jagannathpuri

Le Festival des Chars a lieu chaque année dans l'Etat d'Orissa en Inde, fin juin-début juillet. Ratha signifiant char et le Yatra procession, ce festival désigne un défilé de chars dans la ville de Puri, désignée comme l'une des villes les plus sacrées de l'Inde. Elle est particulièrement célèbre pour son temple érigé, il y a des milliers d'années en l'honneur de Jagannath (ou Sri Vishnou), le Maître des Univers. A l'occasion du festival elle est envahie chaque année par des millions de fidèles qui viennent de tout le pays pour célébrer le seigneur Jagannath.

Selon la mythologie hindoue, Krishna, le 9e incarnation de Vishnu, était le 8e fils de Basudeva et de sa femme Devaki. Il était prédit qu'un de leurs fils tuerait Kansa, le démon Roi de Mathura, personnification du diable. Kansa, justement, emprisonna Basudeva et sa femme, et décapita leurs six premiers fils ; Balarama, le 7e, fût extrait du ventre de sa mère Devaki et transféré dans celui d'une autre femme de Basudeva, Rohini, et ainsi sauvé. A la naissance de Krishna, le père s'échappa de Mathura avec l'enfant et traversa le Jamuna, il confia la garde de l'enfant Krishna au roi des bergers, Nanda de Vraja. A Gokul, Krishna grandit jusqu'à atteindre l'âge de maturité. Petit à petit, Kansa entendit parler de lui et envoya un messager pour le ramener lui et son frère à Mathura. Les frères menèrent leur char victorieusement jusqu'à Mathura, où Krishna tua Kansa et gouverna à sa place.

C'est cet épisode de la vie de Krishna que l'ont commémore donc lors du festival de Ratha Yatra, chaque année. A cette occasion des images de Jagannath, Balabhadra et Subhadra sont enlevées des temples pour prendre place dans des magnifiques chars les menant jusqu'à la maison Gundicha-Bari sur la route de Bara Danda, qui s'étend sur environ 1 ½ miles. Les Dieux y passeront une semaine puis retourneront aux temples, pour se souvenir du jour du retour de Krishna. La règle voudrait que le festival dure 9 jours en comptant la route, mais en pratique cela prend bien plus de temps.

En effet, le poids énorme des chars est proportionnel à leurs structures très larges, ressemblant à de hautes tours ornées de guirlandes, de peintures et de statues de bois. Le plus imposant est le char de Jagannath, qui mesure 13.5m de haut, avec une superficie de 10.5m² ; supporté par 16 roues de 2.10m de diamètre ; ceux de son frère et de sa sœur le sont moins. Lorsque toutes les images sont en place sur les chars, le pahandi prend place, instant sacré où toute l'assemblée de pèlerins se met à genoux et se prosterne devant les dieux en plongeant son front dans la poussière. Puis le cortège s'élance, tirant à bras d'hommes les chars avec de grands cordages ; c'est un voyage court mais éprouvant puisque les chars n'ont pas de système de direction et la route qui mène à Gundicha-bari est par endroit très sablonneuse, cela peut donc prendre plusieurs jours. Chaque char est recouvert de vêtements neufs aux couleurs éclatantes. L'usine textile d'Orissa produit pas moins de 1090 mètres de vêtements pour cette occasion. La Kerala Coir Corporation fournit spécialement des cordes en fibres de noix de coco, et les forgerons originaires de la région fabriquent des clous, des crochets…pour cette occasion, cela leur demande plus d'un mois de travail. La structure des chars comprend 18 piliers, et presque autant d'étages, 9 parswadevatas (divinités auxiliares), 2 dwarapalas (gardiens), 1 sarathi (conducteur de char) et 1 dieux présidant les divinités au sommet de la bannière (dhawaja devata), tous fait de bois.

l_b0ee56a37ae4f838734bf95631e1841a

Cela fait maintenant 13 ans que le chemin du Seigneur Jagannath passe aussi par la capitale française. Les chars se résument au nombre de 1, mais il est toujours tiré à bras d'hommes et fort bien décoré. Un buffet végétarien est mis à disposition gracieusement de tous les participants à la fin de la procession, qu'ils soient indhus ou non. Car s'il est une grande joie de recevoir, il en est une plus grande : savoir donner.

l_b22c77b708a62af0115488a5ec0b49a1

Cette fête est célébrée également dans d'autres capitales d'Europe, Londres, New York, Amsterdam, Moscou, Sydney. Un seul bémol de mon point de vue. En Europe peu d'indhus sur des chars mais des européens dévôts de la secte hare krishna. Euh oui, je ne devrais pas dire ça mais j'ai du mal à croire à leur croyance en nos Dieux, j'ai l'impression que ce sont des descendants des soixante huitard attardés partis à l'assaut de nouvelles religions pour d'obscures raisons, certains les transformant en sectes malfaisantes.