085

Dimanche 28/08/2011, nous avons assisté comme toutes les années depuis que je vis en France à la Fête du Dieu Ganesh. Pour l'occasion et honorer nos Dieux, mon compagnon m'a offert un magnifique dhoti tout neuf. Il faut dire qu'avec le cassage des noix de coco, je reviens toujours en piteux état comme les taches ne partent pas au lavage, ça lui permet de m'offrir une nouvelle tenue tous les ans.

040

Nous sommes arrivés pour la pooja du matin, et nous avons assité aux préparatifs relatifs à la sortie des divinités du temple. Le mise en condition de recueillement des pénitents et des femmes portant les brûlots de camphre sur la tête pour purifier le chemin du Dieu et des fidèles. Cette année je n'ai pas tiré le char m'étant blessé au bras gauche. Je me suis contenté de marcher dans les pas du Seigneur Ganesh et de tenir la corde sacrée. Par contre, contrairement à mon habitude, je n'avais pas mis de chemise sur mon dhoti voulant ne faire qu'un avec mes frères tamouls. Mon front portait le vapooti (pour marquer mon appartenance au peuple Tamoul (cendre et bouse de vase séchées réduites en poudre), le santal pour porter chance et le tilak en signe d'appartenance religieuse en tant qu'indhu. Ca faisait beaucoup de couleur et de symbol mais je tenais à ce que Ganesh fasse l'intercesseur auprès des autres dieux afins que les uns et les autres posent un regard bienveillant sur notre couple et nous accorde leurs bienfaits.

144

Bien que ce défilé traditionnel se déroule en pays d'accueil, je me sentais transporter, comme j'aurais pu l'être sur notre terre mère. A... avait quant à lui revêtu un penjabi de soie beige ce qui pour un européen était très confortable et surtout très discret. Ce que j'apprécie chez lui, c'est qu'il respecte ma religion. Qu'il n'essaie pas de m'imposer la sienne ni sa vision des choses. Qu'il croit ou ne croit pas, il me laisse libre de mes choix et me fait l'honneur de m'accompagner en tant qu'époux. De son côté, il m'emmène dans les synagogues, les églises orthodoxes et me présentent aux personnes qu'il connait, sans honte, ni gêne.

100Le défilé partait à 11 h du temple Sri manika Alayam puis, comme à l'accoutumé empruntait le quartier indien : rue du Faubourg St Denis puis, passait par la rue Ordener, le boulevard de la chapelle, pour revenir à son point de départ. Durée du défilé 3 h environ. Chaque commerçant pour s'attirer les faveurs du Dieu des commerçants et des voyageurs, avait disposé un petit autel devant leur porte, composé d'une lampe à huile, de noix de coco, de banane, de feuilles et de chiques de bétel, d'encens, de vapooti, de santal et de tilak. Certains avaient même dessiné des rangolis et invitaient les dévôts à marcher dessus pour que la chance entre avec eux. Ils offraient aux fidèles participants au défilé, et ce peu important leur origine sociale, religieuse ou ethnique, des barquettes de nourriture (riz, avec des raisins et des noix de cajoux) des boissons (lassi à la mangue, bouteilles d'eau, de jus de fruit et boissons à la menthe très sucrée pour avoir de l'énergie). Car comme je ne le répèterais jamais assez, s'il est important et agréable de recevoir, il en est de même de donner.

Comme je voulais marcher dans le chemin du char de Ganesh, il fallait que par respect, nous enlevions nos chaussures. Ce que nous avons fait. A... avait un sac dans lequel nos sandales ont trouvé leur place et j'ai pu me concentrer sur mes mantras.

Comme d'habitude, certaines choses m'ont déplu pour ne pas dire mis en colère. Des européens "déguisés" en tamousl se sont permis de tirer le char sacré, d'autres encore n'ont pas hésité à bousculer les participants et les fidèles, pour prendre des photos et s'avancer sans complexe avec leurs grosses chaussures devant le char sacré. La moindre des choses c'est déjà de se renseigner sur les coutûmes à respecter avant d'afficher un tel sans-gêne. Certains ont même essayer de me photographier sans me demander la permission. Je leur ai fait comprendre en cachant mon visage que je n'étais pas d'accord. J'aime réciter mes mantras tranquillement, sans voyeur. Je ne suis pas une bête curieuse ! Au cours du trajet, j'ai remarqué que mon compagnon était attentif à ce que qu'on me laisse en paix. Merci A...

Il y avait 3 chars : un portant le dieu et tiré par les hommes, un autre tiré par les dames et un troisième supportant le brâhâmane et les pandits qui nous donnaient leurs bénédictions en nous apposant sur le front les poudres sacrées. Il y avait également, les musiciens, les danseurs et les dévôts pénitents qui dansaient avec de lourdes arches en bois décorées de fleurs et de plumes de paons. Cette année il y avait également une marionnette (je ne sais pas si c'est le mot) géante faite en papier machée et revêtue de vêtements de soie représentant une femme (je n'ai pas très bien compris...)

102

Notre fête connait de plus en plus de succès d'année en année et on vient de tout Paris et d'Ile-de-France pour y assister. Toutefois, je ne peux m'empêcher de craindre qu'elle ne se transforme en carnaval et ne revête plus le caractère sacré et religieux qui lui est propre...de plus en plus d'occidentaux se mêlant non seulement à la foule des fidèles mais s'octroyant le droit de tirer les chars sacrés et marcher avec des chaussure dans le sillage des Dieux.

Oui je sais, je suis chauvin (je crois que c'est le bon mot), mais quand je vais dans une église je retire mon chapeau. Dans une Synagogue je le remets. Dans une mosquée également et en plus je retire mes chaussures. J'attends le même respect pour notre religion que j'en ai pour celles des autres. (S... en mode pas content). Auquel cas, je n'assiste pas aux rites !

Nous voulions assister à la pooja du soir, mais il était impossible de pénétrer dans le temple qui est petit. Nous avons déja du "batailler" ferme pour y accéder, mais là nous avons rendu les armes, place aux dames que nous, les hommes, laissions entrer en priorité.

156

Nous avons donc terminé en nous rendant dans le quartier, tout décoré pour cette occasion, ou nous avons pris place pour nous désaltérer (le sucre donne encore plus soif) et reprendre des forces. A... m'a offert un disque de dévotions et j'ai acheté une ravissante tenue pour Gayatri, ma petite nièce.

Les voitures n'étant pas autorisées dans tout le quartier indien et dans les alentours de la manifestation. Nous sommes rentrés par les transports en commun avec d'autres indiens (pour la discrétion c'était un peu raté mais bon, une fois par an c'est supportable).

Une partie de mes photos sont là : http://www.flickr.com/photos/organize/?start_tab=sets