Bien qu'interdite en Inde, officiellement depuis 1961, parce qu'il réduisait les femmes à leur simple valeur marchande, parce qu'il conduisait des familles à l'endettement sur parfois plusieurs génération, quand ce n'était pas à l'infanticide ou aux meurtres. Ce principe de la dot est toujours vivace en Inde, au Pakistan, au Bangladesh et au Sri-Lanka.

Dans les temps anciens, les parents offraient à leurs filles, de l'or et de l'argent, en dédomagemment des terres et maisons dont elles n'héritaient pas. Seuls les bijoux lui restaient en propre après son mariage. Avec le temps ce système de "réparation" sociale a été dévoyé et la dot sert à enrichir la futur belle-famille par l'intermédiaire d'un mari. Comment s'étonner alors que dans une famille la naissance d'une fille soit accueillie sans grande joie. Car pour faire un mariage convenable il lui faudra une dot. A noter que plus la fille est mariée jeune, moins la dot exigée sera importante.

Celle-ci, toujours dans les temps anciens était convenue entre les deux familles et payée une bonne fois pour toute lors du mariage. Les cadeaux étaient des coffres contenant le trousseau de la mariée (saris, linge, bijoux, miroirs, etc..) divers pots (à eau, farine, riz, lentilles) pour les familles les plus riches : meubles de première nécessité, vaisselle et batterie de cuisine. L'argent était remis par la famille et les amis au mari pour aider le jeune couple à s'installer dans la vie et une façon également de rééquilibrer les charges exhorbitantes d'un mariage. Car la coutûme veut que ce soit la famille du garçon qui assument les frais inhérents à celui-ci (nourriture et boissons pour 200 à 300 personnes, musiciens, tenues et bijoux de mariage, et pour certaines familles "snobs" location d'une salle dans un des plus grands hôtels de la ville).

A présent, c'est de plus en plus souvent la famille de la jeune fille qui assume tous les frais et qui doit en plus doter sa fille dans l'espoir qu'elle fera un beau mariage, et que son mari et sa belle famille la traiteront bien. L'ennui c'est que les familles indiennes sont de plus en plus avides de biens matériels. La dot n'est jamais finie d'être payée : telle belle-famille exige en plus des cadeaux d'usage : une télévision, un frigidaire. Telle autre : un scooter, une voiture, un ordinateur, une maison. Elles ont des désirs complètement disportionnés à leur situation et n'ont pour seule limite que les catalogues de publicité voire leur imagination. D'où les drames qui en résultent. Car en effet, en cas de répudiation et/ou de divorce la dot doit être rendue. En cas de décès, la dot reste la propriété du mari et de la belle-famille....

Pour éviter les infanticides, le gouvernement a mis en place depuis plusieurs années un programme d'information indiquant les endroits ou les bébés de sexe féminin peuvent être "laissés" anonymement. L'interdiction pour les médecins, sous peine d'amende, de révêler le sexe de l'enfant lors de l'échographie. Le versement à la mère seulement d'une petite aide mensuelle pour l'éducation de son bébé si celui est une fille et ce jusqu'à sa majorité.

Au Rajasthan (je ne sais pas si ça se fait dans d'autres Etats de l'Inde), le gouvernement verse chaque mois, sur un livret d'épargne au nom de la fille et sous réserve qu'elle soit toujours vivante, une somme d'argent qui lui servira de dot. Cette somme ne pourra être débloquée que lors de son mariage, mais sera récupérée par le gouvernement en cas de décès. Moyen de garantir sa survie.  Il était temps, car en Inde, comme au Pakistan, au Bangladesh il y a déjà trop de garçons par rapport aux filles et dans certaines régions beaucoup d'hommes n'ont déjà plus à l'heure actuelle de femme à épouser.