Reste complexe. En effet, si les hijras/aravanis font partie intégrante de notre culture, il n'en reste pas moins que leur mode de vie est devenue marginale surtout depuis la dépostion des Mahâradjah et des Nawabs et la fermeture des Zénanas (harems).

Les hijras/aravanis ont un grand rôle social. A la naissance d'un enfant, ils sont avertis de celle-ci soit par la rumeur du quartier, soit par les parents de l'enfant. Ils apportent leurs voeux de bonne santé et prospérité au bébé ainsi qu'à sa famille en chantant et dansant. Il faut savoir qu'en Inde malgré la grandeur des hôpitaux et des cliniques, beaucoup de femmes mettent leur bébé au monde chez elle. Le temps d'attente pour une consultation voire pour une hospitalisation même pour une urgence peut aller jusqu'à plusieurs jours. Et parfois l'urgence fait que....

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Il est de bon augure et de bon ton de verser une somme conséquente aux hijras/aravanis pour leur prestation (on se doit d'être plus généreux si la naissance est celle d'un garçon) auquel cas on s'expose au mauvais oeil et à des récréminations à n'en plus finir. Par ailleurs, pendant la fête, le chef des hijras vérifie discrètement l'intimité du bébé. Si une anomalie est visible il emporte l'enfant avec eux et celui-ci vivra la vie des hijras. Personne n'aime avoir un intersexué ou une malformation dans la famille.

Les hijras/aravanis sont également présents lors des mariages. En effet, la coutûme veut que les femmes fassent la fête entre-elles ce qui exclue tous les hommes, ceux-ci faisant la fête de leur côté. Les familles et les couples se retrouvent au moment de la cérémonie proprement dite. Les hijras/aravanis sont souvent danseurs, chanteurs, font des tours de magie et d'adresse d'où leur présence indispensable aux divertissements des dames et des jeunes filles sans risquer pour autant de les "perturber".

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Du temps des Nawabs et des Mahâradjah, les hijras/aravanis étaient très prisés. Ils étaient parfois gardiens des appartements des femmes (zénana) ce qui fait que beaucoup d'européens les confondent avec des eunuchs. Ce qu'ils sont plus ou moins, mais de façon volontaire avec la religion indhue en plus.

Les hijras/aravanis vivent en petite communauté d'une dizaine de personnes maximum. Ils ont un chef spirituel qui décide de qui fait quoi et comment, qui règle les conflits et prend sous sa protection des jeunes enfants ou des jeunes gens chassés de chez eux en raison d'une soit disant féminisation ou homosexualité.

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C'est le gouru qui pratiquera également la castration totale du disciple quand celui-ci se sentira prêt. Il est important de dire que plus la castration se fait lorsque le sujet est jeune mieux c'est (la voix ne sera pas grave, la masse graisseuse se répartira comme celle des femmes, la barbe ne poussera pas et l'ossature restera gracile). La castration se fait à vif après que le disciple se soit mis en transe par des spalmodies et des chants religieux récités par toute la communauté. On lui aura fait boire différentes drogues pour insensibiliser un peu et son corps et son esprit. Un fil de soie très serré sera passé autour du pénis et des testicules et le tout sera coupé ainsi ou on utilisera un couteau rituel. Pour éviter que le canal de l'urêtre ne se referme, on y passe une paille, les humeurs et l'urine pourront sécouler ainsi. Il est à noter qu'une grande mortalité est à dénombrer dans les 40 jours qui suivent l'intervention. Si l'hijra/aravani survit, une fête sera organisée en son honneur avec pour certains l'invitation d'autres communautés d'hijras/aravanis. Son pénis sera enterré comme symbole de sa vie passée, dans un endroit sacré avec les prières qu'il convient.

Les hijras/aravanis ne se considère ni homme ni femme, mais comme 3ème genre. Ils sont vêtus et parés comme des femmes, mais leur intimité n'est pas reconstituée en forme féminine. Ils sont reconnus dans l'Etat du Tamil Nadu comme 3ème sexe ce qui leur donne le droit de voter, à la carte de rationnement (imposée dans toute l'Inde lors de la dernière guerre de frontière avec la Chine).

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Autrement, les hijras/Aravanis, vivent d'aumones (naissance, mariage), mais également de prostitution ce qui pose un grand souci, non seulement de morale mais d'hygiène public, certains les accusants de propager le virus du sida ainsi que d'autres maladies. Moi je n'y crois pas. Les hommes Indiens, Pakistanais et autres fréquentent les hijras/aravanis, car ils sont plus "expressifs" en amour. La femme Indienne étant totalement soumise aux désirs de son mari se montre bien souvent passive dans l'intimité d'où l'intérêt croissant pour les hijras. Par ailleurs, il faut savoir qu'en Asie, un garçon dès l'âge de 14 ou 15 ans à déjà eu des relations intimes avec des prostituées.