc être remplacées dans leur rôle de maîtresse de maison.

Les hommes eurent alors l’idée de transformer l’un des leurs en «demi-féminin» afin qu’il assume les tâches ménagères des femmes. Ca devait être un personnage asexué, sans attirance pour les femmes, pour éviter tout risque adultérin.

A défaut d’une véritable étude sur le sujet, les hypothèses sur les Mahus se bousculent.

Une autre explication réside peut être dans les guerres tribales : Les vainqueurs massacrant les hommes des tribus vaincus, les femmes déguisaient leurs fils en petites filles. Les vainqueurs n’y voyaient que du feu, et à la puberté, le Mahus avait pour mission de reproduire la tribu.

Aujourd’hui, il n’y a plus ni impureté, ni guerre mais le Mahu est resté. En Polynésie c’est la nature qui domine et il n’y a pas de honte à la laisser faire.

 

Les Rae Rae :

RaeRaePourraient se définir comme des hommes se sentant femmes et décident donc de s’habiller et de se comporter comme telles. Ils sont considérés par certaines personnes comme du troisième sexe.

A ce jour être Rae Rae à Tahiti c’est surtout faire attentention à son paraître et séduire. Les Rae Rae prennent des hormones et se font parfois opérer afin d’obtenir une réassignation d’identité. Elles cultivent leur look afin de ressembler à des femmes, mais pas à n’importe qu’elle femme, une femme ultra sophistiquée. Elles sont surnommées les reine de la nuit, ce qui veut tout dire…

Les Rae Rae sont définies surtout par leur activité sexuelle dont malheureusement la prostitution fait partie.