Enfin et après plusieurs  mois après mon coup de calgon. Tournées et répétitions s’enchainent entrecoupées de cours « techniques » et «d’attitudes ». Par contre j'ai du mal à en assumer l'intensité, et je me fatigue vite. Avec le maitre de ballet et le prof on en a parlé, il faut absolument que je reprenne un poids correct c'est à dire une cinquantaine de kg, J’en suis encore loin et je ne me sens pas capable d’aller plus loin. Nous allons régulièrement déjeuner dans mon mange debout préféré, avec mes copains et collègues, mais j'ai du mal à supporter l'odeur de la nourriture et quand je vois mon assiette pleine devant moi, j'ai envie de tout ficher par terre tellement ça m'énerve. Ce qui me retient c'est que je suis en compagnie. A la maison quand je suis tout seul je me contente d'un café ou d'un thé, mais ça arrive de moins en moins souvent, même si je suis rentré chez moi. Mon ami veille et vient dormir à la maison donc nous dinons ensemble et je ne me vois pas lui faire ça.

Si auparavant j'appréciais pour diverses raisons que nous ayons chacun notre appartement, j'aimerais à présent que nous vivions ensemble. J'ai besoin lui, de sa présence physique tout autant que moral. Quand il n'est pas là, je tourne en rond autour des meubles. Je suis désespérément seul … . D’autant que je n’oublie pas que lorsque j’ai été souffrant qu’il a été le seul avec Sathiya et son épouse à prendre soin de moi et à s’enquérir de mon bien être. Je n'ai qu'eux. Mon oncle ? Il ne sait même pas ce que je deviens et il s'en moque royalement. Le fait d'être gay est-il un si grand crime, une si grande honte pour une famille que même lorsqu'il n’en reste qu'un membre on préfère l'ignorer voire l'oublier ?

yours_emotionallyBon et bien maintenant je suis fixé et je n'ai pas de regret à avoir. Je suis ce que je suis. Oui j'aime être embrassé par un homme, cet homme avec qui je suis ami. J’aime qu’il me regarde d’un air d’amoureux transi. Oui, je me conduis en « grande coquette ». Nos nuits sont peuplées de baisers, de caresses, de soupirs et de gémissements tellement les satisfactions qu’il me procure sont grandes.

Jusqu'ici j'avais toujours réussi à conserver une certaine réserve, voire dignité ? Mais à ce jour et sachant que l’extériorisation de mon plaisir fait parti intégrante du sien, je ne me retiens plus. J’ai parfois honte en me demandant ce qu’il pense de moi ? Mais ma honte provient elle de ce que je laisse échapper ou du fait que nous soyons un couple un peu « différent » ?

Est-il normal d’avoir tant de désir pour lui au point que dès qu'il me parle ou que je m'assieds à côté de lui je ressente toujours de "violentes émotions" même au bout 2 ans , J'attends ses avances avec impatience allant même jusqu'à les provoquer, y a-t-il un mot pour désigner cette attitude ? Prostitué ? Je ne sais pas. Il me plait tel qu'il est. C'est tout ce que je sais et veux savoir…