Hier, après ma visite éclair à la Galerie, nous sommes allés nous promener dans le Marais. Plus ça va, plus je m'y sens bien. Peut être parce que j'arrive enfin à assumer mon homosexualité ? et que j'accepte d'être comparé sinon assimilé à ces êtres que jusqu'à présent je trouvais superficiels, maniérés pour certains et caricaturals pour d'autres ? Quelle importance me direz-vous ? mais bon, j'ai besoin de savoir au juste ce qui fait que je suis et ce qui me détermine comme gay. Pourquoi moi, question classique !

Si j'étais resté en Inde, aurais-je compris et pu vivre cette homosexualité ? non je ne le crois pas. J'aurais épousé la jeune fille que l'on m'aurait destinée. Fondé une famille et ??? j'aurai bénéficié de la respectabilité ! La vie que je mène en France, même si je ne l'ai pas choisie me fait prendre conscience de la chance que j'ai de pouvoir accéder à cette liberté, non pas de penser car il est possible de l'avoir sous toute les latitudes et sous tous les régimes, mais de la montrer, d'exister tel que je suis et surtout avoir la possibilité de pouvoir l'assumer sans trop de risques.

45489091_pNotre promenade d'hier m'a fait regarder de plus près cette communauté pour laquelle, j'étais il y a peu assez indifférent voire un peu méprisant tout de même. Je ne pouvais m'empêcher et je le fais encore de comparer ces hommes avec moi. Qu'avons-nous en commun ? Hormis le fait de partager notre lit avec un de nos semblables et le plus semblable possible ? Je n'ai pas la morphologie qu'ils affichent pour la plupart. Mais cela tient à mes origines. Les traits de caractère peut-être ? Beaucoup sont assez commères et je ne le suis pas cela vient d'ailleurs. Efféminé ? Non je ne le suis pas dans mes gestes ni dans ma façon de parler. Sensibilité ? Des amis de A…et lui-même m'ont dit que j'avais une sensibilité exacerbée, sans doute, puisque beaucoup de choses me touchent mais les gays sont-ils tous plus sensibles que les hommes dit "normaux" ? J'en doute. Me revoilà au point de départ.et ça m'agace. J'ai absolument besoin de trouver une cause à effet.  Oui mais, s'il n'en existait pas ?

Comment expliquer cette complicité instinctive qui semble nous lier les uns aux autres comme des moules sur leur rocher ? Notre seul point commun en tant qu'inconnus les uns pour les autres étant le fait d'être gay. Malgré que nous ne nous connaissions pas, nous nous sourions compréhensifs, de quoi ? Nous avons besoin de nous retrouver ensemble, d'avoir nos lieux (je ne parle pas de drague, ni de dancings) mais de rencontres : restaurants, café, magasins, notre mode. Notre façon de vivre est-elle semblable les uns les autres ? Je ne crois pas, certains aiment sortir, faire la fête, les rencontres incertaines (plans c...), nous non. Alors qu'est-ce qui fait que nous sommes désignés systématiquement comme appartenant à cette communauté ?

Sur, sur le trottoir d'en face il y avait un café avec une grande glace et en traversant la rue,

il m'a paru évident en nous regardant dedans que les gens qui nous voient ensemble pensent : c'est un couple ! ça m'agace ! Non par le fait que je suis avec mon ami, mais par le fait que l'on devine que nous soyons gays...